GENRE VIBURNUM. L
VIBURNUM OBLONGUM. nov. sp.
pov Inns Dueb
DriAGNOSE. — V. foliis œquabiliter ovatis, obtuse dentatis ad cacumen, limbo incequabili ad basim et decurrente in petiolo, nervo primario eadem densitate in toto itinere, nervis secundariis multisad basim, deinde paulatim distantibus, taztisque alternis, reticulo tertiario transverso egrediente e nervis secundariis angulo fere recto.
Les deux feuilles que nous réunissons sous cette méme dénomination spécifique présentent des caractères suffisamment nets, soit que l'on s'adresse à la forme générale, soit que l'on considère les détails de la nervation, pour que leur attribution au genre Viburnum ne soit pas douteuse.
Comme on l'observe de nos jours pour ses descendants, cette plante devait affectionner les ravins où l'eau descendant en cascade, sature l'air d'humidité ; ou devaitse développer dans les sous-bois ombreux des foréts tertiaires de la région.
Le bord de la grande feuille mutilé au sommet ne permet pas d'apercevoir les dents qui devaient le garnir, celui dela petite empreinte moins rongé, est muni de deux dents obtuses. Le limbe est décurrent sur le pétiole, et présente une inflexion qui l'entache d'irrégularité, fait que nous observons dans la nature actuelle. Les nervures secondaires sont nombreuses et opposées vers la base de la feuille, elles sont trés courtes et se résolvent presque immédiatement à leur sortie en une série d'arcs qui montent le long de la marge. Les suivantes s'espacent énormément et deviennent trés ascendantes.
Quant au réseau veineux tertiaire, l'inspection des figures sur lesquelles il est représenté jusque dans ses moindres détails
en dira beaucoup plus qu'une Fic. 24. — Viburnum odoratissimum (Ker. Gawl)
longue description provenant du Jardin botanique de Marseille. g ;
Le Viburnum odoralissimum (Ker. Gawl) de Chine (fig. 24 dans le texte) se rapproche énormément de notre espèce.
Nous avons pu en examiner de trés nombreux échantillons, car il est cultivé dans le jardin du parc Borély. Il ne diffère de la Viorne de Célas que par un contour beaucoup plus arrondi.
Nous voyons dans notre Viburnum oblongum un ancétre direct des viornes que nous trouvons plus tard dans les formations du tertiaire supérieur, notamment le Viburnum rugosum Pers. var. pliocenicum (1) Sap. et Mar. du pliocène de Meximieux et le Viburnum linus L. (2) signalé par Gaudin dans les travertins toscans. Quoique se distinguant de ses congénères, l'espèce du Gard les précède et leur est affiliée de près.
OLEINÉES
GENRE FRAXINUS. (Tour) L.
FRAXINUS GROSSE-DENTATA. nov. sp.
PRLOX fie 8 dura.
DiaGyose. — F. foliis imparipennatis ? fortiter dentatis dentibus in exterior. m partem elabentibus; nervis secundariis multis, satis inordinate dispositis, non c'esinunt in dentibus, unam appendicem acc'pientibus, nervorum reticulo obsoleto, lormato e scutulis incequaliter pentagonalibus, præter prope medium nervum, ui potius sunt tetragoni longum producti.
Plusieurs empreintes dont le réseau veineux est très difficile à apercevoir nous révèlent l'existence d'une espèce de Fraxinus dans les alentours des eaux de Célas. La basé inégale des folioles faiblement pétiolées sauf les terminales (fig. 11 et 12) ; la réunion de plusieurs empreintes couchées les unes sur les autres sur une méme plaque (fig. 10) la forme de la dentelure et de la nervation sont autant de particularités qui nous confirment dans notre détermination.
Nous considérons le peu de saillie du réseau veineux, comme un fait bien caractéristique et les « nervi obsoleli » des auteurs ont un fond de vérité incontestable, à la condition toutefois que cette particularité provienne de la nature méme du parenchyme ou de la consistance des nervures et non d'une usure plus ou moins avancée de l'empreinte, ce qui, d'une manière générale, se reconnaît aisément.
(1) Saporra et Maniox. Flore de Meximieux, pl. XXXI, fig. 1-3. '(2) GauDin et SrRozzt. Contributions. Mémoire IV, DEV Hs. 7.
Dans le genre Fraxinus ce réseau est composé de fibres ne résistant pas à l'écrasement et les feuilles fournissent de trés mauvaises empreintes quand on les soumet à la presse. Nous nous en sommes facilement rendu compte en opérant sur une grande quantité d'exemplaires.
Les feuilles composées pennées reproduisent la nervation des empreintes fossiles. Le Fraxinus. oxyphylla L. en particulier (fig. 25 dans le texte) possède des organes foliaires dont la dentelure et la forme sont très voisines denotre Fraxinus grossedentata.
Les nervures secondaires ne se rendent point dans les dents qui ne reçoivent
qu'une branche anastomotique.
Une autre petite veinule se rend également au bas de la dent comme on l'observe dans le
F1G. 25. — Fraxinus oxyphylla L. du Taurus.
genre vivant.
