Roseau cultivé. FL. FR., 1183, vi
Arundo donax. LIN. sP., 120.
Calices quinqueflores. Panicule diffuse. Tige ligneuse.
Cette plante ne croît pas naturellement dans nos contrées, mais on la cultive dans les jardins pour différents usages économiques, pour les arts et pour la médecine. Elle fleurit vers le milieu de l'automne.
Les racines de cette espèce de roseau sont au nombre des meilleurs remèdes apéritifs et diurétiques froids. On s'en sert fréquemment pour augmenter la sécrétion des urines et entraîner la matière laiteuse par cette voie lorsqu'une femme nouvellement accouchée a perdu son enfant ou lorsque les circonstances ne lui permettent pas de le nourrir. On prescrit la racine de roseau en tisane, à la dose de trois ou quatre tranches sur une pinte d’eau qu'on fait bouillir pendant une demi-heure. On y ajoute demi-gros de tartre vitriolé, par préférence au sel de duobus, parce que ce dernier retient souvent des particules vitrioliques capables de nuire. Les habitants de quelques contrées couvrent leurs maisons avec des tiges de roseau. On s’en sert en Italie, sous forme d’échalas, pour soutenir la vigne. Elles sont très propres à la construction des espaliers. L’arme des pêcheurs à la ligne est une longue tige de roseau. Les anciens s’en servaient pour rendre les flèches plus meurtrières. Les tisserands en font une très grande consommation : les peignes de tous les ouvriers qui travaillent à la navette sont faits avec de petites lames de roseau, arrêtées fort près les unes des autres entre deux tringles en forme de chassis long et étroit. Les premières flûtes étaient faites avec des tiges de roseau. Diodore et Lucrèce attribuent l'invention de la musique au sifflement des vents dans les cavités des roseaux.
Et gephyri cava per calamorum sibila primum
Agrestes docuere cavas inflare ciculas.
(LucrÈce, lib, v.)
SEIGLE (1). Calice bivalve, biflore, solitaire sur chaque dent de la râpe.
Seigle commun. FL. FR., 1180.
Secale cereale. LIN. SP., 124.
Bâles bordées de cils rudes. Annuelle.
Le seigle fut pendant longtemps le principal objet de la culture des terres dans nos contrées ; on n’en sème plus que sur des fonds maigres, nouvellement extirpés, qui n’ont pas été amendés avec la marne ou avec la chaux, mais comme sa maturité précède de quinze ou vingt jours celle du froment, les cultivateurs ont tort de négliger la culture de cette plante, dont la récolte peut être d’un grand secours vers la fin des années disetteuses.
Le pain de seigle est noir, lourd et indigeste, ce qui ne vient que des vices
1. — Secale, Seco, je coupe. On peut se couper en arrachant l’épi, Ou bien seges, moisson.
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de la fabrication : car lorsqu'on n'emploie que la fleur de farine et qu’on y apporte un peu de soin, il est assez blanc et savoureux, rafraîchissant et laxatif.
Le seigle végétant n’est point sujet au charbon comme le froment ; mais il est quelquefois attaqué d'une maladie dans laquelle le grain sort de son enveloppe, grossit et se recourbe en forme de corne remplie d’une poussière nuisible à la santé. Le seigle ainsi dégénéré porte le nom de seigle ergoté. L'usage du pain fait avec du seigle ergoté cause une maladie gangréneuse qui attaque particulièrement les extrémités inférieures et qui se termine par la séparation spontanée des membres gangrénés. J'ai eu occasion de voir une gangrène qui me parut dépendre de cette cause. Un homme vigoureux, âgé de quarante ans, se couche dans la pleine santé ; le lendemain, à son réveil, il trouve sa jambe gauche dans un état de tumeéfaction considérable et colorée en pourpre noirâtre. Je ne fus appelé que vers le huitième jour ; je trouvai la jambe complètement sphacélée et un chirurgien se disposait à l’'amputer au-dessus du genou ; mais le malade était si faible et son pouls était si misérable que je fus d'avis de renvoyer l'opération en insistant sur l'usage des cordiaux et des antiseptiques. Quelques jours après, il parut une ligne circulaire rouge marquant les limites de la partie saine et de la partie sphacélée au-dessus du genou. Les parties molles tombèrent en putréfaction au-dessous de cette ligne, et bientôt après les deux os furent à découvert sans que la putréfaction s’étendit vers la partie inférieure de la jambe, qui se dessécha. La suppuration s'établit d'une manière satisfaisante sur la plaie vive, et la tendance à la cicatrice fut aussi prompte que le rétablissement du malade. La jambe n'étant plus qu'un corps étranger très embarrassant, je conseillai la section des os au plus près des chairs vives, persuadé que la nature qui avait séparé les parties molles séparerait les restes des parties dures avec le temps. J'épargnais de cette manière au malade les tourments et les dangers d’une amputation sanglante, que le chirurgien voulait faire encore au-dessus du genou, par la crainte d’une fistule. Les parties osseuses se détachèrent par petits fragments, comme je l'avais prévu, et la plaie fut entièrement cicatrisée en moins de six mois. Quoique tous les renseignements que j'ai pu me procurer m'aient laissé dans l'incertitude sur la cause de cette maladie, il résulte des observations faites en cette occasion que l’amputation sanglante n'est pas aussi nécessaire qu’on le croit et qu'une prudente expectation est aussi louable en chirurgie qu'en médecine.
FROMENT (1). Calice bivalve, solitaire, subquadriflore. Fleurs un peu obtuses, mutiques ou aristées.
1. — Frumentum, de frux, fruges : les produits de la terre. Triticum, de tritus, broyé par la meule. Blé, du saxon blad.
— 163 — TRIANDRIE — GRAMINÉES
A). Plantes annuelles.