Orge distique. FL. FR., 1188, vi
Hordeum distichon. Lin. sp., 125.
Fleurs latérales mâles et mutiques. Semences anguleuses et imbriquées. Annuelle.
L'orge distique, l'orge à six rangs et l’orge vulgaire sont des plantes céréales cultivées dont l’origine est inconnue. La farine d'orge n’est supportable qu'en bouillie ; cette bouillie est nourrissante, adoucissante et rafraichissante. Elle est beaucoup plus salutaire que celle de froment, mais plus visqueuse et moins savoureuse que celle de maïs, qui est préférable à toutes les autres. Le pain d'orge est détestable, mais les circonstances peuvent le
1. — Horreo, parce que les épis sont hérissés. Toutes les étymologies des noms de céréales sont très douteuses. L'usage de ces plantes est si ancien que leurs noms ont eu tout le temps de se déformer au point de , devenir méconnaissables. :
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rendre très agréable : Artaxercès Memnon ayant été mis en fuite et ses magasins ayant été pillés, réduit à manger des figues sèches et du pain d'orge, s'écria : Dieux ! quel plaisir dont je n'avais pas l’idée ! (Plutarque. Des dits notables des rois, etc.). La farine d'orge paraît avoir été la plus ancienne nourriture des Grecs. Ils la préparaient en arrosant le grain avec de l'eau et en le faisant sécher pendant la nuit. Le lendemain, ils le faisaient griller et ils le convertissaient en farine. Ils y ajoutaient des semences de lin, de coriandre et du.sel, et ils conservaient cette préparation dans des vases de terre pour s'en servir au besoin. Tel était le fameux %Aoiroy des grecs, dont ils faisaient tant de cas qu'Homère donne à cette nourriture l'épithète de sacrée. (Iliade II, vers 630.)
Dès la plus haute antiquité, les peuples privés de la vigne reconnurent dans les grains la propriété de fermenter, et les Egyptiens tirèrent la bière des semences de l'orge.
Pour préparer la bière on humecte le grain et on le fait germer jusqu'à un certain point. On le fait sécher pour arrêter la germination et on le réduit en farine. On met cette farine dans des chaudièrés percées, on y fait passer de l'eau bouillante à plusieurs reprises, on y ajoute ensuite du houblon, qui donne à la bière un meilleur goût, la rend moins visqueuse que celle des anciens, moins sujette à s’aigrir, plus vineuse et plus stomachique.
Les grains d'orge germés, séchés et broyés, sont connus sous le nom de drèche, qui ne diffère que peu de l'aXouroy des grecs. On prépare avec la drèche infusée dans l'eau bouillante une liqueur douce et sucrée à laquelle on a donné le nom de moût de bière. Cette boisson, recommandée par Macbride comme un excellent remède antiscorbutique, est aujourd’hui très employée dans les voyages maritimes, et c'est en grande partie au moût de bière qu'il faut attribuer l'absence du scorbut sur les vaisseaux du capitaine Cook, où il n’y eut pas un seul homme attaqué de cette maladie pendant quatre ans de navigation. (Troisième voyage du capitaine Cook. Préface. 11.)
La farine d'orge est encore d’un grand usage dans les tanneries. On y prépare les gros cuirs, dits à l'orge, par un long séjour dans des cuves remplies d'eau dans laquelle on a mêlé une pâte d'orge fermentée et détrempée et de la farine d'orge, dans la proportion de trois parties de farine pour une partie de pâte.
Enfin la paille d'orge est préférable à celle de froment pour la nourriture des chevaux.
IVRAIE (1). Calice monophylle, fixe et multiflore. Épillets alternes.