‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 1036 sur 1213 · Genévrier commun. FL. FR., 251, ln · texte numérisé non relu

Genévrier commun. FL. FR., 251, ln

Juniperus communis. LIN. sP., 1470.

Feuilles ternées, ouvertes, mucronées, plus longues que la baie. Ligneuse.

Arbrisseau toujours vert, souvent en buisson, quelquefois élevé en arbre, dont la tige est tortueuse, les rameaux diffus, l'écorce d’un brun cendré ou roussâtre et le bois résineux. Feuilles ternées, sessiles, ouvertes en étoile, subulées, terminées en pointe piquante, carénées, vertes en dessous, d’un blanc glauque dans leur concavité supérieure entre deux bordures vertes. Fleurs dioïques, amentacées. Chatons mâles axillaires, sessiles, ovales, obtus, enchassés dans un petit bassin imbriqué. Ecailles calicinales courtes, larges, acuminées, imbriquées. Étamines réunies de trois en trois, quelquefois quatre ou cinq à la base extérieure de chaque écaille calicinale. Anthères jaunâtres et sessiles. Fleurs femelles axillaires sur des individus séparés. Calice supérieur, partagé en trois divisions. Trois pétales raides et aigus. Trois pistils. Germe globuleux devenant une baie sphérique, trisperme, d’abord verte, bleuâtre, enfin noirâtre dans la maturité, qui n’a lieu que l’année suivante.

Cet arbrisseau croît dans les terrains incultes et montueux. Il est assez rare dans les cantons situés à l’est et au nord de Pau ; on le trouve en abondance dans les coteaux du Vicbilh et de Jurançon. Il fleurit vers le commencement du printemps.

Le bois de genévrier, très dur et très aromatique, est du nombre de ceux qui se conservent longtemps sans altération. Les poutres de genévrier du temple de Diane bâti près de Sagonte deux cents ans avant la prise de Troie étaient encore dans leur intégrité au temps d’Annibal. (Pline. Hist. nat., lib. XVI, cap. 41). Les ébénistes se servent de ce bois pour quelques petits meubles. Les baies sont très employées en médecine et regardées avec raison comme un excellent remède fortifiant et antiparalytique. On en prépare un électuaire, vendu sous le nom d'extrait de genièvre, qu'on prescrit avec succès dans le relâchement de l'estomac, les maladies chroniques et les con-

valescences. L’infusion des baies de genièvre dans le vin remplit les mêmes indications. La vertu fortifiante de ces fruits est due au principe balsamique enveloppé dans une grande quantité de sucre et de mucilage, et ces principes disposant les baies à la fermentation, on en retire un vin assez agréable, qui rend par la distillation de l'eau-de-vie très forte. Ces fruits entrent quelquefois dans la préparation de la sourcrout, pour déterminer la fermentation du chou.

IF (1). Fleurs dioïques. Corolle nulle. Calice composé de quatre à sept folioles. Fleurs mâles : anthères peltées, octofides. Fleurs femelles : style nul ; une semence à découvert dans un réceptacle concave, très entier, pulpeux, en forme de baie tronquée.

If commun. DicrT. BOT., n° 1.

Taxus baccata. Lin. sP., 1472.

Feuilles solitaires, linéaires, acuminées et rapprochées. Réceptacle des fleurs mâles subglobuleux. Ligneuse.

Arbre toujours vert. Feuilles linéaires acuminées, d'un vert foncé en dessus, d'un vert pâle en dessous, coriaces, légèrement carénées des deux côtés, éparses sur les jeunes rameaux, se dirigeant vers les deux côtés dans les anciens, ce qui les fait paraître distiques ou pectinées comme dans le sapin. Fleurs mâles composées d’un pivot monadelphique portant au sommet plusieurs anthères octofides, semblables à de petits champignons ; ayant pour calice quatre à sept petites folioles écailleuses. Fleurs femelles composées d'un germe sans style, ayant un calice semblable à celui des fleurs mâles. Calice du fruit double : l'extérieur composé de six ou sept petites écailles ; l’intérieur charnu, d'un beau rouge écarlate, campaniforme et tres entier, imitant une baie tronquée. Une semence ovale à découvert au fond de cette baie.

Cet arbre croît naturellement dans la moyenne région des Pyrénées. Il se plaît sur les bords des torrents. On le trouve aux environs de Gabas. Son bois très dur, veiné et rougeâtre, est très recherché par les tourneurs, les menuisiers et les ébénistes. Il est excellent et préférable à tout autre pour des essieux, pour les dents des roues de moulin et généralement pour tous les ouvrages de fatigue. Les feuilles sont très nuisibles aux bestiaux. Son ombre et ses émanations infectent l'air atmosphérique et causent des maux de tête et autres incommodités à ceux qui le respirent. Ce n'est donc pas sans raison qu'on s’est enfin dégoûté de cet arbre, qui faisait autrefois l'ornement des jardins et le principal objet de l'industrie des jardiniers.

FRAGON (1). Fleurs mâles : calice hexaphylle ; corolle nulle ; nectaire central, ovale, percé au sommet. Fleurs femelles : calice, corolle et

1, — D'un mot kymrique.

Taxus, de +aft<, rangée. Disposition des feuilles.

1. — Fragium, escarpement, de op4sow, je clos, Peut servir de clôture, Ruscus, de us, campagne.

Les organes qui portent les fleurs ont l'apparence de feuilles ; ce sont en réalité des rameaux élargis, comme les feuilles de la plupart des monocotylédones sont des pétioles élargis, sans limbe.

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nectaire comme dans les fleurs mâles ; un style ; baie triloculaire ; une ou deux semences.

Fragon piquant. DICT. BOT., n°1. :

Ruscus aculeatus. LIN. sP., 1474.

Feuilles florifères, nues en dessus. Ligneuse. En patois agraulet.

Petit arbrisseau toujours vert, dont les tiges sont cylindriques, vertes et rameuses, longues d’un à deux pieds. Feuilles éparses, ovales-lancéolées, très entières, coriaces et terminées en pointe piquante. Fleurs dioïques, solitaires, presque sessiles, insérées vers le milieu de la surface supérieure des feuilles, plus près de la base que du sommet, leur petit pédoncule n'étant point accompagné d’une foliole particulière comme dans une autre espèce de ce genre. (Ruscus hypoglossum. Lin., 1474). Calice composé de six folioles pétaliformes, alternement plus grandes et plus petites, ouvertes en étoile. Corolle nulle. Nectaire ovale, pourpré, percé au sommet, placé au centre de la fleur. Fleurs mâles : trois anthères sessiles, réunies au sommet du nectaire. Rudiment d’un germe sans stigmate caché dans le nectaire. Fleurs femelles : germe globuleux surmonté d’un stigmate orbiculaire qui s'élève au dessus du nectaire. Baie globuleuse, rouge dans la maturité, contenant deux semences hémisphériques qui ont la consistance de la corne.

Le fragon piquant est un petit arbuste imitant le myrte par ses feuilles et par son port. Il croit en abondance dans les bois et dans les haies ; on le trouve chargé de fleurs et de fruits pendant une grande partie de l’année. Sa racine est au nombre des cinq racines apéritives majeures. Elle est d’un usage fréquent dans les embarras des viscères et dans les hydropisies. On la prescrit ordinairement à la dose d’une once pour chaque pinte de tisane. On fait des balais et des aspersoirs, utiles dans quelques arts, avec une poignée de tiges de cette plante. La racine pousse au printemps de jeunes tiges vertes et tendres, qu'on peut manger en salade comme les asperges. Une bonne garniture de ses vieux rameaux est très propre à préserver des rats le lard et autres comestibles.

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