oyoîvos, jonc
Les plantes graminées sont les plus vivaces de tous les végétaux : plus on les foule, plus on les mutile, plus elles croissent et se multiplient.
Les quadrupèdes herbivores se nourrissent des tiges et des feuilles des plantes graminées ; les oiseaux frugivores se nourrissent de leurs semences.
Les espèces les plus remarquables de cette famille sont cultivées depuis l'antiquité la plus reculée ; leurs grains sont la base de la nourriture de l'homme dans lés quatre parties du monde et, comme les Grecs ont attribué à Cérès l'invention de l'agriculture, on a donné aux espèces cultivées le nom de plantes céréales.
Les semences des plantes graminées sont remplies d'une substance pulvérulente, sèche, blanche, insipide et combustible, soluble dans l'eau bouillante, formant la base de la nourriture des animaux et disposée à devenir le principe de leur corps. Cette substance est connue sous le nom de fécule, amidon ou substance amylacée.
On croit assez généralement, et sans aucune vraisemblance, que les hommes ont commencé par manger les grains bruts et crus avant l'usage de la bouillie et du pain fermenté. Comme il fallait, pour ces deux préparations, convertir les grains en farine, on commença par les broyer dans des mortiers. Plaute gagnait sa vie à ce rude métier. On inventa longtemps après les moulins à bras et il serait bien à désirer que ces machines pussent être perfectionnées et tellement simplifiées que chaque particulier pût en avoir une dans son ménage : on éviterait ainsi les vols scandaleux et la susbtitution des grains qui se font impunément dans les moulins à eau et dans les moulins à vent, qui ne furent connus en France qu'après le retour des croisades.
Les plantes graminées contiennent du sucre dans leur tissu. Ce principe, qui se conserve dans les plantes desséchées, est plus abondant dans les tiges que dans les feuilles des plantes de cette famille ; et comme les foins sont composés en grande partie des tiges des graminées et qu'il n'y a que des feuilles dans les regains, il est évident que les premiers sont plus substantiels et plus nourrissants que les derniers. Les chevaux qui ne mangent que de la paille sont plus gras et plus vigoureux que les autres ; les bestiaux nourris dans les pâturages incultes sont beaucoup plus forts, plus féconds et plus abondants en lait que ceux qu'on fait pacager dans les prairies après la coupe des regains.
Les plantes graminées constituent le fonds de toutes les prairies naturelles, mais elles ne sont pas toutes également propres à remplir les deux objets qu'on se propose dans la formation des prairies. Les unes poussent un grand nombre de tiges de la racine et elles sont préférables pour l'abondance des fourrages ; d’autres ont des tiges dures qui rebutent les bestiaux, d’autres sont rampantes et occupent inutilement une grande surface. Celles dont les tiges sont nombreuses et flexibles, les feuilles larges, tendres et succulentes, sont préférables à toutes les autres. Il résulte de ces observations que lechoix des plantes graminées, trop généralement négligé pour la formation et pour la conservation des prairies naturelles, pourrait en augmenter considérable-
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ment le produit et concourir avec les soins de la culture au perfectionnement des fourrages.
PANIC (1). Calice bivalve, biflore ; l’une des fleurs hermaphrodite et l’autre mâle ou neutre.
A). Fleurs en épi.