On la dit feuillée lorsqu'elle est garnie de feuilles
88. — Tortueuse ou flexueuse lorsqu'elle se rejette en zigzag de l'un à l'autre côté, formant alternement des angles saillants et des angles rentrants.
89. — Volubile ou entortillée lorsqu'elle se roule en spirale en montant
autour des corps qu'elle rencontre, ce qui se fait de deux manières : de gauche à droite, c’est-à-dire dans le même sens que le mouvement du soleil, comme dans le chèvrefeuille ; de droite à gauche, c'est-à-dire dans un sens contraire au mouvement du soleil, comme dans le haricot. Pour faire cette observation, il faut se supposer au centre de la spirale et être tourné vers le midi (1).
90. — Grimpante lorsqu'elle monte sur les corps voisins, sans s’y rouler, mais en s’y soutenant par l’attache des autres parties, comme la vigne.
91. — Droite lorsqu'elle s'élève dans une situation perpendiculaire à l'horizon ; stricte ou raide lorsqu'elle résiste à la flexion et qu’elle se relève avec élasticité après avoir été courbée ; faible ou lâche, lorsque sa délicatesse la fait jouer librement en tous sens, comme la tige des graminées.
1. — |l est probable que toutes les plantes poussent en spirale ; seulement elles s'enroulent sur elles-mêmes. Ce n'est qu’exceptionnellement qu’elles s’enroulent sur un support. Mais l'accroissement en hauteur suit la marche d’un tire-bouchon et la tige abandonne les feuilles l’une après l’autre suivant une spire qui est révélée par la phyllotaxie. Dans le cas des feuilles opposées, on peut souvent constater d’un entrenœud à l’autre le changement de direction de la tige qui est encore accentué quelquefois par une rangée de poils interrompue à chaque nœud.
Les verticilles ne sont, en réalité, que des spires très rapprochées. Si les choses se passaient avec une régularité mathématique, chaque plante devrait offrir le même nombre de loges dans l'ovaire que d’étamines et de pièces à la corolle et au calice. Le nombre des feuilles formant une spire autour de la tige devrait aussi être représenté par le même chiffre. En voyant une fleur, on pourrait dire l’inflorescence et la foliation de la plante, et réciproquement une spire foliaire indiquerait le type numérique de la fleur. Ce serait beaucoup plus commode, mais la vie est une série continue d’infractions à la géométrie.
—Si— COURS DE BOTANIQUE
92. — Oblique lorsqu'elle s'élève obliquement à l'horizon, comme celle du paturin annuel ; montante ou ascendante lorsqu'elle est plus ou moins oblique à la base et ensuite recourbée vers la perpendiculaire ; inclinée, c'est-à-dire oblique et courbée en arc vers la terre ; courbée ou penchée lorsqu’elle est droite à la base et courbée au sommet.
93. — Couchée lorsqu'elle est étendue horizontalement sur la terre, sans s'y attacher ; décombante ou tombante, lorsque, d’abord un peu élevée, elle retombe ensuite vers la terre.
94. — Rampante lorsqu'elle est couchée sur les corps qui la soutiennent et qu'elle s’y attache, de distance en distance, par des radicules, comme le lierre.
95. — Sarmenteuse lorsqu'elle est longue et faible, trainant sur la terre sans s’y attacher, si elle ne trouve pas des corps voisins pour y grimper, comme la vigne.
96. — Articulée lorsqu'elle est interrompue dans toute sa longueur par des nœuds placés de distance en distance, comme dans les plantes graminées. R
97. — Cylindrique ou térète, lorsqu'elle est arrondie dans son contour, comme une canne, sans aucun angle remarquable : telle est la tige de la massette ; semi-cylindrique, lorsqu'elle est cylindrique d’un côté et aplatie de l’autre ; canaliculée, lorsqu’eïe est cylindrique d’un côté et creusée en canal ou en sillon du côté opposé.
98. — Comprimée lorsqu'elle est aplatie des deux côtés dans toute sa —Jlongueur, comme dans le paturin comprimé.
99. — Gladiée lorsqu'elle a deux angles opposés et un peu tranchants, comme dans le muguet anguleux.
100. — Anguleuse lorsqu'elle est chargée longitudinalement d'un nombre indéterminé d’angles saillants ; triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, polygone, suivant qu'on y compte trois, quatre, cinq ou plusieurs angles ; acutangulaire, lorsque les angles sont aigus ; obtusangulaire, lorsque les angles sont obtus ; triquètre, lorsqu'elle a, dans toute sa longueur, trois angles et trois faces planes, comme dans les souchets.
101. — Sillonnée lorsque la superficie est creusée par des excavations longitudinales, semblables à des sillons parallèles, un peu larges et un peu profonds. Striée lorsqu'elle est chargée de petites excavations parallèles, peu profondes et rapprochées, qui portent le nom de stries.
