‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 1082 sur 1213 · ntépov, aile. Forme de la fronde · texte numérisé non relu

ntépov, aile. Forme de la fronde

Le ptéris aquilin est une des plantes les plus communes et les plus utiles du règne végétal ; elle occupe tous les terrains incultes dans nos plaines et dans nos montagnes. Sa racine commune, située à une très grande profondeur, est à l’abri de la charrue et pullule pendant longtemps dans les terres nouvellement défrichées. On dit que l'urine et le fumier des brebis ont la propriété de les détruire, ce qu'on peut attribuer à la vigueur des plantes cultivées. La racine propre de chaque tige est remarquable par la connexion de quelques lignes blanchâtres qui représentent un aigle à deux têtes lorsqu'on la coupe obliquement. Toutes ces racines sont remplies d'un suc visqueux et amylacé, qui pourrait être une ressource alimentaire dans les temps de famine. Valmont-Bomare dit que les Auvergnats en faisaient du pain, semblable à des mottes à brûler, dont ils se nourrissaient pendant la disette de 1663.

Le principe amer et nuisible qui réside en général dans le tissu des plantes de cette famille, plus actif dans les racines du ptéris aquilin, paraît agir comme un poison sur les vers intestins de l’homme ; aussi donne-t-on la préférence à la racine de cette plante, et la médecine ne possède pas encore un meilleur remède pour l'expulsion du ver solitaire. Quelques années avant la Révolution, le gouvernement acheta le secret d'un charlatan devenu fameux par un très grand nombre de cures, et il fut reconnu que la racine du ptéris aquilin formait la base de ce remède. On prescrit la racine fraîche, en décoction, à la dose d’une once par pinte d’eau, à prendre en vingt-quatre heures pendant plusieurs jours, ou la racine sèche, en poudre et à la dose d’un gros, deux ou trois fois par jour.

Les tiges du ptéris aquilin, chargées d'un grand nombre de feuilles, sont d’un très grand secours dans la culture : on les coupe au commencement de l'automne, on les fait brûler dans les champs pour l'ensemencement du lin, des navets, du seigle ou du froment. Les cendres qui en proviennent fertilisent les terres ; la flamme détruit les vers et les insectes, leurs œufs et leurs larves, ainsi que toutes les mauvaises graines. Et ces avantages sont peut-être plus réels que ceux dont Virgile fait l’'énumération dans ces beaux vers des Géorgiques :

Sæpe etiam steriles incendere profuit agros, Aîtque levem stipulam crepitantibus urere flammis. Sive inde occullas vires et pabula terræ

Pinguia concipiunt ; sive illis omne per ignem Excoquitur vilium atque exsudat inutilis bumor ; Seu plures calor ille vias et cæca relaxat Spiramenta, novas veniat quä succus in berbas ; Seu durat magis et venas adstringit biantes,

Ne tenues pluviæ, rapidive potentia solis

Acrior, aut Boreæ penetrabile frigus adurat.

L'utilité de notre fougère est encore plus étendue : on la transporte dans les cours, on en fait litière aux bestiaux, on l’étend sur les chemins pour la

faire pourrir. Nous avons dit, dans nos observations générales sur les fougères, pourquoi les fumiers qui en proviennent sont de médiocre qualité.

Enfin le ptéris aquilin fournit des matières utiles aux manufactures. On le fait brûler pour en extraire la potasse dont on se sert pour la fabrication du verre vert connu sous le nom de verre de fougère. Les Chinois font entrer ce sel dans la composition du vernis de la porcelaine. Dans quelques pays pauvres, on fait des boules avec des cendres de fougères pétries dans l’eau, on les fait sécher au soleil et on s'en sert, au lieu de savon, pour blanchir le linge.

Je ne saurais finir cet article sans déplorer le triste sort des pauvres femmes dans plusieurs cantons des Pyrénées occidentales : les hommes, uniquement occupés des soins de leurs troupeaux, y sont en général fainéants et apathiques ; les femmes y sont exclusivement chargées des travaux de la culture et du transport des récoltes, elles vont couper les fougères sur les montagnes les plus élevées et elles en portent des faix énormes appuyés sur la tête et renversés sur le dos. Cette vie laborieuse flétrit bientôt.les traits de la jeunesse et donne aux femmes de quarante ans un air de décrépitude qui contraste singulièrement avec la fraicheur de leurs maris.

