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PLANTES LÉGUMINEUSES

Observations générales. — Le célèbre Linné a rencontré dans la diadelphiedécandrie des difficultés insurmontables qui l'ont réduit à y laisser subsister un grand nombre de plantes monadelphes et à en écarter plusieurs genres à étamines libres ou séparées des fleurs femelles, bien qu'ils s’y rattachent par la corolle papilionacée ou par la forme légumineuse du fruit. En rassemblant tous ces genres épars dans la décandrie, dans la monœæcie, dans la polygamie et dans la diadelphie-décandrie, les méthodistes ont formé la famille des

légumineuses, dont les principaux caractères sont : 1° un calice monophylle, rarement diphylle, souvent découpé en cinq dents ; 2° une corolle polypétale, souvent papilionacée, quelquefois régulière, rarement nulle ; 3° dix étamines, quelquefois moins, libres, monoïques ou polygames dans les plantes étrangères, souvent monadelphes par la réunion de tous les filaments, ordinairement diadelphes par la soudure de neuf filaments, qui forment autour de l'ovaire un tube membraneux, fendu longitudinalement : la dixième étamine libre occupant la fissure du côté de l'étendard ; 4° un seul ovaire surmonté d'un style courbé vers l’étendard ; 5° un fruit quelquefois capsulaire, ordinairement légumineux mais très variable dans sa forme, dans le nombre des loges, dans la disposition des cloisons ; 6° des semences arrondies ou réniformes, ombiliquées, dont les lobes formés d'une substance farineuse se changent en feuilles séminales ; 7° une racine pivotante, rameuse ou fibreuse, une tige souvent droite et rameuse, quelquefois voluble ; 8° des feuilles quelquefois simples, ordinairement composées : digitées, ternées, pennées avec ou sans impaire, avec ou sans vrilles, bijuguées, trijuguées, etc., ‘ quelquefois nulles : 0° des stipules alternes, quelquefois opposées.

Les plantes légumineuses sont très intéressantes par les phénomènes d’une vie qui paraît animée (...restant, neque ipsa animà carentia, terrà edita. Pline. Hist. nat., lib. XII, in primo.), par leurs rapports avec l’économie rurale et domestique, la médecine, le commerce, les arts et les manufactures.

Indépendamment des signes de sensibilité et d’irritabilité très remarquables dans cinq ou six espèces de mimosa, plus admirables encore dans les feuilles de l’hedysarum gyrans, la plupart des plantes légumineuses offrent aussi des signes de prévoyance dans le changement de position de leurs feuilles vers le coucher du soleil. Leur situation, verticale dans quelques genres, renversée dans quelques autres, combinée avec la duplicature ou avec le rapprochement des folioles, paraît déterminée par l'intention d'exposer leur surface inférieure ou de dérober la supérieure aux influences de l'atmosphère ou des astres, ou de garantir quelques organes des accidents qui les menacent pendant la nuit. Quoiqu'il en soit, ce phénomène, qui n'est qu'un objet de curiosité pour le vulgaire, offre un sujet de méditation à la philosophie. [oïoy cé Eros oûyev Éouoc odovr&v ! Quel mot s’est échappé de l'enceinte de vos dents ! C’est ainsi qu'Homère exprime l'indignation ou l'étonnement lorsqu'il arrive à quelqu'un de parler d’une manière repréhensible. Pour éviter tout soupçon d’attachement aux sectes dites philosophiques je m'explique et je déclare que par le mot philosophie je n'entends que ce qu'il exprime par sa composition, c’est-à-dire l'amour de la sagesse ; que la sagesse, sapientia, n’est à mes yeux que la connaissance des choses divines et humaines. Je suis donc bien loin de reconnaître le caractère de la philosophie dans les écrits licencieux, dans les actions ambitieuses, dans l'esprit de secte ou dans les fureurs des partis. Mais parce que des hommes qui se disaient philosophes ont causé de grands malheurs par leurs écrits, par leurs discours ou par leurs actions est-il convenable de bannir la philosophie et d’affliger par l'aigreur des déclamations des hommes sages qui ont gémi de ces malheurs et qui, par les efforts qu'ils avaient faits pour acquérir la con-

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naissance des causes et des effets des révolutions politiques, ont eu le bonheur de les pfévoir et de les détourner des lieux de leur résidence ?

