Chou velu
Brassica hirsuta.
Tige feuillée, cylindrique, chargée de poils fourchus qui lui donnent un aspect grisâtre. Feuilles caulinaires amplexicaules, oblongues, ouvertes, dentées ou denticulées, ayant les deux surfaces couvertes de poils fourchus ou rameux qui leur donnent un aspect grisâtre ; les inférieures souvent rétrécies au milieu et plus décidément dentées par des sinus arrondis et ondulés ; les radicales ovales et rétrécies en longs pétioles ; les caulinaires, longues de deux à trois pouces, ont le sommet un peu aigu, et la base forme de chaque côté une oreillette arrondie peu ou point dentée. Folioles calicinales droites mais un peu lâches, pubescentes ; les deux correspondant aux étamines courtes un peu bosselées à la base. Pétales blancs, obtus, ouverts en croix à la hauteur du calice, qui est plus court de moitié. Quatre glandes sur le réceptacle : une de chaque côté entre les deux étamines longues et la foliole calicinale correspondante, et une, aussi de chaque côté, entre l’étamine courte et le pistil. Ces glandes sont vertes et très apparentes, sans aucune réflexion. Étamines saillantes : les quatre plus longues un peu plus courtes que les pétales. Stigmate orbiculaire. Anthères d’un jaune päle.
J'ai trouvé cette plante sur les montagnes qui bordent la route de Louvie à Castets dans la vallée d'Ossau. Les premières fleurs se développent à la fin du mois de mars.
3. Chou navet. FLABRSUS LS, IVe Brassica napus. Willd. SP. pL., III, 547.
Racine caulescente, fusiforme. Feuilles lisses ; les supérieures cordiformes, lancéolées, amplexicaules ; les inférieures lyrées et dentées. Bisannuelle.
4. Chou rave. FL. FR., 515, v, Brassica rapa. Willd. SP. PL., II, 548.
Racine caulescente, orbiculaire aplatie, charnue. Feuilles radicales lyrées, rudes ; les caulinaires lisses et très entières. Bisannuelle. Vulgairement la grosse rave où rabioule.
1, — Caulis, tige, nom générique des plantes potagères. Brassica, du celtique Bresic.
La distinction fondée sur la forme de la racine, allongée dans le navet, orbiculaire dans la rave, est très fautive ; car on voit souvent des navets orbiculaires, des raves allongées, et c’est avec raison que MM. de Lamarck et de Candolle ont réuni les deux espèces en une seule sous le nom de chou à feuilles rudes. On les cultive dans nos campagnes, plus pour la nourriture du peuple que pour celle des bestiaux, auxquels on ne donne que les feuilles et les rebuts. Les navets cultivés dans les jardins potagers sont plus petits, plus délicats ; on les mange en ragoût et on les sert sur les meilleures tables. La culture de la grosse rave devrait être plus générale et beaucoup plus étendue dans nos cantons ruraux. Sa racine très volumineuse serait d’une grande ressource pour la nourriture des bestiaux et nos cultivateurs ne seraient pas dans la nécessité de vendre une partie de leur bétail à vil prix, à l'entrée de l'hiver, à cause de la rareté des fourrages. Cette culture ‘leur procurerait une augmentation de fumier, un bénéfice sur l'accroissement des bestiaux et l'amélioration des terres abandonnées en guéret.