^me en l'absence de samare l'attribution de notre espéce' aux Frénes nous
ème paraît tout à fait fondée, c'est un genre essentiellement ami des eaux, on le rencontre constamment soit sur le bord des ruisseaux soit au fond des vallées encaissées et humides.
La distribution géographique du Fraxinus oxyphylla L. qui habite l'Europe
tempérée chaude, la région Caucasique et le Taurus vient s'ajouter comme
eec p pie pou
preuve et fournit un argument de plus en faveur du rapprochement que nous proposons.
Parmi les espéces fossiles énumérées dans le traité de paléontologie végétale de Schimper nous n'avons pu en trouver aucune à laquelle la nôtre put être assimilée.
Il faut pourtant citer le Fraxinus denliculala (1) Heer., des régions arctiques comme se rapprochant beaucoup de l'espèce de Célas, surtout les figures 7 et 8 (loc. cit.) elles ne different que par quelques détails dans la forme et la denticulation et si ce n'était l'éloignement considérable des deux flores dans l'espace et dans le temps, leur composition respective, la difficulté de synchroniser à une aussi grande distance et de comparer sur de simples Les nous aurions . rangé notre espèce sous la même dénomination.
Nous ferons encore une simple remarque touchant des feuilles figurées par Unger dans le tome 111 de la Sylloge (table XV, fig. 11, et rapportées par lui au genre Acer (Acer pegasinum Ung.) La nervation manque presque complètement, mais la forme et la dentelure les ‘eraient plutôt ranger parmi les Fraxinus et dès lors elles prendraient place à côté de l'espèce de Célas.
PRIMULINÉES
GENRE MYRSINE
MYRSINE MARIONI nov. sp.
PEEXIC ETC 4,
SyNoxvIE. — Paleondron salicinum, Sap. Études sur le Sud-Est, tome 1, flore de Saint-Zacharie, pag. 6o, pl. VII, fig. r.
DiaGwose.— M. foliis angustis longisque, limbo decurrente in petiolo longo ; nervo proecipuo recto fortique, nervis secundariis flexuosis dichotomisatis etiam atque etiam juxta marginem, gignentibus reticulum marginale laqueiforme ; reticulo tertiario formato ex s:utulis mutabilibus,porrectis secundum secundarios nervos.
Les deux feuilles que nous réunissons sous ce nom, présentent tous les caractères que de Saporta a donnés pour son genre Paloeodendron. C'est pourquoi nous mettons en synonymie l'espèce de St-Zacharie (Paloeodendron salicinum Sap.) qui offre la plus grande analogie avec l'espèce de Célas.
Ce genre fondé uniquement sur des organes végétatifs réunis par des liens aussi fugaces que ceux de la ressemblance avec des feuilles de Pro-
! (1) Hger. Flore fossile arctique, Aianzkerdluck) vol. VIT, tao. LXXX, fig. 4 à 8.
— SEE eee
téacées elles-mémes si polymorphes, ne peut point donner satisfaction à l'esprit. Il est évidemment bon et méme nécessaire, quand on ne peut faire autrement, de grouper en un genre présentant des caractéres assez vagues, des organes qu'on ne saurait mettre ailleurs, du moins pour le moment, tant sont faibles nos connaissances touchant les végétaux à jamais disparus de la surface du globe et dont aucun représentant actuel ne peut nous donner l'idée. Mais il faut toujours avoir présent à l'esprit, que ce ne sont là que des classements provisoires.
L'es pèce de Célas retrace d'une manière saisissante les détails de la nervation que nous trouvons parmi les Myrsinées qui présentent un limbe large et étalé, telles sont les feuilles du Myrsine.. capitellata Wall, var. grandiflora, D. C. (fig. 26 dans le texte) des Indes Orientales et cell es du Myrsine salicina, Hew. de Tasmanie, mais la ressemblance avec ce type est beaucoup plus éloignée.
Les différentes espèces de Daphne présentent des analogies qui sont toutes de surface et ne peuvent se soutenir, quand on examine l'ordonnance particulière du réseau veineux qui est composé de mailles beaucoup plus allongées.
Le moment est donc venu de mettre à leur vraie place ces empreintes auxquelles se rapportent trés probablement aussi le Myrsine (Paloeodendron Sap.) gypsophylum nob. de la flore des gypses d'Aix.
Quant au Myrsine salicina (1) Heer., des couches de Rixhoft et Myrsine salicinea (2) Ett., de Leoben, le manque presque absolu de nervation ne permet pas de tenter une : assimilation quelle qu'elle soit. Fic. 26. — Myrsine
: d » A . capitellata, Wall.
Pourtant la feuille figurée par Heer, par sa nervure bor- "3. grandiflora
^ a P D.C. Indes Oriendante paraît se rapprocher du Myrsine salicina Heward rut
actuel. Nous sommes heureux de dédier cette espèce à notre maître, en remercie-
ment des multiples conseils qu'il n'a cessé de nous prodiguer. ED GROUND TORIO RG T cU aper rap ARC NÈNS cora EC
(1) Hger. Miocé.e Balt. flora, page 87, table XXVIII, fig. 11 et 12 a. (2) ErriNGsHAUSEN. Beitr. sù Kenntn. d.tertiarfl. Steierm., p. 56,1. IV fig. 9.
eem pa.
ERICACEES