‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 1010 sur 1213 · Ces lignes ont été écrites il y a plus de cent ans · texte numérisé non relu

Ces lignes ont été écrites il y a plus de cent ans

fondre dans une chaudiere. La chaleur fait couler la partie la plus fluide du galipot, qu'on nomme térébenthine fine lorsqu'on la prépare au soleil, et térébenthine de chaudière lorsqu'on la prépare au feu. La térébenthine qu'on tire du mélèze est celle dont on fait usage en médecine. Elle est connue sous le nom de térébenthine de Venise. La térébenthine de Chio est fournie par une espèce de pistachier, pistacia terebinthus. La térébenthine est un excellent remède résolutif, vulnéraire, détersif et diurétique. On s’en sert avec succès dans les ulcérations des viscères, dans la gonorrhée et les flueurs blanches. On la prescrit en bols avec du sucre ou de la poudre de réglisse, à la dose de douze grains jusqu'à demi-gros par jour. L'usage de ce remède donne une odeur de violette aux urines. On prépare l'huile de térébenthine par la distillation d'un mélange de térébenthine et d’eau commune. L'huile volatile de térébenthine, unie à une égale quantité d’éther vitriolique, est un excellent remède dans les coliques violentes causées par des calculs biliaires. L'usage de ce remède, pris à la dose de quinze ou vingt gouttes deux ou trois fois par jour, est, dit-on, capable de fondre ces sortes de concrétions. Une dissolution de camphre dans l'huile de térébenthine, employée en liniment sur les parties souffrantes, est un des meilleurs topiques dans les douleurs rhumatismales chroniques. Enfin l'huile de térébenthine est d’un très grand usage dans la peinture et pour la composition des vernis. |

La poix est un suc résineux plus ou moins épais qui coule des incisions faites à l'écorce de différentes espèces de pin et plus particulièrement du pinus picea. On le fait fondre à un feu doux, on l’exprime dans des sacs de toile, on le reçoit dans des barils et on le vend sous le nom de poix de Bourgogne ou de poix blanche. Lorsqu'on y mêle du noir de fumée, elle devient noire et lustrée et prend le nom de poix noire. Lorsqu'on la tient longtemps en fusion, elle se durcit et forme la colophane. Lorsqu'on la fait brûler de manière à recevoir la fumée dans un cône de toile, cette fumée forme une suie fine, connue sous le nom de noir de fumée. La poix navale est un mélange de poix noire, de bray sec et de suif de bœuf fondus ensemble, dont on enduit les vaisseaux avant de les lancer à l'eau. La poix de Bourgogne entre dans la composition d’un grand nombre d'emplâtres.

Le goudron est une substance résineuse noire, épaisse et gluante, qui coule d’un bûcher fait avec des bûches ou des copeaux de différentes espèces de pin ou de sapin brûlés de manière à étouffer la flamme avec une couverture de gazon. Le goudron coule dans un canal qui le conduit dans les barils disposés dans une fosse. On s’en sert pour enduire les cordages et le corps même des vaisseaux. Le bois des pins brûlés de cette manière forme un excellent charbon très estimé pour l'exploitation des mines. L'eau de goudron est un remède fameux extrêmement vanté par les Anglais comme stomachique, vulnéraire et résolutif, très salutaire dans la phtisie et autres ulcérations des viscères, dans les affections scorbutiques, goutteuses et rhumatismales. On la prépare en faisant infuser une livre de goudron dans huit livres d'eau de fontaine. On remue ce mélange pendant un quart d'heure, on le

SES = MONŒCIE —— MONADELPHIE

laisse reposer pendant deux jours, on en sépare une pellicule huileuse qui surnage la liqueur, qu'on fait couler par inclinaison dans un verre où elle se conserve pour le besoin. On en fait prendre tous les jours quatre ou six onces, en continuant pendant longtemps. Les médecins n'ont aujourd’hui que très peu de confiance dans ce remède.

Les différentes matières dont nous venons de parler ne sont autre chose que la même substance résineuse, diversement modifiée par la présence ou par l’absence d’une plus ou moins grande quantité d'huile volatile, par le mélange de la sève ou de la suie et autres matières étrangères.

CYPRÈS (1). Fleurs mâles : calice du chaton, écaille uniflore ; corolle nulle ; quatre étamines ; anthères sessiles. Fleurs femelles : calice du cône, écaille uniflore ; corolle nulle ; noix anguleuse, uniloculaire, sans valves. |

Cyprès commun. Dicr. BOT., n° 1.

Cupressus sempervirens. LIN. SP., 1422.

Feuilles imbriquées, rendant les rameaux quadrangulaires.. Ligneuse.

Cet arbre toujours vert croît naturellement dans l'ile de Candie et dans la plupart des îles de l’Archipel. Ses branches, très serrées contre la tige, forment une pyramide aiguë d’un aspect agréable. Les anciens étaient dans l'usage de planter des cyprès autour des tombeaux, soit pour orner ces lieux si tristes par eux-mêmes, soit pour préserver les corps de la putréfaction, soit pour corriger l'air infecté par les émanations des cadavres. C’est uniquement à cet usage, rembruni par la mélancolie des poètes de l'antiquité, qu'il faut attribuer un sentiment de tristesse qu’on éprouve involontairement à la vue d’un cyprès.

THUYA (2). Fleurs mâles : calice, écaille du chaton ; corolle nulle ; quatre étamines. Fleurs femelles : calice, écaille du cône biflore ; corolle nulle ; un pistil ; une noix garnie d’une aile échancrée.

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