‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 178 sur 1213 · Froment d'hiver · texte numérisé non relu

Froment d'hiver

Triticum hibernum. LiN. sP., 126.

Calices quadriflores, ventrus, lisses, imbriqués et presque sans aristes. Annuelle.

Le froment est généralement cultivé dans le département des Basses-Pyrénées, et pourvu que les terres y soient convenablement amendées elles rendent de cinq à dix pour un. Ce degré de fertilité est bien éloigné de celui des terres de Bisance (1) en Afrique qui rapportaient, suivant Pline (Hist. nat. lib. 18, cap. 10), cent cinquante pour un. On pourrait approcher et peut-être même égaler cette proportion en adoptant la méthode du plantage ; il résulte des expériences faites, l’année dernière, avec le plus grand soin par le citoyen Larochefoucauld-Liancourt que le produit des blés plantés sur des terres ordinaires a été dans le rapport de quatre-vingts à cent trente pour un.

Le froment végétant est sujet à une maladie dans laquelle le grain, qui devrait être plein de farine, est rempli d’une poussière noire comme du charbon. Les auteurs les plus respectables ont attribué cette maladie à la contagion, et pour en détruire les germes dans les grains infectés ils conseillent de les tremper dans des lessives de chaux vive et de cendres avant de les semer ; mais si cette maladie était l'effet de quelque germe contagieux résidant dans les semences, tous les épis provenant de la végétation de chaque grain et tous les grains dans chaque épi devraient être infectés de la même manière : or nous sommes bien sûrs du contraire. Il est d’ailleurs bien difficile de concevoir comment un grain infecté de quelques germes capables de causer une maladie si grave dans les parties de la fructification pourrait produire une plante saine et vigoureuse depuis la germination jusqu’à la formation du fruit. Aussi n’avons-nous jamais cru à cette prétendue contagion, et nous avons toujours regardé cette maladie comme l'effet de l’intempérie des saisons ou de la présence de quelques insectes parasites et microscopiques qui attaquent les parties de la fructification. Cependant l’art de médicamenter les semences est trop ancien et le chaulage est aujourd’hui trop généralement approuvé pour qu’on puisse regarder ces pratiques comme inutiles ou nuisibles ; il est probable, ou qu’on détruit ainsi les larves de quelques insectes rongeurs logés dans le sillon des grains, ou qu'en hätant

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