CLASSE, X
DÉCANDRIE
Tableau méthodique des genres.
MONOGYNIE A). Fleurs complètes, polypétales.
GAINIER, cercis. Corolle papilionacée, dont les ailes sont disposées en étendard.
RUE, ruta. Germe chargé de dix points melliferes. Capsule quinquéfide, quinquéloculaire, polysperme.
PYROLE, pyrola. Anthères terminées par deux cornes. Capsule quinquéloculaire et polysperme.
1. — La famille des caryophyllées forme la plus grande partie de la décandrie. On peut en rapprocher les primulacées, qui en diffèrent par un caractère important : elles sont gamopétales, tandis que les caryophyllées sont dialypétales ; mais les cinq étamines étant opposées aux lobes de la corolle, on est autorisé à admettre l'avortement d’un autre verticille de cinq étamines. D'autre part, il y a une grande analogie entre l'ovaire des primulacées et celui des caryophyllées : dans l’un comme dans l’autre, la placentation est centrale ; dans les primulacées il ne reste pas traçe des cloisons, mais dans les caryophyllées on en trouve au moins des vestiges.
Les papilionacées seraient classées dans la décandrie si l’on ne considérait que le nombre des étamines. Linné les en a détachées à cause de la soudure des étamines en un faisceau ou én deux faisceaux très inégaux, puisque l’un des deux se compose d'une seule étamine. Tous les autres caractères de la famille des papilionacées justifient encore mieux cette création d’un groupement spécial : c’est à la fois par leur foliation, par leur fleur et par leur fruit qu’elles se distinguent nettement des plantes classées dans la décandrie.
Cependant le gaînier est resté dans la décandrie parce que ses étamines sont libres.
La décandrie est à rapprocher de la pentandrie, dix n'étant que le dédoublement de cinq. Mais on a vu que la pentandrie, c’est presque toutes les dicotylédones : les nombres d'étamines au dessus ou au dessous de cinq peuvent s'expliquer le plus souvent par des dédoublements ou des avortements.
— 331 — DÉCANDRIE — PENTAGYNIE
B). Fleurs complètes, monopétales.
ROSAGE, rhododendron. Corolle infundibuliforme. Étamines inclinées. Capsule quinquéloculaire.
ARBOUSIER, arbutus. Corolle ovale, diaphane à la base. Baie quinquéloculaire.
DIGYNIE
GNAVELLE, scleranthus. Corolle nulle. Calice quinquéfide, supérieur. Deux semences.
DORINE, chrysosplenium. Corolle nulle. Calice supérieur. Capsule biloculaire, a deux cornes.
SAXIFRAGE, saxifraga. Corolle pentapétale. Calice quinquépartite. Capsule uniloculaire, à deux cornes.
GYPSOPHILE, gypsophila. Corolle pentapétale. Calice quinquépartite, campaniforme. Capsule uniloculaire et globuleuse.
SAPONAIRE, saponaria. Corolle pentapétale. Calice tubuleux, nu à la base. Capsule uniloculaire, oblongue.
ŒILLET, dianthus. Corolle pentapétale. Calice tubuleux, garni d’écailles à la base. Capsule uniloculaire, oblongue.
TRIGYNIE
SABLINE, arenaria. Capsule uniloculaire. Pétales entiers, ouverts. STELLAIRE, stellaria. Capsule uniloculaire. Pétales bipartites, ouverts.
CUCUBALE, cucubalus. Capsule triloculaire. Pétales bifides, sans écailles à l'origine de l'onglet.
SILÈNE, silene. Capsule à une ou à trois loges. Pétales bifides, couronnés par deux petites écailles à l’origine de l'onglet.
CHERLERIE, cherleria. Capsule uniloculaire, trisperme. Cinq nectaires bifides. Anthères alternes stériles.
*Le tamarix germanique. (Voir dans la pentandrie.)
PENTAGYNIE
COTYLET, cotyledon. Cinq capsules. Corolle monopétale. ORPIN, sedum. Cinq capsules. Corolle pentapétale.
SURELLE, oxalis. Capsule quinquéloculaire, anguleuse. Corolle subcohérente à la base.
