Morelle tubéreuse. FL. FR., 291, 1v
Solanum tuberosum. Lin. sp., 265.
Tige herbacée. Feuilles pennées. Folioles très entières. Pédoncules plus ou moins divisés. Vivace.
Vulgairement la pomme de terre.
C'est à la découverte du Pérou que l’Europe doit cette plante alimentaire, dont l'utilité ne peut être bien appréciée que dans les années disetteuses. Sa racine produit un grand nombre de tubercules arrondis dont la surface est garnie de bourgeons qui, en se développant, produisent de nouvelles tiges et sont très propres à multiplier la plante. Elle se reproduit également par les semences. La substance solide de ces tubercules est une fécule abondante,
1, — L'usage du piment est resté général en Béarn, mais seulement du piment jeune, encore vert, qui n’est pas habituellement piquant.
2. — p10p0v, mûre, et par extension baie. Le fruit de la morelle est une baie.
Solanum, de solari, consoler, Les solanées ont une vertu stupéfiante.
901 — . PENTANDRIE — MONOGYNIE
contenue dans un parenchyme tendre dont on l'extrait en râpant les tubercules et en délayant cette pulpe dans l’eau froide. Cette fécule ne le cède ni en blancheur ni en bonté à la farine des plantes graminées. Il paraît de ce simple exposé que les tubercules de morelle tubéreuse contiennent une substance alimentaire abondante, propre à la nourriture de l’homme et à celle des bestiaux, que la culture de cette plante multiplie nos moyens de subsistance et qu’elle était digne du soin qu'on s’est donné de nous instruire sur sa culture, sur les moyens de la conserver et sur les différentes manières d’en faire usage. -
Les grains ont sur les pommes de terre l'avantage de se conserver plus d’une année ; et partout où les terres sont propres à la culture des plantes céréales, la culture de la pomme de terre sera toujours bornée à un ou deux arpents tout au plus, mais les cultivateurs prévoyants ne manqueront pas d'en planter tous les ans une quantité suffisante pour la nourriture des animaux de basse-cour. Et s'ils avaient quelques terres compactes a amender, la force d'expansion des tubercules végétants serait un excellent moyen de les briser et de les ameublir. Tout ce que les animaux consomment en pommes de terre est autant d’économisé sur les grains et voilà le principal avantage de la culture de cette plante. Car, il faut en convenir, quoique quelques personnes aiment la pomme de terre par une prédilection particulière, cette nourriture a un goût herbeux et sauvage qu'elle tient de son parenchyme et qui déplait au plus grand nombre. Pour en faire un mets agréable il faut la convertir en fécule ou en vermicelle, ou bien la préparer en ragoût.
Mais si dans les temps ordinaires nos bouillies de maïs sont préférables aux pommes de terre et si les pommes de terre ne présentent qu'un intérêt médiocre pour la subsistance des hommes, elles peuvent être d'une ressource incalculable dans les temps de disette, et c’est à les préserver de la gelée et à les conserver jusqu'à la récolte que les cultivateurs doivent appliquer leurs soins les plus empressés.
Un des moyens de conservation, le plus simple et le plus parfait, est celui qui est indiqué dans la Feuille du Cultivateur (4° année, p. 403), par le célèbre Antoine-Alexis Cadet de Vaux. Ce moyen consiste à faire cuire les pommes de terre à la vapeur de l’eau bouillante, à les peler et à les mettre au four en même temps que le pain, sans les couper par petits morceaux. On les retire du four lorsqu'il est refroidi, et comme leur dessiccation n’est pas encore assez parfaite, il faut les remettre au four une seconde fois, après en avoir retiré le pain. Elles sont alors légères, sonores, cassantes, se brisant à la main ; on peut en faire des bouillies à l’eau ou au lait, et elles ne sont plus sujettes à se geler pendant l’hiver ni à se détruire par la germination au printemps.
Quant à l'usage des pommes de terre fraîches, on les fait cuire sous la cendre et on les mange avec du sel, ou bien on les fait cuire à l’eau ou à la vapeur de l’eau bouillante, on les écrase après les avoir pelées, on les mêle avec la pâte de froment et on en fait du pain bien levé, très blanc, très savoureux, qui a le mérite de se conserver frais pendant plusieurs jours.