Ronde une feuille qui n'a point d’angles
134. — Filiforme ou capillaire une feuille tellement étroite dans toute sa longueur qu’elle imite la forme d’un fil ou d’un cheveu. On la nomme sétacée lorsqu'elle est mince comme un cheveu et qu'elle se termine insensiblement en pointe très aiguë, comme dans la fétuque ovine.
c) LEs SInus.
Si l'on considère les sinus, c'est-à-dire les échancrures qui coupent le disque de la feuille en différentes parties, on nomme :
135. — Réniformes les feuilles arrondies au sommet, échancrées à la base et sans angles, comme celles du cabaret.
136. — Cordiformes les feuilles ovales, échancrées à la base et sans angles
postérieurs, comme celles de la violette odorante. 137. — Lunulées les feuilles arrondies au sommet, échancrées à la base en deux lobes dont chacun se termine par un angjle.
138. — Sagittées les feuilles triangulaires, échancrées à la base, imitant un fer de flèche, comme celles du liseron des champs. 139. — Hastées les feuilles triangulaires dont la base et les côtés sont
échancrés et les deux angles postérieurs ouverts et rejetés en dehors comme dans le gouet commun.
140. — Panduriformes les feuilles oblongues, plus larges inférieurement et échancrées sur les deux côtés en forme de violon. 141. — Fendues les feuilles divisées par des sinus étroits et linéaires dont
les bords sont en ligne droite; bifides, trifides, quadrifides, quinquefides, multifides, suivant qu’elles sont fendues en deux, trois, quatre; cinq ou plusieurs divisions.
142. — Lobées les feuilles divisées jusqu’au milieu en parties dont les bords sont arrondis ; bilobées, trilobées, quadrilobées, quinquélobées, multilobées, c'est-à-dire divisées en deux, trois, quatre, cinq ou plusieurs lobes.
143. — Palmées celles qui sont divisées longitudinalement en plusieurs parties presque égales, qui se prolongent au-delà de moitié vers la base, où elles sont réunies, comme dans la passiflore bleue.
144. — Pennatifides celles qui sont divisées transversalement en découpures horizontales qui ne s'étendent pas jusqu'à la côte, comme dans le tabouret bourse à pasteur.
145. — Lyrées celles qui sont divisées transversalement en découpures qui ne s'étendent pas jusqu'à la côte, dont les supérieures sont plus grandes, les inférieures plus petites et plus éloignées.
146. — Roncinées celles qui sont pennatifides lorsque leurs lobes, un peu courbés ou arqués en arrière, ont leur bord antérieur convexe et le postérieur droit ou concave, comme dans le pissenlit.
147. — Laciniées, déchiquetées ou incisées, celles qui sont divisées en parties elles-mêmes sous-divisées d’une manière indéterminée, comme dans le géranium disséqué.
148. — Sinuées celles dont les côtés sont divisés par des échancrures larges, arrondies et très ouvertes, comme les feuilles du chêne à grappes.
149. — Partites ou partagées celles qui sont divisées jusqu'à la base en deux, trois, quatre, cinq ou plusieurs parties, ce qu'on exprime par ces termes : bipartites, tripartites, quadripartites, quinquepartites, multipartites.
150. — Entières celles qui sont sans aucune des divisions ci-dessus mentionnées. |
d) LE SOMMET.
Si l’on considère le sommet, c’est-à-dire l'extrémité qui termine la feuille, on nomme :
151. — Tronquées celles qui se terminent par une ligne transversale.
152. — Mordues celles dont le sommet est très obtus et terminé par de petites incisions inégales.
153. — Échancrées celles qui se terminent par une entaille peu profonde.
154. — Rétuses celles dont le sommet est très obtus, comme écrasé et presque tronqué.
155. — Obtuses celles dont le sommet est un peu arrondi, comme dans le troëne.
156. — Aiguës celles qui se terminent par un angle aigu, comme dans la patience crépue.
157. — Acuminées ou mucronées celles qui se terminent par une pointe qui paraît ajoutée et non la suite du rétrécissement insensible de la feuille, comme dans le gaillet grateron.
158. — Vrillées celles qui se terminent par un ou plusieurs filets qui s’entortillent sur les corps voisins, comme dans le pois.
e) Les Borps.
Si l’on considere la bordure des feuilles, on nomme :
159. — Épineuses les feuilles dont les bords sont armés de pointes dures et piquantes, comme dans le houx ; inermes celles qui n’ont aucunes pointes piquantes sur la bordure.
160. — Dentées celles dont les bords sont terminés par des angles qui ne sont point tournés vers le sommet de la feuille et qui sont de la même consistance ; denticulées lorsque les angles sont petits et difficiles à apercevoir.
161. — Dentées en scie ou serretées celles dont les bords sont divisés par des angles inclinés les uns sur les autres et dirigés vers le sommet ; serrulées lorsque ces dents sont très petites.
