PREMIÈRE PARTIE
Organisation intérieure des végétaux.
39. — Les végétaux, plus généralement connus sous le nom de plantes, sont des corps organisés attachés à la terre ou aux corps terrestres par une de leurs parties, qui en extrait la matière de la nutrition et de l'accroissement.
40. — Les végétaux sont composés de parties solides et de parties fluides.
41. — Les solides sont un ensemble de fibres et de lames, de vaisseaux et de réservoirs.
42. — Les fibres sont des parties simples, étendues en longueur, divisibles en filets parallèles. Elles sont destinées à donner aux plantes un degré de solidité convenable. Elles ne jouissent qu’imparfaitement de la faculté de se contracter, comme les fibres animales ; mais elles ont plus de raideur, avec assez de flexibilité pour céder sans se rompre aux agitations de l'atmosphère, et elles jouissent d’un ressort capable de rétablir promptement les plantes et leurs différentes parties dans leur situation naturelle.
43. — Les lames du tissu des végétaux sont des parties minces, étendues en largeur comme en longueur, placées en recouvrement les unes sur les autres, ou plus ou moins écartées et interceptées par des lames transversales sous différents angles, formant le tissu des vaisseaux et des membranes, le parenchyme des feuilles et des fruits, les cavités médullaires, etc. A
44. — Il y a dans les plantes deux sortes de vaisseaux, dont les uns reçoivent les sucs pompés par les racines et les portent aux différentes parties de la plante : ils sont analogues aux vaisseaux sanguins et on peut observer leurs ouvertures dans un morceau de canne coupé en travers; les autres contiennent de l'air atmosphérique et sont connus sous le nom de trachées : ils sont analogues aux poumons des animaux et il paraît qu'ils jouent un rôle important dans l’économie végétale (1). Ils sont formés par des lames tournées en spirale. On peut les observer au printemps sur les jeunes pousses du rosier, de la vigne et de quelque plante que ce soit, lorsqu'elles sont à un certain point de solidité et encore assez tendres pour être cassées net. C'est Malpighi qui fit la découverte de ces vaisseaux dans le courant du dernier siècle.
45. — Tous les fluides qui entrent dans la composition des végétaux doivent leur origine à une liqueur, ordinairement aqueuse, que les racines prennent par la succion dans la substance des corps sur lesquels elles sont implantées. On a donné le nom de sève à cette liqueur, qui s'écoule de toutes les blessures d’une plante. Les racines la transmettent aux vaisseaux de premier ordre, qui la distribuent à toutes les parties par un mouvement progressif ascendant. Elle porte partout la matière de la nutrition et de l'accroissement, des sécrétions et des excrétions, et de tous les produits de la végétation.
46. — Ces différentes parties sont le résultat des premiers degrés de composition d’un petit nombre de principes élémentaires, qui sont le carbone, l'hydrogène, l'oxygène et, dans quelques plantes, l'azote. Elles forment le tissu des parties plus composées, dont les unes, organisées et végétantes, exécutent les différentes fonctions de la vie végétale, et les autres, formées par le tissu des organes vivants, sont les produits inimitables de la végétation.
1. — On admet généralement que le tube formé par l’enroulement des trachées en spirale contient de l’air. Mais pour charrier de l’air un vaisseau ordinaire ferait aussi bien l'office. 11 doit y avoir une raison à l’enroulement en spirale, et comme cette disposition est celle qu’affectent les ressorts, il n'y a rien de trop hasardé à supposer que les trachées ont pour principale fonction d'assurer la flexibilité des plantes et les divers mouvements qu'on y remarque, notamment ce qu’on appelle le sommeil des plantes et surtout l'ouverture et la fermeture de la corolle suivant le temps, ainsi que la flexion des étamines au moment de l’anthèse.
ire COURS DE BOTANIQUE