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DIVISION DES CLASSES EN ORDRES

422. — Linné n’a pas suivi les mêmes principes pour la formation des ordres dans toutes les classes. Celles qui sont établies sur le nombre et sur la situation des étamines sont divisées en ordres d’après le nombre des pistils. Dans les classes fondées sur la proportion des étamines la formation des ordres est déterminée par la considération du fruit. Les classes fondées sur les connexions des étamines sont divisées en ordres d’après leur nombre et leur situation. La syngénésie, exceptée de cette règle, suit une marche particulière. Le nombre, la situation et les connexions des étamines règlent la division des classes fondées sur la séparation des sexes. On trouvera le détail de toutes ces divisions dans le tableau suivant.

Noms et caractères des ordres pour les treize premières classes. Monogynie : un seul pistil dans une fleur hermaphrodite. De u6voc, un seul, et HOLE femme.

Digynie : deux pistils. Trigynie : trois pistils. Tétragynie : quatre pistils. Pentagynie, hexagynie, heptagynie, octogynie, ennéagynie, décagynie, dodécagynie : cinq, six, sept, huit, neuf, dix ou douze pistils.

Polygynie : plusieurs pistils, en nombre indéterminé. Les fleurs pourvues de plusieurs pistils sont nommées fleurs polygynes.

DiDYNAMIE.

423. — La didynamie est divisée en deux ordres : le premier comprend toutes les plantes didynames dont les semences sont nues, ce qui lui a fait donner le nom de gymnospermie, de yuuv6ç, nu, et ctép.x, semence ; le second ordre comprend toutes les plantes didynames dont les semences sont renfermées dans un péricarpe, ce qui lui a fait donner le nom d’angiospermie, de dyyétov, vase, et otéoux, semence.

TÉTRADYNAMIE.

424. — Dans les plantes de la tétradynamie le péricarpe est ordinairement une silique, très courte dans les unes, plus longue que large dans les autres; ce qui divise cette classe en deux ordres : le premier ordre comprend toutes les plantes tétradynames dont la silique est à peu près aussi large que longue et se nomme tétradynamie siliculeuse ; le second ordre comprend les plantes dont la silique est beaucoup plus longue que large, et se nomme tétradynamie siliqueuse.

MONADELPHIE, DIADELPHIE, POLYADELPHIE, GYNANDRIE.

425. — La monadelphie, la diadelphie, la polyadelphie et la gynandrie sont divisées en ordres d’après le nombre et la situation des étamines. Les ordres ont ici les noms et les caractères des treize premières classes : monandrie, diandrie, triandrie, etc. Il faut observer que la monadelphie ne saurait exister sans la présence de deux étamines au moins, qu'il en faut nécessairement trois ou plus pour la diadelphie et quatre au moins pour la polyadelphie ; que, par conséquent, la monandrie ne saurait exister dans la monadelphie, que la monandrie et la diandrie sont impossibles dans la diadelphie et que la monandrie, la diandrie et la triandrie ne peuvent pas se rencontrer dans la polyadelphie.

SYNGÉNÉSIE.

426. — La syngénésie est divisée en six ordres, suivant les différentes combinaisons des sexes dans les fleurs composées :

1° Polygamie égale : fleurs composées de fleurons ou de demi-fleurons tous hermaphrodites, comme dans le pissenlit et dans le chardon ;

2° Polygamie superflue : fleurons hermaphrodites et fertiles au milieu ; fleurons ou demi-fleurons femelles et fertiles sur le bord, comme dans la pâquerette. Les fleurons hermaphrodites sont ici comparés à des femmes mariées, qui propageraient les espèces sans le secours des fleurs femelles, comparées à des concubines dont la présence est superflue pour la propagation de l'espèce ;

3° Polygamie inutile ou frustranée : fleurons hermaphrodites et fertiles au milieu de la fleur ; fleurons ou demi-fleurons femelles ou neutres et stériles sur le bord. La présence des fleurs femelles ou neutres est ici parfaitement inutile puisqu'elles ne portent point de semences. Exemple : la centaurée ;

4° Polygamie nécessaire : fleurons mâles ou hermaphrodites et stériles au milieu ; fleurons ou demi-fleurons femelles et fertiles à la circonférence, comme dans la cotonnière. Ici, la présence des fleurs femelles est nécessaire pour la propagation des espèces ;

5° Polygamie séparée : fleurons ou demi-fleurons pourvus de calice et réunis dans un calice commun, comme dans le spheranthus ;

6 Monogamie : fleurs simples ayant les étamines réunies par leurs anthères en un seul corps, comme dans la violette.

Nous avons cru devoir supprimer cet ordre et nous avons placé le jasion, la lobélie, la violette et la balsamine dans la cinquième classe pour ne laisser subsister que des fleurs composées dans la syngénésie.

Ces divisions de la syngénésie sont très ingénieuses et assez exactes, mais un peu difficiles dans la pratique. La division de Tournefort serait plus simple et plus facile, mais on ne saurait l’admettre sans séparer un grand nombre d'espèces congénères. On a déjà vu que cet auteur divise les fleurs composées en flosculeuses, semi-flosculeuses et radiées. Vaillant, et après lui Jussieu, n'ayant égard qu’à la disposition des fleurs composées, les ont divisées en trois ordres, savoir : les chicoracées, les cinarocéphales et les corymbiferes.

MonœcIE ET DIŒCIE.

427. — Dans la monœcie et dans la diœcie les ordres sont déterminés d’après le nombre, la situation et les différentes connexions des étamines. Il y a dans cette classe onze ordres correspondant au nombre des étamines : monandrie, diandrie, etc. ; un ordre correspondant à leur situation : polyandrie, et trois ordres relatifs à leurs connexions : monadelphie, syngénésie et gynandrie. On ne connaît encore aucunes plantes icosandres, diadelphes ou polyadelphes dans la monœæcie ni dans la diœcie.

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