Chêne roure. DIcT. BOT., n
Quercus robur. LIN. SP., 1414.
Feuilles pétiolées oblongues, plus larges vers le sommet, sinuées, à découpures obtuses. Fruits à peu près sessiles. Ligneuse. En patois lou drouil.
a. Chêne roure à larges feuilles. Feuilles glabres, à découpures à peu près entières.
b. Chêne roure lacinié. Feuilles glabres, à découpures divisées en lobes aigus, ondulés et comme frisés.
c. Chêne roure lanugineux. Feuilles velues en dessous, à découpures entières ou peu sensiblement lobées.
d. Chêne roure frisé. Feuilles velues en dessous, à découpures divisées en lobes aigus, ondulées et comme crépues.
Le chêne roure à larges feuilles croît naturellement dans les Pyrénées, où il est beaucoup plus rare que le hêtre, le tilleul et le sapin. Il y forme un arbre de moyenne grandeur, remarquable par la grandeur de ses feuilles distinctement pétiolées, peu profondément sinuées, ayant les sinus aigus et les angles obtus, glabres tant en dessous qu’en dessus. La base n'est point échancrée comme dans l'espèce suivante, mais se prolonge sur le pétiole, diminuant insensiblement et finissant en pointe ; elle tombe au commencement de l'hiver. Les glands sont ovoïdes, souvent solitaires et presque sessiles, quelquefois agrégés en petit nombre sur de gros pédoncules axillaires, courts. La cupule est hémisphérique, raboteuse et garnie de petites écailles couchées dans les intervalles de tubercules très saillants. Ses feuilles gigantesques annoncent une végétation vigoureuse, mais il ne porte que très rarement des
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glands, ce qui nous porte à croire que le chène roure est étranger dans nos montagnes, où il est disséminé par les oiseaux glandivores. On trouve aussi cette variété dans nos plaines, où elle forme un très bel arbre, commun dans les bois de Serou. Les glands y sont agrégés et sessiles.
Le chêne roure lacinié forme un grand arbre et plus souvent un petit arbuste dont les feuilles sont plus petites, plus finement découpées, ondulées et comme frisées. Le chêne roure prend cette dernière forme dans les endroits secs exposés à la dent des bestiaux. Je l’ai trouvé formant de grands arbres sur la route de Nay à Rébénac.
Le chêne roure lanugineux forme un bel arbre, dont les jeunes rameaux sont couverts d’un duvet laineux. Les feuilles sont garnies de poils fasciculés, rares sur la surface supérieure, plus abondants en dessous sans former un tissu drapé. Elles sont peu profondément sinuées ; leurs découpures sont quelquefois obtuses, souvent aiguës et rarement lobées. Cette variété croît naturellement dans le Vicbilh, où elle est connue sous le nom de drouil.
Le chêne roure frisé se distingue du précédent par ses feuilles plus petites, presque sessiles, également garnies de poils fasciculés, un peu profondément sinuées, ayant les découpures divisées en deux ou trois dents aiguës, ondulées et comme frisées. Cette variété forme ordinairement un arbuste et paraît être une dégénération de la précédente ou de la suivante, broutées par les bestiaux.