‹ Flore des calcaires de CélasChapitre 22 sur 47 · JENA MIS · texte numérisé non relu

JENA MIS

Dracwose. — F- foliis latissimis,petiolo et nervo preecipuo crasso et succo repleto ; limbo paulum cordiformi ad basim, unde egrediuntur septem nervi basilares qui raro ferunt tertiarios nervos in externo latere. Nervi secundarii suntcrassi,oequaliter distan‘es et alterni. Reticulum venosum peculiare, formatur anastomosis transver-

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sis, flexuosis, satis obliquis erga nervos ex secundo ordine, se applicantibus in proecipuum nervum subrecto angulo et continentibus reticulum formatum ex scutulis equaliter polygonalibus, in duplice ordine dispositis.

Nous sommes resté longtemps indécis au sujet de la place que nous devions assigner à cette belle empreinte susceptible au premier coup d'oeil d'une détermination précise. Malheureusement, les termes de comparaison nous manquaient, elle est en effet très isolée parmi les feuilles fossiles et aucune d'elles, à notre connaissance, ne s'en rapproche ni de prés ni de loin.

Sa grandeur méme est la cause de sa mauvaise conservation. En effet le limbe est tronqué et mutilé à tel point que la forme générale est difficile à reconstituer. On a affaire à une feuille trés largement elliptique, dont le plus grand diamètre devait être situé un peu au-dessous de la moitié du limbe qui allait se rétrécissant vers le sommet, comme l'atteste la courbure des nervures secondaires à partir de la quatrième paire.

La base est légèrement cordiforme et le bord est entier. Toute la feuille présente un aspect parenchymateux que trahit la consistance du pétiole et des nervures de tous ordres.

La nervure médiane fait suite au pétiole. Elle est énorme sur l'empreinte fossile ; mais il faut tenir compte de sonapplatissement. Elle présente en son milieu un faisceau brun bordé de chaque côté par une bande plus claire résultant de la gaine parenchymateuse externe qui, composée de tissus beaucoup plus aqueux, a laissé sur la roche une empreinte beaucoup moins colorée.

De la base partent de chaque côté trois nervures, dont les deux plus externes épousent la forme des lobes ; quant à la plus interne elle est droite, légèrement flexueuse ettrés forte, elle émet sur sa face inférieure et comme accidentellement des nervures tértiaires, enfin les plus externes se perdent dans le réseau veineux en s'anastomosant avec lui. Les autres nervures secondaires sont fortes, droites, réguliérement alternes et commencent à se courber, à partir de la quatrieme paire environ ; elles sont réunies par un réseau d'anastomoses tertiaires assez serrées, tantót simples, tantót bifurquées et toujours assez épaisses. Elles présentent une concavité tournée vers la base de la feuille, ce qui donne au réseau tout entier un aspect concentrique. Il est lui-méme rempli par une double rangée de mailles pentagonales régulières.

Nous avons déjà dit que ce type reste absolument isolé pour le moment parmi les types fossiles. Il n'en est pas de méme quand on le compare aux types vivants. Nous avons été assez heureux pour rencontrer dans la superbe iconographie des annales du jardin royal botanique de Calcutta une espèce indienne qui retrace dans les grandes lignes celle de Célas. C'est le Ficus grandis. (1)

(1) Annales of Roy. bot. garden v. Calcutta, année 1888, pl. 214.

King. qui sauf le bord crénelé et la base légérement moins cordiforme, est en tout semblable à l'espèce fossile.

Nous sommes heureux de dédier cette belle espèce à M. le docteur Heckel qui, en nous faisant l'honneur de nous attacher à sa chaire comme préparateur, nous a procuré des matériaux de travail considérables, et nous a toujours témoigné une bienveillance qui a facilité notre tàche et nous a soutenu dans nos travaux.

FRUCTUS FICI PU X, 8: 5.

Les fruits du genre Ficus sont excessivement rares dans les couches géologiques, et la raison en est extrémement simple ; leur consistance seule justifierait leur absence ; il faut encore y joindre, pour la plupart des espéces, la destruction par les animaux, oiseaux et mammifères, qui en sont trés friands. Néanmoins l'extréme abondance des feuilles de figuiers dans le gisement de Célas paraissait nous autoriser à rechercher les restes des fructifications.

