IX. — LES CORIACES PELTIGÈRES
Expansions membraneuses, coriaces, élargies, rampantes, portant des pelles.
Lichen renversé. DICT. BOT., n° 100.
Lichen resupinatus. Lin. sP., 1615.
Lichen rampant, lobé, dont les peltes sont situés sur les bords en sens inverse.
Expansions membraneuses, peltigères et lobées, lisses, d’un brun plus ou moins foncé, livide ou olivâtre en dessus, d’un roux clair ou ferrugineux en dessous ; rampantes, ayant néanmoins leurs bords libres, ondulés et redressés ou roulés en dessus ; couvrant ordinairement de grandes surfaces, avec l'apparence d’une crêpure difforme. Peltes continués avec les folioles membraneuses de la plante, ayant leur surface lisse et d’un brun de châtaigne ou de quinquina corres-
pondant à la surface postérieure des folioles, ce qui les rend invisibles lorsqu'ils ne sont pas recourbés en dehors,
Cette plante croît sur les troncs des arbres, où elle végète pendant l'hiver.
Peltigère canine. Dec. FL. FR., Il, 406.
Lichen contre-rage. DICT. BOT., n° 104.
Lichen commun. Lin. sp., 1616.
Lichen rampant lobé, obtus, plan, veiné et velu en dessous, portant ses peltes ascendants sur les bords.
Expansions foliacées coriaces, profondément partagées en divisions arrondies et lobées, rampantes et disposées en grandes rosettes dont la surface supérieure, lisse et plus ou moins ridée,
FLORE DES BASSES-PYRÉNÉES — 830 pe”,
est d’un gris cendré pendant la sécheresse, livide ou plombée pendant la pluie ; l'inférieure veinée, blanche, cotonneuse et chargée de radicules fibreuses s'implantant sur les corps qui les soutiennent. Peltes marginaux, ascendants, d’un brun marron ou d'une couleur de canelle, presqu'orbiculaires, souvent repliés en long ou en large, ce qui les fait paraître ou plus longs que larges ou plus larges que longs, denticulés sur la bordure.
Cette plante croît sur la terre et sur les troncs des vieux arbres. Il s'en exhale une odeur forte et désagréable. Elle a été regardée pendant longtemps comme propre à préserver de la rage, mais cette vertu n’a pas été confirmée par l'expérience.
Sticta (1) fétide.
Sticta fœtida.
Expansions membraneuses profondément découpées en lobes arrondis et moins profondément lobés, libres, plus ou moins redressés et ondulés, ne s’attachant aux corps étrangers que par le centre ou par les bords voisins. Surface supérieure glabre d’un brun livide ou plombé, fauve ou noirâtre, souvent bordée et parsemée de petits grains ramassés dans plusieurs petits bassins superficiels peu apparents, orbiculaires, irréguliers, confluents surtout vers les bords, qui en paraissent festonnés. Ces petits bassins, imitant un peu les scutelles par une légère bordure, ne se trouvent pas dans tous les individus. Surface inférieure drapée, d’un gris tirant un peu sur le brun, parsemée de petites cavités orbiculaires ou ovoides, blanches et régulières quoiqu’inégales en grandeur.
Cette espèce, qui me paraît différente des deux seules espèces mentionnées par M. de Candolle, peut-elle être proposée comme un lichen échappé au regard des botanistes ? Elle est assez commune dans nos bois et en particulier dans les environs de Morlaas. Il s’en exhale une odeur fétide. Je viens de trouver sur le tronc d'un vieux chêne une agrégation d'individus de cette espèce dont la surface supérieure, noire ferrugineuse, était parsemée de tubercules hémisphériques noirs, à peu près gros comme des têtes d'épingles.
Lichen perlé. DicT. BOT., n° 98.
Lichen perlatus. SYST. NAT., 1374.
Lichen rampant, lobé, glabre, noir en dessous, portant des scutelles entiers et pédonculés.
Expansions foliacées, laciniées et lobées, d’un vert glauque, lisses ou légèrement réticulées en dessus, noires et garnies de filets piliformes en dessous, rampantes jusqu'aux bords, qui sont libres, ondulés et repliés avec un bordure croûteuse et farineuse ; formant des rosettes en forme de crépure souvent distinctes, quelquefois confluentes, et entremélées d'autres espèces. Fructifications d'abord petites et en forme de tubercules ou de petites verrues avec un point ferrugineux au milieu, s'ouvrant peu à peu pour former des scutelles médiocrement grands, roussâtres ou d'un brun ferrugineux, portés sur de gros pivots courts en forme de pédicules, épars sur la surface des folioles vers les bords.
Cette plante, très commune, croît sur les troncs des arbres et sur les pierres. Ses rosettes sont ordinairement entremêlées avec celles du lichen froncé. Elle porte si rarement des fructifications que j'ai à peine vu trois ou quatre individus fleuris pendant quinze ans d'observations. Le lichen glauque me paraît avoir été confondu avec cette espèce.