162. — Gauderonnées celles dont le bord est coupé par des angles et PA des sinus intermédiaires arrondis.
163. — Crénelées celles dont les bords sont coupés par des angles arrondis
qu'on nomme crénelures, comme dans la bétoine officinale ; crénulées lorsque les dents arrondies sont très petites.
164. — Ciliées celles dont les bords sont garnis d'une rangée de poils parallèles, comme dans la bruyère ciliée.
165. — Cartilagineuses celles dont les bords sont d’une consistance plus ferme, plus aride et plus sèche que celle du reste de la feuille, comme dans la saxifrage cotylédone.
166. — Déchirées ou lacérées celles dont les bords sont divisés en découpures inégales et difformes, comme dans l’hesperis lacerata. 167. — Rongées celles qui sont sinuées et dont les découpures sont encore
inégalement sinuées, comme dans l’ansérine blanchitre. 168. — Très entières celles dont les bords ne sont coupés par aucune sorte d'échancrure.
f) LA SURFACE.
En considérant la superficie des feuilles, c’est-à-dire les deux plans qui forment la surface supérieure et la surface inférieure d'une feuille, on dit qu’elles sont :
169. — Visqueuses lorsqu'elles sont enduites d'un suc glutineux et collant, comme celles de l'aune.
170. — Cotonneuses lorsqu'elles sont couvertes de poils fins tellement entrelacés et serrés entre eux qu'il est difficile de les distinguer ; elles forment alors un duvet drapé de couleur blanche, comme dans les gnaphales.
171. — Laineuses lorsqu'elles sont couvertes de poils entrelacés, mais plus gros, plus distincts, formant un duvet plus lâche et d'une couleur grisätre, comme dans la menthe à feuilles rondes.
172. — Velues ou pileuses lorsqu'elles sont garnies de poils distincts, nombreux, allongés et non entrelacés ; on les nomme pubescentes lorsque les poils sont plus fins et plus courts ; soyeuses lorsque les poils sont fins, couchés et luisants.
173. — Hérissées, hirsutes ou hispides lorsqu'elles sont garnies de poils raides et fragiles.
174. — Scabres ou rudes lorsqu'elles sont couvertes de tubercules épars.
175. — Glabres lorsqu'elles n'ont point de poils et que, de plus, leur surface est unie et sans inégalités, par exemple l'épinard.
176. — Hérissonnées (strigosæ) celles qui sont chargées de poils raides et un peu piquants ou de pointes piquantes, comme la garance.
177. — Striées celles dont la surface est sillonnée par des lignes creuses, superficielles, longitudinales et parallèles.
178. — Mamelonnées celles qui sont couvertes de points ou de petits
tubercules vésiculaires, comme la glaciale.
— 39 — e COURS DE BOTANIQUE
179. — Ponctuées celles qui sont parsemées de points enfoncés et transparents, comme dans le millepertuis commun.
180. — Luisantes celles dont la surface, très polie, réfléchit la lumière avéc éclat, comme les feuilles du prunier laurier-cerise.
181. — Plissées celles dont le disque monte et descend vers les bords par des angles saillants et des angles rentrants, comme dans l’alchimille commune.
182. — Ondulées celles dont le disque monte et descend vers les bords par des courbures convexes et concaves, comme dans la patience crépue.
183. — Frisées ou crépues celles dont la bordure, plus grande que le disque, forme une sorte de crépure par la quantité des plis et des ondulations; telles sont les feuilles de la mauve frisée.
184. — Ridées ou bullées celles, dont les veines sont plus courtes que le disque, ce qui force à monter les parties de la surface renfermées entre les ramifications des veines, d’où résulte la formation de rides ou d’éminences, comme dans la menthe à feuilles rondes.
185. — Concaves celles dont le bord est plus élevé que le disque, qui est enfoncé, par exemple le cotylet ombiliqué.
186. — Veinées celles dont les vaisseaux rampent sur la surface inférieure où ils se ramifient et s’abouchent les uns avec les autres, comme dans l'ortie.
187. — Nerveuses celles dont les vaisseaux se prolongent de la base au sommet sans ramification, par exemple le plantain.
188. — Colorées celles dont la couleur est différente de la verte qui leur est naturelle.
g) LA SUBSTANCE.
Si l’on considere la substance d’une feuille, on nomme :
189. — Cylindriques des feuilles longues, arrondies et sans angles, imitant la forme d’un cylindre ; on les nomme semi-cylindriques lorsqu'elles sont cylindriques d’un côté et aplaties de l’autre.
190. — Tubuleuses ou fistuleuses celles qui sont vides intérieurement, comme dans l'oignon.
191. — Charnues celles qui sont épaisses et remplies intérieurement d’une pulpe succulente, comme dans plusieurs espèces d’orpin.
192. — Comprimées celles qui, étant succulentes et épaisses, sont aplaties sur les côtes.