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III. — DES FEUILLES

114. — Les feuilles sont des parties distinguées de toutes les autres par la couleur verte qui annonce le retour du printemps et par une mobilité remarquable qui nous les offre presque toujours agitées par les vents. Elles sont formées par l'épanouissement de la tige ou de ses divisions. On y distingue le plus souvent deux surfaces membraneuses, l’une supérieure et l’autre inférieure, séparées par une substance pulpeuse plus ou moins épaisse. Cette pulpe est composée de vaisseaux très nombreux et très finement ramifiés, formant deux réseaux dont l'intervalle est rempli par un tissu cellulaire, tendre et spongieux. Les dernières divisions de ces vaisseaux s'ouvrent au dehors par une multitude de pores dont les deux surfaces de la feuille sont parsemées.

Les feuilles absorbent l'humidité de l'atmosphère par les pores de leur surface inférieure. Lorsqu'elles sont frappées par la lumière du soleil, elles exhalent du gaz oxygène par les pores de leur surface supérieure. Pendant

1. — Les détails dans lesquels l’auteur est entré à l’occasion des feuilles pourront paraître minutieux et d'intérêt secondaire ; on a cessé d’attacher une grande valeur à la forme et à la circonscription des feuilles, qui dépendent simplement de ce que l'intervalle des nervures est plus ou moins rempli par le parenchysme ; mais il est toujours vrai que la feuille est un organe de première importance. C’est elle qui pourvoit à l'assimilation chlorophylienne, c'est-à-dire à la respiration, à la circulation et, au moins en partie, à la nutrition de la plante, C’est elle qui absorbe la lumière, dont on peut dire qu’elle est une sorte d’aliment pour les végétaux. On sait d’ailleurs que, suivant la belle idée de Gœthe, tous les autres organes de la plante ne sont que des modifications de la feuille.

la nuit et dans l'ombre elles exhalent du gaz acide carbonique. Certaines plantes, comme la fraxinelle, sont environnées d’une vapeur inflammable, qui paraît être du gaz hydrogène, également exhalé des feuilles par quelque circonstance particulière.

L'humidité absorbée par les pores de la surface inférieure des feuilles, et avec elle différentes exhalaisons de la terre ou des corps en putréfaction, sont-elles portées directement aux racines, par un mouvement progressif descendant, pour leur nourriture particulière ? (Encycl. méth. Botanique. Art. Feuille.) Ou plutôt vont-elles se mêler au torrent de la sève ascendante, par analogie avec le système lymphatique des animaux ? Ou bien ces fluides sont-ils assimilés à la substance des végétaux par l’action organique du tissu même de leurs feuilles et par la décomposition de l’eau, l'hydrogène se fixant dans le corps de la plante et l'oxygène, réduit en gaz par le calorique, s’exhalant par les pores de la surface supérieure ? Il ne nous appartient pas de prononcer sur ces différentes questions (1).

Les feuilles donnent des signes non équivoques. d'irritabilité et quelques phénomènes semblent prouver que la sensibilité même n'est pas tout à fait étrangère à la classe des végétaux.

Bonnet a prouvé que les feuilles se meuvent d’elles-mêmes, qu'elles présentent toujours leur surface à l'air libre et qu'on ne saurait déplacer les branches d'un arbre sans faire prendre aux feuilles de nouvelles positions. On peut se convaincre de la réalité de ces mouvements spontanés en voyant les feuilles de l’hélianthe et plusieurs autres suivre les mouvements du soleil et se retrouver, le matin, tournées vers l’orient, après avoir été observées, le soir, penchées vers l'occident. Les mouvements inquiets de la sensitive, lorsqu'on la touche, sont connus depuis très longtemps. Les feuilles d'un très grand nombre de plantes, étalées et développées pendant le jour, sont plus ou moins serrées, pliées ou inclinées pendant la nuit, et ce changement de scène admirable, qu'on peut observer tous les soirs au coucher du soleil, est un des plus magnifiques spectacles de la nature (2).

1. — Elles ne sont d’ailleurs pas mieux résolues aujourd’hui qu’alors. Il est remarquable que la physiologie végétale, qui semble devoir être plus simple que la physiologie animale, est cependant moins bien connue. Cela tient peut-être à ce qu’on ne peut pas raisonner par analogie de l’homme au végétal comme de l’homme à l'animal. Même quand nous parlons de respiration et de nutrition chez les plantes, nous sentons bien ce qu’il y a d’impropre dans ces expressions : les plantes vivent tout à fait autrement que nous.

2. — Tous ces phénomènes traduisent la sensibilité par des mouvements apparents. I n’est pas moins certain que la plante éprouve, sans que nous en percevions la manifestation extérieure, les effets du jour, de la température, de l'humidité, c'est-à-dire qu'elle est sensible aux conditions ambiantes. Seulement, rien n'indique que ses sensations soient centralisées. S'il y avait un centre sensoriel chez les végétaux, ce ne pourrait être que la moëlle.

19 Simplicité.

115. — Une feuille est simple lorsqu'elle est unique sur son pétiole. On y considère la circonscription, les angles, les sinus, le sommet, les bords, la surface et la substance.

a) CIRCONSCRIPTION.

Si l’on considère la circonscription d’une feuille simple, c’est-à-dire la périphérie ou le contour, abstraction faite des angles et des sinus, on nomme :

116. — Orbiculaire une feuille dont la périphérie est un cercle.

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