‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 184 sur 1213 · LÀ · texte numérisé non relu

LÀ

— 167 — TRIANDRIE — GRAMINÉES

Tiges feuillées, ayant leurs articulations rapprochées dans la partie inférieure, s’élevant jusqu’à deux pieds dans les bons terrains, n'ayant que quelques pouces de longueur dans les endroits secs ét arides. Feuilles glabres, molles et étroites. Fleurs disposées en long épi, occupant la plus grande étendue de la dernière articulation. Epillets glabres et comprimés, disposés alternement sur les deux côtés opposés de la râpe, plus ou moins écartés inférieurement et ordinairement plus rapprochés dans la partie supérieure. Bâles calicinales plus courtes que les épillets. Bâles florales nues.

Cette plante est très commune sur les bords des chemins et autres lieux incultes. Les fleurs se montrent vers le milieu du printemps. Elle est très estimée en Angleterre et en Irlande pour la formation des prairies artificielles. Ces prairies durent neuf ou dix ans et elles peuvent être fauchées deux ou trois fois par an, mais l’herbe qui en provient se réduit à très peu de chose lorsqu'elle est fanée. Elle repousse vigoureusement lorsqu'elle a été broutée et elle se conserve verte et fraiche pendant l'hiver. Il serait donc très avantageux de semer du ray-grass sur quelques mauvais terrains, pour des pacages d'hiver, en réservant les meilleures terres pour les trèfles, pour le sainfoin et pour la luzerne, dont la récolte est plus abondante, l'herbe plus succulente et plus salutaire aux bestiaux.

2, Ivraie annuelle. FL. FR., 1186, nn.

Lolium temulentum. Lin. sP., 122.

Epis garnis d’aristes. Epillets comprimés et multiflores. Annuelle. En patois irague.

Tiges droites articulées, feuillées, glabres, longues de deux à trois et quatre pieds. Feuilles larges de deux à trois lignes, glabres et très rudes lorsqu'on les fait glisser entre les doigts de haut en bas. Épis droits avec raideur, longs de six à dix pouces. Epillets courts et pauciflores. Calice univalve ; mais on observe souvent, entre la base de l’épillet et la râpe, le rudiment d’une seconde valve opposée, en forme de petite écaille avortée. Valve florale extérieure garnie d'une longue ariste blanche, qu’elle porte au-dessous du sommet. On rencontre souvent des individus dans lesquels ces aristes sont avortées. On les prend au premier coup d'œil pour des espèces différentes ou pour des variétés remarquables ; mais si l’on renverse la valve calicinale qui cache extérieurement les fleurs on voit les rudiments de ces aristes avortées, qui ne se montraient pas au dehors.

Cette plante croît dans les champs, parmi les blés, les lins et autres plantes cultivées. Les agriculteurs devraient s'attacher à la connaître pour l'extirper avant qu’elle monte en graine. Le pain qui contient de l’ivraie cause des tourments de tête et des maux de cœur insupportables. Si ces accidents sont légers, une tasse de café suffit pour les faire disparaitre. Dans les cas plus graves il faut avoir recours aux vomitifs.

CYNOSURE (1). Calice bivalve, multiflore, égal. Corolle bivalve, l’une des valves concave et plus longue. Nectaire diphylle.

Page 1