ACROSTIQUE (1). Fructifications étendues, couvrant à peu près toute la surface postérieure de la fronde.

1. Acrostique septentrionale. FL. FR., 1250, 1. Asplenium septentrionale. Willd. Sr. pL., V, 307. Frondes nues, linéaires et laciniées. Vivace.

Frondes menues, formées par la division de la stipe nue et triangulaire en deux ou en trois découpures linéaires, bifides ou trifides au sommet ; longues de trois à cinq pouces. Fructifications formées par des lignes distinctes et couvertes de bandelettes membraneuses dans la jeunesse, couvrant presqu'en entier la face postérieure des découpures de la fronde dans la maturité.

Cette plante croît dans les fentes des rochers. Elle est commune aux environs des Eaux-Chaudes. On la trouve rarement dans les plaines des environs de Pau.

ADIANTE (2). Fructifications disposées en taches ovoïdes, cachées sous le bord replié de la fronde.

1. Adiante à feuilles de coriandre. DICT. BOT., n° 17. Adiantum capillus veneris. LiN. sP., 1558.

Feuilles décomposées. Folioles alternes ; les secondaires cunéiformes, lobées et pédicellées. Jivace.

Vulgairement capillaire de Montpellier.

1. — àœnpos, excessif ; at{£, otuy0<, rangée. Les lignes de sporanges sont très nombreuses.

2. — à privatif ; Ôtalvw, je mouille. L'eau ne mouille pas les frondes.

Stipe déliée, lisse, luisante et d’un pourpre noirâtre, divisée en ramifications capillaires chargées de folioles, soutenant la plantule à quatre ou cinq et jusqu’à huit pouces de hauteur. Folioles très minces, glabres, cunéiformes à la base, arrondies au sommet avec des incisions plus ou moins profondes. Fructifications placées sous le bord replié des petites découpures de chaque foliole.

Cette plante croît sur les montagnes des environs de Laruns et près des Eaux-Chaudes ; on ne la trouve pas dans les environs de Pau. Quoique toutes les plantes de cette famille soient comprises sous la dénomination générale de plantes capillaires, les anciens médecins ont donné plus particulièrement ce nom à l’adiante de Canada, à l’adiante à feuilles de coriandre, à la doradille cétérach, à la doradille noire, à la doradille polytrich, à la doradille des murs, au polypode rhétique et au polytrich commun. Cette dernière plante appartient à la famille des mousses. Les apothicaires vendent ou emploient indifféremment l’une ou l’autre de ces espèces, et cette indistinction est sans conséquence pour les malades puisqu'elles ont les mêmes propriétés. On préfère cependant à toutes les autres la capillaire de Canada et la capillaire de Montpellier, lorsqu'on est à portée de s'en procurer. L'usage de toutes ces plantes a été reconnu salutaire dans les maladies chroniques des poumons, du foie et de la rate. Elles ne méritent pas sans doute les éloges qui leur ont été prodigués dans un temps d’ignorance, maïs on aurait grand tort de les rejeter tout à fait comme inutiles. Leur odeur et leur saveur très remarquables leur assurent un rang distingué parmi les plantes actives ; on les emploie avec succès dans les rhumes, dans la pulmonie, dans l’asthme humide et dans les obstructions des viscères du bas-ventre. On les prescrit à la dose d'une pincée pour une tasse d’eau, ou bien on les fait entrer dans la composition des bouillons et des apozèmes, à la dose de demi-poignée pour chaque prise. Il faut observer que les capillaires, comme un grand nombre d’autres plantes médicinales, seraient souvent plus efficaces si l’on prenait la précaution de diviser chaque dose en deux parties égales, qu’on fit bouillir légerement la première pour obtenir l'extrait amer et qu'on mit ensuite l’autre à infuser dans la même décoction pendant quelques minutes pour profiter du principe aromatique. Ce dernier principe ne se trouve point dans le sirop de capillaire, dont il se fait une si grande consommation.

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