FLORE DES BASSES-PYRÉNÉES — 332 — LYCHNIDE, lychnis. Capsule à une, trois ou cinq loges, oblongue. Calice oblong et membraneux.
AGROSTEMME, agrostemma. Capsule uniloculaire, oblongue. Calice tubuleux et coriace.
CERAISTE, cerastium. Capsule uniloculaire. Pétales bifides. Calice pentaphylle.
SPARGOUTE, spergula. Capsule uniloculaire. Pétales entiers. Calice pentaphylle.
*Le pourpier potager. (Voir dans la dodécandrie.)
DÉCAGYNIE
PHYTOLAQUE, phytolacca. Calice pentaphylle, en forme de corolle. Corolle nulle. Baie à dix coques.
— 333 — : DÉCANDRIE — MONOGYNIE
GAÏNIER (1). Calice à cinq dents, relevé en bosse dans la partie inférieure. Corolle papilionacée. Etendard placé au dessous des ailes et plus court. Péricarpe légumineux.
Gaïnier commun. DIcT. BOT., n° 1.
Cercis siliquastrum. Lin. sP., 534.
Feuilles cordiformes-orbiculaires, glabres. Ligneuse. Vulgairement l'arbre de Judée.
Cet arbre, originaire des climats chauds de l’Europe australe, est cultivé pour l’ornement des jardins, où il réussit très bien sans exiger aucune précaution contre le froid. Ses fleurs sont rouges, quelquefois blanches, et ramassées par bouquets en grand nombre sur le tronc et sur les rameaux. Ses gousses, longues, larges et très aplaties, sont semblables à des gaînes de couteau. Les feuilles sont réniformes, lisses et respectées par les insectes. Les rameaux sont très flexibles. Le bois est veiné de noir et de vert, dur, susceptible d’un beau poli et propre aux ouvrages d’ébénisterie. Les fleurs ont un goût aigrelet. On en met sur les salades ; on les confit au vinaigre après les avoir cueïllies en boutons.
RUE. Calice partagé en quatre ou cinq pièces. Pétales concaves. Réceptacle environné de dix points mellifères. Capsule lobée.
Rue des jardins. FL. FR:, 551, 1.
Ruta graveolens. Lin. sp., 548.
Feuilles décomposées, dont les folioles sont lancéolées ; les fleurs latérales et quadrifides. Ligneuse.
La rue est un sous-arbrisseau cultivé dans les jardins pour les usages de la médecine. Les feuilles répandent une odeur forte et fétide et ne contiennent cependant qu’une très petite proportion d'huile volatile : onze livres en fournissent à peine une once et demie, suivant Cartheuser (2). C'est à l'abondance du principe aromatique et à sa fétidité qu'il faut attribuer les vertus antispasmodique et céphalique reconnues dans les feuilles et les semences de cette plante. On les fait prendre en infusion théiforme dans les coliques spasmodiques et venteuses auxquelles sont sujettes les personnes vaporeuses et hémorrhoïdaires. L'infusion dans le vin est plus convenable pour fortifier l'estomac des personnes faibles et tourmentées par des glaires. On fait entrer la rue dans les fomentations vineuses dont on se sert pour fortifier les membres faibles et paralytiques. Le vinaigre de rue, si connu, dont on se sert en le flairant pour se préserver des maladies pestilentielles, se prépare en faisant infuser des feuilles de rue dans du vinaigre très fort pendant quinze ou vingt jours. L'huile de rue, qu’on fait entrer à la dose d’une ou deux onces dans un lavement qu’on veut rendre anodin et carminatif, se prépare
1. — La gousse ressemble à une gaîne, ou à une navette, xepuis. 2. — Médecin allemand (1704-1777).
aussi tout simplement en mettant à infuser des feuilles de rue dans de l'huile d'olive. Quelques gouttes de cette huile, introduites dans l'oreille, remédient aux bourdonnements incommodes de cet organe (1).
PYROLE (2). Calice petit, découpé en cinq parties. Corolle composée de cinq pétales. Capsule à cinq loges et à cinq valves. Fleurs en épi.