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IL — DÉNOMINATION

411. — La dénomination est l'imposition d'un nom aux genres et aux. espèces, suivant certaines règles.

Si les anciens avaient suivi quelques règles fixes dans leurs dénominations, nous serions moins embarrassés aujourd'hui pour savoir à quelles espèces doivent se rapporter les noms qu'ils imposèrent, arbitrairement et sans principes, aux plantes dont ils ont fait mention dans leurs écrits, et nous ne serions pas condamnés aux recherches les plus fatigantes, et souvent infructueuses, pour distinguer dans différents auteurs les divers noms, appelés synonymes, qui se rapportent à la même espèce. Il était réservé au natura-

1, — Il est remarquable que dans les autres branches de l’histoire naturelle on n’a pas, pour la classification, attaché la même importance aux organes de la génération. Le caractère qui distingue les mammifères ne se rattache à la génération que d’une façon indirecte et pour tous les autres groupes d'animaux on a recours principalement aux indications du squelette, qui ont le grand avantage de persister même après la mort, ou bien aux organes de nutrition, de préhension, de mouvement ou de protection. Ce n’est que pour les plantes qu’on met au premier rang les parties de la fructification et c’est d'autant plus défectueux que ces parties sont essentiellement caduques ou au moins variables.

Ce n’est d’ailleurs que pour la distinction des phanérogames qu’on accorde cette prééminence à la fleur. Les cryptogames, qui comptent au moins autant d’espèces que les phanérogames, se reconnaissent à première vue au moyen d’autres caractères, et il y aurait de grands avantages à introduire dans la classification des phanérogames des caractères tirés de la végétation, qui sont à la fois plus apparents et plus durables.

liste suédois d'établir un ordre et des principes dans cette partie de la botanique. Cette matière est le sujet d’une dissertation particulière, intitulée Critica botanica, qui comprend un grand nombre de règles, dont les principales sont : 1° Que le nom de chaque plante se compose d'un nom générique qui désigne le genre et d’un nom spécifique qui caractérise l'espèce ; 2° Que toutes les espèces du même genre doivent être désignées par le même nom générique ; si cette règle n’était pas observée, il faudrait autant de noms primitifs que d'espèces connues, et la mémoire est trop bornée pour les retenir ; 3° Que le nom générique doit être unique et non point composé de deux ou trois mots comme nombril de Vénus, oreille d'ours ou perce-pierre ; 4° Que le même nom générique ne saurait convenir à plusieurs genres ; 5° Que les noms génériques les plus parfaits doivent avoir leur racine dans le grec ou dans le latin, ou dans le nom de quelque botaniste célèbre ; 6° Que les noms génériques ne doivent jamais être changés sans nécessite ; 7° Que les noms génériques trop longs ou difficiles à énoncer doivent être rejetés ; 8° Que le nom spécifique doit distinguer une espèce de toutes les autres espèces du même genre ; 9° Que le nom spécifique ne doit pas être fondé sur des parties sujettes à varier, maïs sur la différence de la racine, des tiges, des feuilles et des supports ; 10° Que le nom spécifique doit être énoncé après le générique ; 11° Enfin que le nom générique et le nom spécifique complètent la dénomination d’une plante.

412. — Une des idées les plus heureuses de Linné est d'avoir séparé le nom générique d'une plante de la description qui l’accompagnait dans les ouvrages de ses prédécesseurs et d'y avoir ajouté un nom trivial qui désigne l'espèce et qui remplace la description.

Ainsi la plante nommée par Tournefort gramen xerampelinum milaceä, prœtenui, ramosä que sparsà paniculä, sive xerampelino congener, arvense, æstivum, gramen minutissimo semine est nommée par Linné : poa bulbosa. Poa est le nom générique, qui exprime l'union de plusieurs espèces en un seul genre; bulbosa est le nom trivial, qui complète la dénomination de cette espèce de poa. On voit qu'il est beaucoup plus facile de retenir ce dernier nom que là légende du premier. L'illustre auteur de cette invention n'en a pas assez tôt reconnu toute l'utilité. Le nom trivial est presque toujours mal choisi dans ses ouvrages de botanique. Il exprime ordinairement une propriété, une modification ou quelque circonstance du temps et des lieux, lorsqu'il devrait être insignifiant, pour éviter le concours des mêmes circonstances dans les plantes congénères. On peut citer pour modèle d’une excellente dénomination celle des papillons, dont le nom trivial est quelque divinité du paganisme, quelque héros de la fable ou quelque personnage célèbre de l’antiquité. (Papilio Apollo, papilio Minerva, etc.)

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