Planes celles dont les deux surfaces sont parallèles
194. — Gibbeuses celles dont une des deux surfaces est relevée en bosse par une pulpe abondante.
‘195. — Convexes celles dont le disque est plus élevé que les bords.
196. — Déprimées celles dont le disque est plus ou moins aplati du som-
met à la base.
197. — Canaliculées celles qui sont creusées dans toute leur longueur par un sillon profond en forme semi-cylindrique.
198. — Ensiformes celles qui ont deux angles tranchants opposés et qui vont en diminuant insensiblement de largeur, depuis la base jusqu’à la pointe.
199. — Acinaciformes celles qui sont allongées et charnues de manière que l’un des bords est épais et convexe et l’autre plus étroit et tranchant.
200. — Dolabriformes celles qui sont à peu près orbiculaires et obtuses au sommet, ayant un bord épais, l’autre tranchant et la base à peu près cylindrique.
201. — Linguiformes celles qui sont linéaires, charnues et un peu convexes en dessous, par exemple la saxifrage cotylédone.
202. — Gladiées celles qui ont deux angles tranchants opposés et deux faces plus ou moins convexes.
203. — Carénées celles qui sont creusées en gouttière dans leur milieu et
relevées en dessous par une saillie un peu tranchante, semblable à la carène d’un vaisseau.
204. — Membraneuses celles où il n’y a aucune pulpe intermédiaire entre les deux surfaces.
205. — Scarieuses celles dont la substance est aride, sèche et blanchâtre.
29 Composition.
206. — Une feuille est composée lorsqu'un pétiole simple est chargé de plusieurs petites feuilles, qui portent le nom de folioles. Toutes ces folioles ne constituent qu’une seule feuille, puisqu'elles tombent toutes ensemble avec le pétiole qui les supporte, comme dans le noyer.
207. — Les feuilles sont articulées lorsqu'elles sont composées de plusieurs folioles qui naissent les unes au sommet des autres, comme dans le cactier aux raquettes; digitées lorsqu'elles sont composées de plusieurs folioles attachées au sommet du pétiole, comme dans le fraisier; binées lorsqu'elles sont ainsi composées de deux folioles; ternées lorsqu'il y en a trois; quaternées lorsqu'on en compte quatre; quinées lorsqu'elles sont au nombre de cinq, toujours attachées au sommet du pétiole.
208. — Les feuilles sont pennées ou ailées lorsqu'un pétiole simple porte plusieurs folioles attachées sur les deux côtés, comme dans le frêne ; pennées avec impaire lorsque le pétiole est terminé par une foliole ; pennées à vrille lorsqu'il se termine par un ou plusieurs filets ; pennées sans impaire lorsqu'il se termine sans vrille ni foliole ; pennées avec interruption lorsqu'il y a des folioles plus petites dans les intervalles des folioles principales ; conjuguées lorsque le pétiole ne porte que deux folioles à l'extrémité, l'une d'un côté, l’autre de l’autre, ce qui distingue les feuilles conjuguées des feuilles binées, dans lesquelles les deux folioles sont insérées en un même point au sommet; bijuguées lorsqu'un pétiole simple porte deux paires de folioles opposées ; trijuguées lorsqu'on compte trois paires de folioles ; quadrijuguées lorsqu'il y en a quatre, etc.
209. — On nomme décomposées ou recomposées les feuilles dont le pétiole se divise en d’autres pétioles chargés de plusieurs folioles distinctes, comme dans la rue des jardins ; bigéminées celles dont le pétiole principal se divise en deux pétioles dont chacun porte deux folioles distinctes au sommet; biternées celles dont le pétiole principal se divise en trois pétioles, dont . chacun porte trois folioles distinctes au sommet ; bipennées celles dont le pétiole commun porte sur ses deux côtés des pétioles chargés de folioles distinctes sur les deux côtés ; pédiaires celles dont le pétiole commun se divise en deux pétioles dont chacun porte plusieurs folioles sur le bord intérieur, comme dans l’hellébore pied-de-griffon.
210. — On nomme surdécomposées les feuilles dont le pétiole se divise et se sous-divise en pétioles chargés de folioles attachées aux dernières divisions ; triternées celles dont le pétiole commun se divise en trois pétioles secondaires, divisés eux-mêmes en trois pétioles dont chacun porte trois folioles distinctes au sommet ; tripennées ou trois fois pennées celles dont le pétiole commun porte des deux côtés des pétioles secondaires dont chacun porte plusieurs folioles bipennées. Dans les feuilles bipennées et tripennées les divisions de premier ordre retiennent le nom de folioles et les dernières folioles portent le nom de pennules.
3° Détermination.
211. — On entend par détermination les circonstances étrangères à la structure d’une feuille. Ces circonstances sont le lieu, la situation, l’insertion, la direction et la durée.
a) LE Lieu.
212. — Si l’on considère le lieu, c’est-à-dire la partie à laquelle les feuilles sont attachées, on nomme séminales les premières feuilles qu'une plante produit et qui sortent immédiatement de la semence ; radicales celles qui partent immédiatement de la racine ; caulinaires celles qui sont attachées à la tige ; raméales celles qui sont attachées aux rameaux ; axillaires celles qui sont insérées dans l'angle de bifurcation des deux rameaux : florales celles qui sont placées à la base des fleurs. .
b) LA SITUATION.