Les bestiaux qui paissent librement recherchent les plantes légumineuses, les préfèrent même aux graminées, et la promptitude avec laquelle ils s’engraissent lorsqu'ils en trouvent en abondance prouve l'excellence de cette nourriture. Mais lorsqu'ils en mangent une trop grande quantité en peu de temps, ces plantes trop succulentes, ne pouvant pas être promptement digérées, commencent à fermenter dans l'estomac ; il s'en dégage une quantité considérable de gaz acide carbonique qui cause une enflure dont les progrès rapides suffoquent l'animal en très peu de temps. La ponction serait un moyen presque sûr de le sauver ; l'ignorance de cette opération, qu’on pourrait faire sans inconvénient avec une épée ou tout autre instrument pointu, fait recourir à un procédé qui ne peut que hâter la mort et qui consiste à introduire le bras dans l'estomac pour en extraire la pâte alimentaire à différentes reprises.

Les plantes herbacées de cette famille sont préférées en général pour la formation des prairies artificielles. Les plus renommées sont la luzerne (medicago sativa), le sainfoin esparcette (hedysarum onobrychis), le sainfoin d’Espagne (hedysarum coronarium), le trèfle des prés (trifolium pratense), etc. Pour faire un choix raisonnable il faut avoir égard aux circonstances du sol et du climat, appliquées aux phénomènes de la vie et aux habitudes naturelles des plantes qu'on se propose de cultiver. Or si nous considérons que le sainfoin et la luzerne n'ont jamais bien réussi dans la plupart de nos cantons, qu'ils y sont promptement étouffés par les plantes indigènes et qu'ils n’y sont jamais devenus spontanés, nous en conclurons que le sol et le climat leur sont directement contraires ; que pour éviter des soins et des dépenses inutiles le choix doit se porter sur les plantes indigènes et que le trèfle des prés, qui croît naturellement dans nos cantons humides et qui ne le cède en qualité et en quantité ni au sainfoin ni à la luzerne, mérite la préférence pour la formation des prairies artificielles.

Si, au lieu de semer au hasard les graines ramassées dans les greniers à foin, on savait faire pour la formation des prairies naturelles un mélange de semences graminées et légumineuses bien conditionnées, nos prairies seraient moins infestées par une multitude de plantes âcres, nuisibles aux animaux ruraux, et leur surface ne serait pas occupée en partie par des espèces volumineuses que rebutent les bestiaux et qui diminuent considérablement la récolte des foins.

J'ai déja posé quelques règles générales pour le choix des plantes gramiminées dans la première partie de cet ouvrage. Il me reste à indiquer les espèces qui me paraissent préférables pour former la base d’une excellente prairie ; il convient de les mêler comme elles sont mêlées dans les prairies : il est donc essentiel que toutes les espèces préférées fleurissent et mürissent dans le même temps. Telles sont la flouve odorante, le paturin des prés, le dactyle pelotonné, les brômes seglin et mollet, la fétuque hétérophylle, l'avoine fragile, l'ivraie vivace, la cynosure à crête, la houque laïineuse, etc.

En appliquant les mêmes principes au choix des plantes légumineuses on

donnerait la préférence au trèfle des prés, au trèfle ochreux, au trèfle étalé et a la luzerne lupuline ; car, quoique quelques espèces de gesse et de vesce, excellentes par elles-mêmes, croissent spontanément dans nos prairies, elles gênent le développement des plantes graminées en s’y attachant par leurs vrilles et en les'étouffant par leurs ramifications.

Tous nos cultivateurs connaissent, sous différents noms qui varient d’un lieu à un autre, les plantes les plus nuisibles dans les prairies, comme les renoncules âcre et rampante, la patience sauvage, la centaurée noire, la cocrète des prés, etc. Maïs les botanistes n'ont peut-être pas encore observé une espèce de cirse également nuisible par son volume et par sa multiplication dans nos prairies humides. Cette plante, que je décrirai dans la syngénésie sous le nom de cirse glanduleux, me parait différer du cirse des marais par ses feuilles velues, profondément pennatifides, à découpures palmées, et par un tubercule oblong et visqueux placé sur le dos de chaque écaille calicinale au dessous du sommet terminé en pointe non piquante. Les têtes ne sont pas cotonneuses à la base comme dans le cirse des marais, auquel il se rapporte par tous les autres caractères.

Il serait facile d’extirper avant la floraison toutes ces plantes àcres ou inutiles qui se perpétuent dans nos prairies par la négligence des propriétaires. Les habitants de la vallée d'Ossau sont bien plus sages et plus prévoyants : ils.ont observé que le pavot en massue enivre les bêtes à cornes, qui se jettent dans les précipices lorsqu'elles en ont mangé, et ils ont le soin d'envoyer des ouvriers dans leurs pâturages pour y extirper cette plante avant d'y introduire leurs bestiaux.

SPARTIUM (1). Stigmate longitudinal velu, adné à la surface supérieure du style. Filaments embrassant étroitement le germe. Lèvre inférieure de la corolle plus longue que la supérieure.

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