‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 66 sur 1213 · III. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

III. — DESCRIPTION

413. — La description d’une plante est l'exposition des caractères propres à distinguer les plantes entre elles et à former les divisions établies pour en faciliter la connaissance. Une description est oratoire ou méthodique, universelle ou sommaire.

414. — La description oratoire est un discours dans lequel les objets sont décrits avec les amplifications et autres formes de l’éloquence. Buffon s’est immortalisé par ces sortes de descriptions dans l’histoire des animaux ; mais comme une description est destinée à peindre au naturel une plante, par l'énumération de ses parties et de leurs différentes modifications, la simplicité, la précision et la fidélité sont les conditions essentielles d’une bonne description ; or, ces trois qualités sont à peu près étrangères à l'éloquence, que les anciens ont définie : l’art d'agrandir les petites choses et de diminuer le grandes (1). « Le style de la description, dit l’auteur que nous venons de citer, doit être simple, net et mesuré. Il n’est pas susceptible d’élévation, d’agréments, encore moins d’écarts, de plaisanterie ou d’équivoque. Le seul ornement qu’on puisse lui donner, c’est de la noblesse dans l'expression, du choix et de la propriété dans les termes. »

415. — Une description méthodique est celle dans laquelle les différentes parties des végétaux sont décrites successivement suivant l’ordre naturel de leur développement. On commence par exposer les caractères de la racine, ensuite ceux de la tige ; on passe de la tige aux supports, des supports aux feuilles, des feuilles aux fleurs, des fleurs aux fruits (2), en distinguant ces différentes parties par des lettres majuscules ou italiques, afin que le lecteur puisse trouver facilement la partie sur laquelle son attention doit se fixer. Nous avions ajouté une description méthodique à chacune des plantes comprises dans notre ouvrage ; mais les difficultés de l'impression nous ont forcé de la supprimer, sauf pour les plantes inédites, douteuses ou difficiles à distinguer.

1, — On pourrait ajouter que l’éloquence fait aussi peu d’honneur à ceux qui l’admirent qu’à ceux qui la pratiquent. Il faut être bien naïf pour se payer d’éloquence : les bonnes raisons n’ont pas besoin du style oratoire et le seul emploi de l’éloquence doit suffire à mettre l’auditeur en garde contre ce qu’on veut lui faire croire.

2. — Cet ordre est excellent : c’est à la fois celui dans lequel on peut le mieux disséquer une plante et celui dans lequel les organes se développent. C’est donc l’ordre à adopter dans la détermination des caractères. A chaque pas qu’on fait on recueille une indication utile. On n’attend pas jusqu’à la fin pour savoir quelque chose.

416. — Une description universelle est celle dans laquelle on fait l'énumération de tous les caractères que les sens peuvent apercevoir dans les plantes ou dans les circonstances étrangères à leur structure. Cette description est ennuyeuse et inutile pour des plantes connues ; mais elle est nécessaire pour représenter une plante nouvellement découverte ou pour assurer l'existence et le rang d’une plante douteuse.

417. — Enfin une description sommaire est celle dans laquelle on ne fait entrer que les caractères les plus tranchants propres à distinguer un genre d'un autre ou une espèce de toutes les autres. Telles sont les courtes descriptions, connues sous le nom de phrases caractéristiques, dont Linné a fait usage dans ses écrits. Chaque genre est déterminé par une description sommaire, qui le distingue de tous les autres genres du même ordre, et chaque espèce est accompagnée d’une phrase caractéristique, qui la distingue de toutes les autres espèces du même genre. Nous avons suivi le même plan dans la composition de la Flore des Basses-Pyrénées, et nous avons préféré les descriptions du Systema naturæ, treizième édition, réformée par Gmelin.

418. — Pour trouver une plante dans une collection méthodique, il faut d’abord chercher le caractère de la classe dans laquelle elle doit se trouver ;

ensuite le caractère de l’ordre qui lui convient dans la même classe ; immé- .

diatement après, le caractère générique qui la distingue de tous les autres genres du même ordre dans la même classe ; enfin le caractère spécifique, qui la distingue de toutes les espèces du même genre. En parcourant ainsi toutes les divisions et en descendant de la classe à l'espèce, on arrive insensiblement au nom d’une plante qu’on ne connaissait pas. « Les méthodes, dit Buffon, sont très utiles ; elles abrègent le travail, elles aident la mémoire et elles offrent à l'esprit une suite d'idées, à la vérité composées d'objets différents entre eux, mais qui ne laissent pas d’avoir des rapports communs, et ces rapports forment des impressions plus fortes que ne pourraient faire des objets détachés qui n'auraient aucune relation. »

419. — Il existe un grand nombre de méthodes, dont on peut voir les détails dans le Dictionnaire de Botanique de l'Encyclopédie. Nous ne parlerons ici que de celles qui ont le plus approché de la perfection. Elles sont au nombre de trois, savoir : la méthode de Tournefort, le système de Linné et la méthode de Jussieu.

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