JUL
PRÉFACE
Jean Bergeret est né en 1751 à Pontacq, alors dans le diocèse de Tarbes, aujourd’hui dans le département des Basses-Pyrénées. C’est du moins ce qui semble résulter de la teneur de ses diplômes, où il est toujours désigné comme « ex urbe Pontacensi », ce qui ne peut pas signifier qu’il habitait Pontacq, puisqu’à l’époque où il prit ses grades universitaires il était fixé à Morlaàs. Dans la collection des registres baptismaux de Pontacq l’année 1751 manque, avec quelques autres. Au surplus, cela n’a pas grande importance.
C’est aussi à Pontacq qu’il s’est marié pour la première fois, très jeune, en 1771. Cette union ne fut pas longtemps heureuse, L’incompatibilité d'humeur qui se révéla entre les deux époux les amena bientôt à se séparer de fait, et Jean Bergeret vint en 1780 s'établir à Morlaàs (Basses-Pyrénées), où il a passé le reste de sa vie.
Deux ans après son mariage, en 1773, il avait fait sa philosophie à Pau et obtenu le diplôme de maître-ès-arts. Une fois établi à Morlaàs, il commença ses études de médecine à Toulouse. En 1782 il était bachelier ; en 1788, l’Université de Toulouse lui confère le grade de licencié, et le lendemain elle lui décerne, suivant la formule usitée, « le suprême honneur du doctorat en médecine ».
Jean Bergeret vendit alors les deux maisons qu'il possédait à Pontacq, et il en acheta une à Morlaàs. On était au début de la Révolution. Il paraît l’avoir accueillie avec l'enthousiasme et les espérances qu’elle avait fait naître, à peu près partout, dans la classe moyenne et libérale. Par la suite il fut amené, comme tant d’autres, à déplorer ses erreurs et ses excès. Appelé par le suffrage de ses concitoyens aux fonctions municipales, il est resté maire de Morlaàs pendant toute la période révolutionnaire et il a pu, à juste titre, se féliciter d’avoir traversé ces temps difficiles sans qu'aucune exécution, sans qu'aucune proscription ait atteint ses administrés.
En 1795, usant de la faculté que lui donnait la loi de 1702 sur le divorce, il n'eut qu’à faire dresser un acte de notoriété constatant que sa femme et lui étaient absents du domicile commun, sans nouvelles, depuis plus de cinq ans pour faire prononcer par l'officier de l’état civil la dissolution de ce premier mariage.
Il épousa alors Magdeleine Laterrade, fille de David Laterrade, notaire et procureur du sénéchal de Morlaàs, et de Catherine de Cassou. De ce mariage sont issus : Catherine Uranie, née en 1796, morte en 1869 sans postérité ; Isaac Tircis, dit Eugène, né en 1799, mort en 1868 sans postérité ; Guillaume, dit Théodore, frère jumeau du précédent, mort en 1869, mon père.