Vigne laciniée. Vitis laciniata
Feuilles quinées. Folioles multifides.
Vulgairement le ciolat.
La culture de la vigne remonte aux époques les plus reculées de l'histoire et de la poésie. Nous lisons dans la Genèse que le patriarche Noë s'enivrait jusqu’à tomber. Homère n'a pas oublié la vigne dans la description du jardin d'Alcinoüs. (Odyssée, lib. VIL.) Il nous représente ce bon roi assis sur son trône où il buvait comme un dieu (Odyssée, lib. VI) ; ce qui prouve que l'usage du vin et le goût des hommes pour cette liqueur sont presque aussi anciens que le monde.
cences devenues stériles pour s'adapter à un autre usage ; leur place est dans l’aisselle de la feuille, mais n'ayant pas besoin d’abri et devant servir de support, elles s'étendent du côté opposé à la feuille.
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La supériorité de nos vins de Jurançon et du Vicbilh, si agréables, si recherchés par les étrangers et si précieux par la faculté de supporter la mer, est dûe en grande partie à l'élévation des coteaux et à leur disposition en dômes plus ou moins écrasés qui présentent une large surface aux rayons du soleil. Dans les cantons situés entre ces deux positions, les collines sont parallèles et dirigées du sud-est au nord-ouest sans interruption ; aussi voiton dans ces cantons intermédiaires si peu d'expositions favorables à la culture de la vigne qu'on ne la cultive que dans un petit nombre d’endroits, et les vins y sont en général faibles et d’une qualité médiocre.
Les anciens admettaient comme un principe fondé sur l'expérience de plusieurs siècles que les meilleurs vins étaient ceux qui provenaient des vignes soutenues sur les arbres les plus élevés (Pline. Hist. nat. lib. XVII, cap. 22); et à cet effet ils donnaient la préférence à l’orme et au peuplier pour soutenir la vigne.
Ergo aut aduliä vitium propagine
Altas marilat populos.
(Hor. epod. 11.)
Le principe contraire est généralement adopté en France et les auteurs célèbres du traité sur l’art de faire les vins, ne doutant pas que les vignes basses donnent réellement les meilleurs vins, ont cherché à concilier les observations des anciens avec nos opinions en opposant le climat froid de la France au climat chaud de l'Italie ; cependant, nous ne croyons pas qu’on se soit avisé de faire des expériences comparatives propres à décider cette question. Nous avons dans nos contrées un si grand nombre de peupliers d'Italie qu'il serait facile de savoir bientôt à quoi s’en tenir sur cet objet. On pourrait planter un ou deux ceps de vigne au pied de chaque peuplier, former quelques allées de cet arbre sur les bords d’un vignoble, leur associer les mêmes cépages et comparer les produits du même sol, des mêmes expositions et du même genre de culture. Ces expériences auraient en même temps l'avantage d'augmenter considérablement la quantité du vin, soit en utilisant des terrains presque inutilement occupés par des peupliers, soit en prevenant la stagnation des brouillards si pernicieux aux raisins.
Les raisins sont un mets agréable et sain, dont l'usage modéré corrige l’âcreté de la bile et détruit les embarras des viscères causés par les maladies automnales ; mais lorsqu'on en mange avec excès ils ne peuvent se digérer assez promptement ; leur séjour dans l'estomac donne lieu à un commencement de fermentation et au développement d’une quantité considérable de gaz acide carbonique causant des gonflements et une infinité de maladies qui en sont la suite.
Le suc des raïsins foulés et exprimés porte le nom de moût ou de vin doux. Le moût renfermé dans des tonneaux se change en vin par la fermentation. Le vin dépose dans les vaisseaux une croûte saline qu'on nomme tartre, dont on fait usage dans les arts, surtout dans la teinture pour fixer les couleurs.
Les pépins des raisins contiennent de l'huile, inférieure sans doute à l'huile d'olive, mais qui pourrait être utile si l’industrie savait tirer parti de cette ressource locale en perfectionnant les moyens de l'extraire.
On prépare une boisson légèrement vineuse et acidulée avec un mélange d’eau et de marc de raisins renfermé dans des futailles. L'eau s'imprègne d'une grande quantité de gaz acide carbonique, qui lui donne un goût piquant et la rend très rafraichissante et antiputride.
Dans la plupart de nos ménages on prépare une pâte molle, connue sous le nom de raisiné, en faisant cuire du moût avec des pommes, des poires, des coings ou des citrouilles, additionnés ou non de sucre ou de miel ; on la conserve dans des pots pour en servir au dessert et pour alimenter les enfants, les malades et les convalescents. Cette confiture, excellente par ellemême, devient extrêmement nuisible à la santé par sa préparation dans des vases de cuivre. On sait que le cuivre est un poison redoutable à l'état d'oxyde ou de sel ; or, pendant la longue cuisson du raisiné, le cuivre, exposé à l’action des acides contenus dans le moût et dans les fruits, se convertit en oxyde et forme différents sels métalliques dont les principaux sont le tartrite de cuivre et le malate cuivreux. Ces substances vénéneuses demeurent en dissolution dans la pâte du raisiné et, quoiqu’elles n’y soient pas en assez grande proportion pour causer des accidents graves lorsqu'on n'en mange que rarement et en petite quantité, il est certain que l'usage habituel du raisiné ruine insensiblement les organes de la digestion, et ceux qui sont assez imprudents pour excéder les bornes de la modération éprouvent bientôt des cardialgies et autres symptômes de l’empoisonnement. On ferait donc beaucoup mieux de renoncer à cette friandise ou de la préparer dans des vases de terre ou de fonte. On ne gagnerait rien à se servir de bassines ou de chaudières étamées, parce que l’étain dont on se sert pour l'étamage contient beaucoup de plomb, qui n’est pas moins oxydable que le cuivre ni moins nuisible à la santé (1).
