‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 741 sur 1213 · Moutarde noire. DICT. BOT., n · texte numérisé non relu

Moutarde noire. DICT. BOT., n

Sinapis nigra. Willd. SP. pL., I, 555.

Siliques glabres, appliquées contre la tige. Annuelle.

Cette plante croît spontanément dans la plupart de nos cantons. On la cultive dans le Vicbilh pour la composition d'une sauce très estimée, connue sous le nom de moutarde. Le moût des raisins les plus sucrés, cuit en consistance de sirop, est la base de cette sauce ; on y mêle des semences de moutarde noire en les broyant dans un petit moulin à bras pour donner au mélange la forme d’une pâte liquide. On la mange avec les viandes fraîches ou salées qui passent pour indigestes. Cet assaisonnement agréable et plus ou moins piquant pourrait être utile aux tempéraments pituiteux, aux personnes affaiblies par l’âge, par des maladies ou par des excès ; mais comme on fait cuire le moût dans des vases de cuivre, les sels métalliques qu’elle tient nécessairement en dissolution rendent cette sauce extrêmement nuisible. Il y a vingt ans que je fus tourmenté pendant six mois d'une cardialgie alarmante pour avoir trempé du pain dans une grande quantité de sirop de raisin sans faire attention qu'il avait été préparé dans une chaudière. Cette observation ne sera peut-être pas inutile lorsque tous les journaux cherchent à accréditer l’usage de ce sirop comme propre à remplacer le sucre. Je ne doute pas que l’usage de la moutarde et du raisiné soit la cause ignorée d'un grand nombre de maladies chroniques, que les médecins inattentifs traitent au hasard et presque toujours sans succès.

Les graines de moutarde sont la base des sinapismes dont on se sert en médecine pour détourner promptement une humeur morbifique qui menace la vie, où pour intervertir la direction du mouvement qui porte rapidement les humeurs vers les organes essentiels à la vie. On applique des sinapismes aux pieds et aux mains dans les cas de goutte remontée, de rhumatismes vagues et dans l'apoplexie ; on les applique sur la poitrine pour rétablir l'expectoration dans les maladies des poumons, et successivement sur diférentes parties pour prévenir des congestions promptement mortelles dans les fièvres adynamiques et ataxiques.

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