102. — Lisse lorsque la superficie est partout égale et unie, comme dans la fumeterre.
103. — Glabre lorsque la superficie n’est chargée ni de poils ni d'aucun duvet cotonneux.
104. — Scabre ou rude lorsque la superficie est parsemée de petits tubercules arrondis qui la rendent äâpre au toucher. Échinée ou muriquée lorsque les petits tubercules se terminent en pointe aiguë et un peu piquante, comme dans la garance.
105. — Velue lorsque la superficie est garnie de poils doux et mollets. Pubescente lorsque les poils sont plus fins et plus petits. Pileuse lorsque les poils sont plus longs et moins nombreux.
106. — Hérissée, hirsute ou hispide lorsqu'elle est garnie de poils raides qui la rendent rude au toucher, comme dans la bourrache.
107. — Rameuse lorsqu'elle produit latéralement des rameaux sans ordre, comme dans l’absinthe. Branchue lorsque les rameaux sont opposés, comme dans la mercuriale. Paniculée lorsque les rameaux, divisés et sous-divisés, imitent une panicule. Prolifère lorsque les rameaux partent du sommet de la tige, comme dans le pin. Dichotome lorsqu'elle se divise partout en formant la fourche, c'est-à-dire que toutes les divisions et subdivisions sont en deux rameaux, comme dans l'œillet.
108. — Les rameaux, considérés séparément, sont alternes lorsqu'ils sont disposés sur la tige l’un après l’autre, par gradation. Opposés lorsqu'ils sont disposés deux à deux sur deux points diamétralement opposés. Épars lorsqu'ils sont nombreux et disposés de tous côtés, sans observer aucun ordre. Ramassés lorsqu'ils sont épars et si nombreux qu'ils garnissent presque toute la tige, laissant à peine des vides sensibles. Verticillés lorsque, étant au-delà de deux, ils sont insérés autour de la tige, à la même hauteur, par étages et en forme de rayons. Droits lorsqu'ils forment avec la tige des angles très aigus, comme dans le cyprès. Serrés lorsqu'ils sont appliqués et comme couchés sur la tige. Divergents lorsque, étant opposés ou verticillés, ils sont écartés de la tige presque à angles droits. Étalés ou divariqués lorsque, étant alternes ou épars, ils forment avec la tige des angles presque droits. Courbés lorsqu'ils sont ouverts en dehors en formant un arc, de manière que leur extrémité est plus basse que leur insertion. Pendants lorsque, par leur longueur et par leur faiblesse, ils tombent presque en ligne perpendiculaire, comme dans le saule pleureur. Réfléchis lorsqu'ils sont pendants et que leur extrémité se recourbe vers la tige. Repliés lorsqu'ils sont courbés en dehors, presque pendants, et que leur extrémité se replie encore en différents sens.
29 Modifications particulières des différentes espèces de tiges.
109. — Le chaume est la tige des plantes graminées ; on en peut observer la structure sur une tige de froment. On dit qu'un chaume est sans nœuds lorsqu'il se continue sans interruption ; articulé lorsqu'il paraît composé de plusieurs pièces articulées par des nœuds; écailleux lorsqu'il est couvert d’écailles couchées les unes sur les autres.
110. — La hampe est une tige qui élève les parties de la fructification sans porter aucunes feuilles, comme dans la jacinthe. 111. — Le pédoncule est une tige particulière qui porte immédiatement
les fleurs et les fruits. Le pédicelle est un pédoncule partiel inséré sur un pédoncule commun. Un pédoncule est radical lorsqu'il sort immédiatement
5 ÉIERE
de la racine. Caulinaire lorsqu'il s'attache à la tige principale. Raméal lorsqu'il a son insertion sur les rameaux. Axillaire lorsqu'il sort d’un angle formé par les feuilles ou les rameaux. Solitaire lorsqu'il n'y en a qu’un seul dans le même endroit. Épars lorsqu'ils sont en grand nombre sans observer aucun ordre entre eux. Ces caractères expriment les différentes situations du pédoncule à la base. La différente situation des fleurs et des fruits au sommet sera mieux exposée à l’article des fleurs.
112. — Le pétiole est une espèce de tige qui porte la feuille sans fructification. La situation du pétiole sur la racine, sur la tige ou-sur les rameaux est exprimée par les mêmes termes qui expriment les différentes situations du pédoncule.
113. — La fronde est une tige considérée avec ses ramifications et son feuillage. On donne plus particulièrement ce nom à la tige des fougères, des palmiers, et quelquefois à celle des mousses et des algues. Le stipe est la base de la fronde. La tige des champignons porte aussi le nom de stipe ou de pédicule.