Le vin, pris intérieurement, accélère promptement le mouvement du cœur et des artères, augmente sensiblement la chaleur et les forces musculaires, inspire momentanément la gaîté, la valeur, la confiance et le courage. Un homme, dit Homère, d'ailleurs sage et circonspect, chante dans le vin ; il rit, danse, il dit ce qui devrait être tenu secret. (Odyssée, lib. XIV.) Chez ceux qui boivent avec excès, le vin trouble le sens et la raison : on balbutie, on chancelle, on tombe, ce qui caractérise l'ivresse. Un sommeil profond succède bientôt à cette fièvre vineuse et laisse les buveurs dans un état de langueur et de tristesse. Quelques verres de vin dissipent cette mélancolie, et l'ivresse devient habituelle. L'estomac s’affaiblit, l'appétit disparaît, les solides se relàchent, les fluides s’épaississent, les viscères s'obstruent, l'absorption devient
1. — On enseigne même, depuis quelque temps, que c'est uniquement l’étamage, à cause du plomb y incorporé, qui rend dangereux l'usage des vases de cuivre, et que les sels de cuivre ne sont pas toxiques. à
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languissanteet, si Fapoplexie ou quelques maladies inflammatoires n’enlèvent pas subitement les grands buveurs, une infinité de maladies chroniques les attend, et l'hydropisie les mène tôt ou tard au tombeau. Cependant le vin est un excellent remède et le meilleur des cordiaux pour ceux qui n’y sont point accoutumés. Il est utile surtout dans la vieillesse et dans les convalescences ; l’histoire ancienne et moderne fournit plusieurs exemples de son efficacité dans les maladies pestilentielles et dans les fièvres rémittentes pernicieuses.
L'armée de César, accablée de fatigue et manquant de vivres dans les plaines de la Thessalie, fut attaquée d'une maladie pestilentielle, et peu s’en fallut qu’elle fut entièrement détruite ; mais César, s'étant rendu maïître de la ville de Gomphes, y trouva des provisions et du vin en abondance ; les soldats se livrèrent à la débauche et l'usage du vin pris avec excès fit disparaître la maladie en peu de temps. (Plutarque, dans la vie de César.) On lit dans le Journal des savants du 7 Mars 1687 qu'un homme attaqué d’une fièvre pestilentielle, qui menaçait l'Espagne d’une dépopulation complète, s’enivra par désespoir et qu'il fut bientôt guéri; que les médecins, éclairés par cet exemple, firent boire du vin à leurs malades qui furent tous sauvés. Pringle recommande le vin dans la fièvre des hôpitaux et il affirme que ce remède est un des plus salutaires dans cette maladie meurtrière. Lorsqu'elle se manifesta dans l’armée des Pyrénées occidentales, pendant la guerre avec l'Espagne, et qu’elle se répandit dans nos campagnes, j'eus mille occasions de vérifier l’exactitude des observations de cet auteur célèbre. Diemerbroëch dit que, pour éloigner la tristesse et l'ennui dans le sein d’une ville désolée par la peste, il buvait largement du vin, voyant les malades sans crainte, et qu'il fut heureusement préservé de cette maladie. (De peste, lib. II, cap. 12.) Enfin le quinquina, délayé dans le vin, arrête plus sûrement les accès des fièvres rémittentes pernicieuses que lorsqu'on le fait prendre dans l’eau ou dans tout autre véhicule.
BALSAMINE (1). Calice diphylle. Corolle pentapétale, irrégulière, avec un nectaire en coqueluchon. Etamines cohérentes. Capsule supérieure, uniloculaire, s’ouvrant en cinq valves qui se contournent en spirale.
Balsamine des jardins. DicT. BOT., n° 6.
Impatiens balsamina. Lin. sp., 1328.
Pédoncules agrégés et uniflores. Feuilles lancéolées ; les supérieures alternes. Nectaires plus courts que les fleurs. Annuelle.
1. — 6@Asauoy, baume. Impatiens, parce que les valves s'ouvrent avec élasticité dès qu’on les touche.
La balsamine des jardins ne pousse pas spontanément dans les Basses-Pyrénées, ni dans les autres départements de France. Quant à la balsamine des bois, Impatiens noli me tangere, elle ne se trouve pas non plus dans notre département, mais elle n’est pas rare en France.
Cette plante, originaire de l'Inde, est généralement cultivée dans les jardins et dans les parterres. Ses fleurs sont belles et très variées dans leurs couleurs ; elles passent du rouge vif au blanc par des nuances intermédiaires uniformes ou mêlées de rouge et de blanc. Les variétés à fleurs doubles sont très estimées. Les capsules s'ouvrent avec explosion lorsqu'on les touche au moment de leur maturité.
VIOLETTE (1). Calice pentaphylle, adhérent au dessus de la base de la corolle. Corolle pentapétale, irrégulière, terminée postérieurement par une corne. Anthères cohérentes. Capsule trivalve, uniloculaire.
A). Tige nulle. ”