213. — En considérant la situation des feuilles, c'est-à-dire leur disposition ou leur arrangement sur la tige ou sur les rameaux, on nomme verticillées celles qui sont disposées en rond autour de la tige et par étages, au nombre de 3, 4, 5, 6, 7, 8, etc., dans chaque étage ; ternées lorsqu'elles sont au nombre de trois, comme dans le laurier-rose ; quaternées lorsqu'il y en a quatre, comme dans le gaillet des marais ; quinées, sexenées, septenées, octonées, etc. ; opposées lorsqu'elles sont disposées deux à deux, l’une vis-à-vis de l’autre,
et que chaque paire est encore dans une situation croisée avec les paires voisines, comme dans l'ortie ; alternes lorsqu'elles sont placées sur la tige l’une après l’autre, comme dans la mauve ; éparses lorsqu'elles sont alternes, en grand nombre et sans ordre, comme dans le lys blanc ; ramassées lorsqu'elles sont alternes et en si grand nombre que la tige ou les rameaux en sont couverts ; embriquées ou imbriquées lorsqu'elles sont en grand nombre et couchées les unes sur les autres en se recouvrant en partie comme les briques d'un toit, par exemple le cyprès ; fasciculées lorsque plusieurs feuilles partent ensemble du même point, comme dans le cèdre ; distiques lorsqu'elles sont rangées sur les deux côtés de la tige ou des rameaux, comme dans le, sapin ; confluentes lorsque deux ou plusieurs feuilles sont séparées dans presque toute leur étendue et réunies par les bases, comme dans le jasmin d'Espagne.
c) L'INSERTION.
214. — Si l’on considère l'insertion d’une feuille, c'est-à-dire son attache a la tige ou au pétiole par sa base, on nomme peltée ou ombiliquée une feuille dont le pétiole s'attache, non à la base, mais au milieu du disque, portant la feuille comme un bâton de parasol, par exemple la capucine ; pétiolée celle qui se trouve portée sur un pétiole inséré à la base de la feuille, comme dans le poirier ; sessile celle qui, n’ayant point de pétiole, est attachée immédiatement à la tige ou aux rameaux, comme dans le lin ; décurrente ou courante une feuille sessile dont la base se prolonge inférieurement sur la tige des deux côtés, comme dans le verbasque ailé ; amplexicaule celle dont la base embrasse les deux côtés de la tige, comme dans la jusquiame noire ; semi-amplexicaule celle qui n’embrasse la tige qu’à demi ; perfoliée une feuille qui embrasse tout à fait la tige, de telle manière que la tige passe à travers le disque, comme dans la chlore perfoliée ; connées deux feuilles opposées qui sont réunies par leurs bases, comme dans la cardère sauvage ; vaginale une feuille dont la base, pliée en long sur la tige, forme une gaine” cylindrique, comme dans le froment.
d) LA DIRECTION.
215. — Sil'on a égard à la direction, c'est-à-dire au port habituel des feuilles, plus ou moins rapprochées, plus ou moins écartées de la tige ou tournées vers les différents points du ciel et de la terre, on nomme adverses les feuilles dont le bord est tourné vers le méridien ; obliques celles dont la base regarde le ciel et dont le sommet est tourné vers l'horizon, comme dans la protée ; inflexes, ou courbées en dedans, celles qui sont courbées en arc concave vers la tige ; appliquées celles qui sont dans une direction parallèle à la tige et qui la touchent dans toute leur longueur ; droites celles qui font avec la tige un angle très aigu ; strictes celles qui sont droites avec raideur : ouvertes celles qui font avéc la tige un angle aigu ; très ouvertes celles qui font avec la tige un angle presque droit ; horizontales celles qui sont insérées
sur la tige à angle droit, comme dans la laitue sauvage ; réfléchies celles qui sont renversées sur la tige sans aucune courbure ; réclinées celles qui sont courbées en dessous de manière que le sommet devient inférieur à la base ; roulées en dessus celles dont le sommet est roulé de dehors en dedans, comme les cheveux sous les papillottes ; roulées en dessous celles dont le sommet est plus ou moins roulé de dedans en dehors ; pendantes celles qui sont tellement renversées sur la tige que leur sommet regarde directement la terre ; flottantes celles qui sont couchées sur la surface des eaux, comme celles du potamot flottant ; submergées celles qui sont tout à fait plongées dans l’eau, sans s'élever à la surface ; radicantes celles qui s’attachent par des radicules sur la terre ou sur les corps qu'elles touchent, comme dans la saxifrage cotylédone.
216. — Enfin, si l’on considère la durée des feuilles, on nomme caduques celles qui tombent avant la maturité du fruit ; persistantes, ou toujours vertes, celles qui, ne tombant point à la fin de l’automne, se conservent vertes et fraîches pendant l'hiver. :
217. — Il faut observer que la plupart des caractères fondés sur les différentes modifications des feuilles peuvent s'appliquer aux modifications analogues de la tige et des rameaux, comme aux supports et aux différentes parties de la fleur.