La figure 5 de la planche X que nous avons dessinée avec le plus de soin et d'exactitude possibles était susceptible d'interprétations si diverses, que nous ne nous sommes décidés que fort tard à y reconnaitre l'organe auquel nous l'assimilons aujourd'hui, assimilation que nous pensons parfaitement légitime.

La présence dans le gisement du Gard d'une feuille de Plerospermum nous avait fait penser à un fruit javanais appartenant à ce genre ; mais la coque étant aussi dure que le pédoncule, on ne s'expliquait plus du tout la différence marquée entre l'empreinte de l'organe et celle de son support, cette différence que le dessin n'a malheureusement pas pu rendre d'une maniére tout à fait satisfaisante se voit admirablement sur la plaque de calcaire gris qui nous a conservé cette curieuse empreinte.

Le genre Gardenia signalé par Heer dans la flore dela Baltique présente bien, lui aussi des fruits costellés, mais la base et l'insertion de l'organe sur son pédoncule diffèrent notablement dans le fruit que nous avons sous les yeux et par suite l'aspect général est bien différent.

Un rameau de Genipa americana figuré par Baillon (Dictionnaire de botanique) avait mis notre esprit en éveil, mais ce fruit demandait vraiment des interprétations par trop subtiles, pour qu'elles répondissent vraiment à la réalité des faits. ;

D'autres genres encore ont été examinés ; ce sont : parmi les Sapotacées les genres Oxytheca et Chrysophyllum. L'Oxytheca fabrilis (Pierre) présente des fruits qui auraient pu parfaitement soutenir la comparaison. Ils sont marqués de

sillons assez profonds qui auraient pu donner lieu à une empreinte semblable à celle que nous considérons. Mais, de même que dans plusieurs espèces de Chrysophyllum le pirigone est constamment accrescent, et entoure la base du fruit d'une petite collerette dont nous ea retrouvons plus aucune trace dans le fruit de Célas. Cette interprétation devait donc dès lors être abandonnée.

Au contraire, certains fruits de figuier, notamment parmi les Ficus indiens et malais, présentent une forme analogue ; car ilest facile de reconstituer le contour du fruit fossile. Il est en massue un peu plus élargi au sommet qu'à la base. D'autre part, l'empreinte très faible du pédoncule par rapport au fruit qui le surmonte, prouve nettement que le support était parenchymateux ; tel est celui qu'on observe dans les figues sensu lalissumo. La surface absolument plane du reste de l'empreinte était encore une preuve qu'il ne. devait point exister une coque externe résistante.

Restait donc dés lors à expliquer les nombreux plis assez profonds qui sillonnent irrégulièrement l'empreinte.

Ils proviennent tut simplement des rides qui se produisent à la surface des figues coriaces qu'on fait sécher à l'air. Il est bien entendu que le mot figue ne doit point éveiller en nous l'idée de la consistance des fruits édules de notre Ficus carica, mais bien celle de certains Ficus (Ficus repens) par exemple, que nous rencontrons assez fréquemment dans les jardins, et qui ont la consistance du cuir.

Nous avons du reste mis à sécher de semblables fructifications et nous avons

observé ces plis trés accentués qui, vu leur consistance ont parfaitement pu donner lieu à l'empreinte que nous considérons et ont éloigné de notre esprit les doutes que nous concevions à l'égard de cet échantillon qui risquait fort de demeurer à l'état d'énigme.

. Parmi les fruits des Ficus actuels qui rappellent par leur forme le fruit fossile on peut citer Ficus foveolala (Wall), Ficus aurantiaca (Griff), | Ficus punctata (Thunb) et sa variété falcala, Ficus apiocarpa (Miq), ce dernier surtout présente une forme absolument semblable à celle du fruit fossile, il.ne nous a été malheureusement pas permis d'en connaître la consistance.

Nous préférons ne pas proposer une assimilation quelconque avec les feuilles de ce genre trouvées dans le gisement. Elles sont si variées que le rapprochement de cet organe à telle ou telle espèce serait guidé seulement par des considérations arbitraires qu'on doit soigneusement bannir de la science.

GENRE ARTOCARPUS. Forsr.

ARTOCARPUS LATIFOLIA. nov. sp.

PH pues 21

DiaGNOSE. — A. foliis duris, late ellipticis, subrhomboidibus, nervo proecipuo crasso, nervis secundariis oppositis, multum distantibus, margini conjunctis, ordinata serie fornicium, nervis tertiariis parallelis egredientibus e secundariis recto argulo, inter se stipatis continentibusque quaternarium reticulum duplice ordine scutularum pentagonalium formatum.

