Orme des champs. FL. FR
Ulmus campestris. LIN. sP., 327.
Feuilles dentées et surdentées en scie, inégales à la base. Fleurs presque sessiles et agglomérées. Ligneuse.
a. Orme à petites feuilles.
b. Orme à larges feuilles.
c. Orme à écorce fongueuse.
d. Orme pyramidal.
L'orme croît naturellement dans les haies, où il est trop gêné et trop exposé à la dent des bestiaux pour s'élever sur un tronc droit. Il y demeure ordinairement sous la forme d’un arbrisseau mal fait et tortueux ; mais lorsqu'il peut croître en liberté ou lorsqu'on le plante dans un lieu convenable, il s'élève à une très grande hauteur et il rivalise avec les plus beaux arbres d'Europe par sa grandeur et par son utilité.
L'orme ordinaire a les feuilles alternes, ovales, pétiolées, glabres, dentées en scie, à dentelures serretées, garnies en dessous de nervures parallèles qui partent des deux côtés de la nervure moyenne ; leur base est plus avancée sur le pétiole d'un côté que de l’autre. Les fleurs sont herbacées et disposées sur les rameaux en grappes courtes, ombelliformes et presque sessiles. Le
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calice monophylle est divisé en cinq dents rougeâtres. Les étamines sont plus longues que le calice. Le germe est surmonté de deux stigmates velus.
Cet arbre est très commun dans nos plaines. Je ne l’ai jamais vu dans nos montagnes. Il fleurit vers le commencement du printemps et les fruits müûrissent avec une si grande promptitude que leur chûte coïncide avec le développement des feuilles.
L'orme à larges feuilles croît dans nos plaines et dans nos montagnes. On le rencontre souvent dans les vallées d'Aspe et d'Ossau. Ses branches, entrelacées avec celles du tilleul, forment un berceau qui couvre en certains endroits l’affreux précipice (1) au fond duquel le gave coule sur le granit depuis les Eaux-Chaudes jusqu’à Hourat. Ses feuilles sont trois ou quatre fois plus grandes que celles de l’orme ordinaire. Elles sont ovales-acuminées, dentées et surdentées en scie, couvertes de poils durs qui les rendent rudes au toucher. Elles sont presque sessiles, et leur base s'étend également des deux côtés sur le pétiole.
L'orme à écorce fongueuse paraît être une sous- variété de l’orme à larges feuilles. On le trouve très fréquemment dans les plaines ; je ne l’ai jamais vu dans les Pyrénées. Son écorce est épaisse, subéreuse et gercée sur les principales branches et sur les rameaux.
Le bois de l'orme est très solide, sans être cassant. Il est très recherché pour le charronnage et pour tous les ouvrages de fatigue. La seconde écorce, remplie d'une substance mucilagineuse très abondante, est un remède adoucissant et incrassant, utile dans les maladies causées par l’âcreté des humeurs, dans les hémorrhagies, dans la dysenterie et dans les ulcérations des viscères. C’est mal à propos que quelques médecins ont regardé cette écorce comme un spécifique contre les dartres et autres maladies de la peau.
Les feuilles de l’orme sont une excellente nourriture pour les moutons et pour les bœufs, qui en sont friands. Nos cultivateurs ont grand tort de négliger cette ressource pour les besoins de l'hiver. Ils pourraient facilement s’en procurer une bonne provision en coupant les jeunes rameaux dans leur plus grande vigueur et en les faisant sécher au soleil. L’orme peut être dépouillé sans inconvénient d’une partie de ses feuilles, qui ne sont point destinées à nourrir le fruit et qui sont ordinairement dévorées par les
1. — Quand on suit maintenant la route des Eaux-Chaudes à Hourat, on ne trouve rien d’affreux à ce cours du gave ; la vue est même réjouie par ce spectacle. Ce n’est pas que la disposition des lieux ait beaucoup changé; l’ancienne route, dont on peut suivre encore la trace, longeait l’autre rive du gave, plus près du fond, et le précipice était par conséquent moins profond qu'aujourd'hui. Mais les auteurs du dix-huitième siècle voyaient la nature autrement que nous ; ils se plaisaient aux vallées verdoyantes, aux plaines cultivées qui nous paraissent plutôt monotones, et ils éprouvaient une sorte d'horreur à la vue des lieux inhabités, que nous ne trouvons jamais assez pittoresques ni assez sauvages. Il s’est produit une évolution dans le sentiment de la nature.
insectes. Elle sont surtout attaquées par des pucerons, qui piquent leur surface pour y déposer leurs œufs. Le suc qui coule de ces piqûres se condense et forme des excroissances creuses, en forme de vésicules souvent très grosses, habitées par les jeunes pucerons. Ces petits insectes sont d’abord verdâtres, ensuite bruns et couverts d’un duvet blanc. Ils appartiennent à l'espèce connue sous le nom de puceron de l’orme : aphis ulmi. Lin.
ANSÉRINE (1). Calice quinquéfide, connivent dans la maturité, anguleux, recouvrant entièrement la semence.