Il est regrettable que nous ne possédions de cette espèce qu'un fragment de feuille. Néanmoins en examinant attentivement les caractéres, que ce lambeau permet d'apercevoir et d'exploiter, il semble que son attribution au groupe des Artocarpées ne fasse aucun doute.

Le bord est suffisamment conservé pour pouvoir par la pensée reconstituer la forme générale.

C'était une feuille ample, de forme ovale, deltoide, paraissant se terminer en pointe allongée vers la partie supérieure. Le limbe parait avoir été décurrent sur le pétiole ou tout au moins atténué petit à petit vers la base.

La nervure primaire est forte, droite; de celle-ci s'échappent des nervures secondaires également fortes et rigides, opposées, et laissant entre elles un assez grand espace; elles partent presque à angle droit, puis se recourbent brusquement, gagnent la marge aupres de laquelle elles se recourbent de nouveau et montent en décrivant une série régulière d'arceaux.

Elles sont réunies par des anastomoses tertiaires qui viennent s'appuyer contre elles à angle droit, celles-ci sont simples ou bifurquées, simulant des mailles pentagonales irréguliéres et remplies par une double rangée de mailles pentagonales régulières formées par les nervures d'un rang immédiatement supérieur.

Cette nervation si caractéristique du groupe, laisse néanmoins subsister un certain doute, en ce qui concerne l'attribution générique.

L'opposition des nervures tendrait à rapprocher cette empreinte du genre Olmedia représenté de nos jours par six espèces vivant dans l'Amérique tropicale, mais l'ascendance du réseau et la forme générale du limbe la rapprocheraient plutôt du genre Arlocarpus et plus particulièrement de l'Arfocarpus rigida L, espèce américaine.

Onobserve dans les figures données par Ettingshausen (Skelette der Dicotyledonen, tab. XIV, fig. 1), une particularité dans la nervation marginale de l'espèce vivante et que nous ne retrouvons pas dans l'espèce fossile. Chez celle-ci les

arcs marginaux sont formés de nervures tertiaires de méme force, ce qui n'existe pas chez celle-là. Pourtant nous possédons dans l'herbier du Muséum de Marseille une feuille d' Arlocarpus rigida L., qui ne présente qu'un très petit nombre de fois cette particularité et qui dès lors présente avec l'Artocarpus de Célas une trés grande anologie.

GAMOPÉTALES

Sur les soixante types à peu prés qui composent la flore de Célas, nous comptons à peine cinq espèces appartenant au grand groupe des Gamopétales.

Du reste dans toutes les flores tertiaires, cette sectionest trés mal représentée.

Doit-on attribuer ce fait à ce que ces plantes n'ont eu que de faibles représentants durant les périodes géologiques qui nous ont précédés ?

Nous ne le croyons pas.

Il est beaucoup plus rationnel nous semble-t-il de penser que leurs débris ne nous sont point parvenus à cause de leur nature méme.

La plupart des groupes sont composés de plantes herbacées annuelles ayant des organes foliaires de consistance papyracée.

Parmi les quarante familles à peu près énumérées dans les traités spéciaux, dix seulement ont la majorité de leurs espéces arborescentes ou tout au moins ligeuses. Nous trouvons précisément ces groupes assez richement représentés pendant la période tertiaire. Ce sont les Ericacées avec les Andromeda, les Myrsinées, les Sapolacées, les Ebénacées avec les Diospyros, les Oleinées avec les Fraxinus, les Apocynées avec les Nérium, les Bignoniacées, les Caprifoliacées parmi lesquelles nous trouvons les Sambucus et les Viornes qui sont des témoins irrécusables, enfin les Composées elles-mêmes nous sont connues par des akènes surmontés d'une aigrette qui pour être peu nombreux n'en ont pas moins une grande valeur.

L'ordre d'apparition des végétaux sur le globe en ce qui concerne du moins les dicotylédones prises en particulier, ne peut pas étre invoqué comme un fait établissant une supériorité quelconque. Puisque leur absence dans les couches géologiques paraît bien moins provenir de leur absence ou de leur subordination

que de la nature méme des restes que nous ont transmis les différentes formations.

LONICÉRÉES

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