GENRE RHODODENDRON. L
RHODODENDRON CÉLASENSIS. nov. sp.
Turcos TER
DiacNosE. — R. foliis undatis oris, lanceolatis, nervo prcecipuo recto fortique in toto itinere, nervis secundariis inordinate distantibus, egredientibus angulo incequabili sed semper peraperto, prope marginem conjunctis appendice tertiaria deinde ascendentibus proeter oram seriem arcuum gignentibus, nervis secundariis truncis in reticulo venoso desinentibus ex magnis scutulis inæqualibus pentagonalibu:que formato.
Le genre Rhododendron, aujourd'hui répandu abondamment dans l'Asie montagneuse et l'Amérique du nord, possède quelques représentants dans l'Europe méridionale et centrale, et remonte méme jusqu'en Laponie.
Sa présence dans nos régions pendant le cours de la période tertiaire n'a absolument rien d'improbable, mais les feuilles qu'on rapporte à ce genre, sauf celles du Rhododendron Haueri (1) Ett. sont d'une conservation trop imparfaite pour qu'on puisse rien affirmer à leur sujet et du reste elles ont été ballottées par les auteurs et placées soit dans le genre Juglans,soit dans le genre fossile A pocynophyllum.
La présence de ces végétaux dans le sud-est français n'a point été. signalée encore, mais à vrai dire, l'éloignement des régions granitiques dont le Massif des Maures et de l'Estérel sont les seuls représentants dans le midi, était un argument pour qu'on ne recherchàt point ces plantes qui affectionnent d'une façon toute particulière les sols siliceux.
Il n'en est pas de méme en ce qui concerne le bassin du Gard et la région de Célas en particulier. En effet, si l'on jette un coup d'œil surla carte géologique de la contrée, on remarque que la région lacustre est bordée à l'ouest par une masse considérable de terrains talqueux avec ilots granitiques disséminés cà et là et qui sont distants de la région de Mons seulement de huit kilomètres.
Du reste d'aprés une communication que nous devons à l'obligeance de Cad Gor (o NU CO CUu DIOE MM EE MAE APR NE ME
(1) Ernncsuausen. Flore foss. de Bilin, t. XXXIV, fig. 19.
M. Marion et résultant d'observations faites par lui dans la région du Caucase où abondent les végétaux de cette nature, il résulterait que le Rhododendron ponticum L. croît fréquemment sur des terrains siliceux placés sur le subtrastum calcaire qu'ils ont recouvert par suite des éboulements.
Ces faits ajoutés aux caractères tirés de la feuille elle-méme plaident en faveur de l'assimilation que nous proposons pour l'empreinte fig. 11 de la planche XII.
Le limbe légèrement ondulé sur les bords est un peu plus lancéolé que dans les espèces actuelles dont le plus grand diamètre se trouve situé vers le tiers supérieur, mais la nervation retrace celle que nous observons dans le Rhododendron niveum Hook de l'Himalaya.
La nervure principale forte et droite conserve une épaisseur notable jusqu'au sommet de la feuille ; mais c'est surtout dans l'ordonnance des nervures secondaires que nous trouvons le trait vraiment caractéristique. Celles-ci en effet comme dans l'espéce actuelle ne sont pas également distantes les unes des autres, et émergent de la principale sous un angle d'ouverture variable. Elles se replient le long de la marge en donnant lieu à une série d'aréoles assez régulièrement losangiques ; mais la première nervure tertiaire aréolaire plus forte que les autres donne l'illusion d'une fausse dichotomie. Au point de jonction de cette branche anastomotique, la nervure secondaire se déjette brusquement vers le sommet de la feuille. Il y en a beaucoup d'incomplétes quise résolvent dans le réseau tertiaire ; celui-ci se compose d'une série de grandes mailles polygonales réunissant les veines secondaires.
Les Rhododendron de Schossnitz (Rhododendron relusum, Rhododendron rugosum, Goepp) (1), à cause de leur base inégale sont évidemment des folioles appartenant probablement à une seule espéce. Heer, a proposé de les rapprocher du Juglans velusta, Heer. L'examen de la nervation rend la chose peu probable. Elles pourraient plutót appartenir à une Zanthoxyllée et se placeraient auprès du Zanthoxyllon cauliflorum, Stend.
(1) GazPPERT. Flore de Schossnitx, t. XXII, fig. 14-15.
ARALIACÉES
GENRE ARALIA. (Tounx.) L.
ARALIA (Oreopanax) RIGIDA., nov. sp.
Pi ilot,
DiAGNOSE. — A. foliis palmatipartitis ? duris, segmentis mediis proebentibus fortem nervum ex quo nascuntur secundarii nervi fortes quoque, angulo aperto egredientes; orce fortiter laciniosce, proebenti dentes breves, compactas, rapide tenuatas in acumine. Externis segmentis proebentibus nervum medium graciliorem, orce tantum modo fortiter obtuseque dentatoe.
Les deux fragments sur lesquels nous fondons ce nouveau type fossile, présentent malgré leur état trés imparfait de conservation une physionomie trés nette d'Araliacée.
Nous àvons affaire avec une de ces nombreuses formes d'Oreopanax à feuilles digitées.
Le fragment représenté, fig. 10 (le mieux caractérisé) faisait partie d'un segment médian. Il est muni d'une nervure principale trés forte. Les nervures secondaires s'échappent sous un angle assez obtus, quelques-unes méme émergent presque à angle droit ; elles se terminent dans des lobes courts, trapus et brusquement atténués en pointe.
Nous y avons réuni le fragment représenté figure 13 à cause d'abord de sa consistance trés coriace et ensuite parce que nous avons observé sur un assez grand nombre d'Oreopanax de la nature actuelle les mémes particularités et les mémes différences que nous remarquons dans les deux empreintes fossiles.
Ces plantes, en effet, ont les digitations médianes du limbe parcourues par une nervure forte et présentant sur leurs bords des lobes prononcés tels que nous les voyons sur la figure 10 de la planche XII, tandis que les digitations les plus externes présentent une nervure médiane déliée et des dents relativement beaucoup plus faibles. :
Assez isolé parmi les types fossiles, notre Aralia n'est pas sans présenter quelques rapports avec Aralia mullifida (1) Sap. d'Aix. Mais par ses segments beaucoup plus larges, ses nervures secondaires plus ascendantes,ses lobes beaucoup plus aigus, l'espèce d'Aix s'éloigne suffisamment du type de Célas pour ne pouvoir les réunir.
Dans la nature actuelle, c'est à la flore si riche en Araliacées dela Nouvelleen IR NU M REIN RU PET TU PMIEOUNGRNHEE S COE
(1) De Sarorra. Études sur le Sud-Est, tome I, page 115, tabl. XII, fig. r.
Grenade, qu'il faut s'adresser pour retrouver un type analogue, nous le rencontrons dans l'Oreopanax brachybotryum Den. et PI.
Nous avons encore désigné notre espèce par le terme générique d'Aralia en nous contentant de le faire suivre de celui de la section (Oreopanax). En effet, nous ne disposons point en botanique fossile de matériaux suffisants pour établir des sections comme on peut le faire quand il s'agit des végétaux de la nature actuelle. Il vaut mieux amasser des matériaux exactement déterminés et ne point au début d'une science se perdre dans des détails qui, s'ils ne sont pas inutiles, surchargent la nomenclature en introduisant dans la science une diffusion excessivement préjudiciable à la compréhension des faits.
ARALIA (acaNTHoPANAX) ANTECEDENS. nov. sp.
PL. XII, Fic. 14.
DiacNosE. — A foliis compositipalmatis, quinque foliolatis ? limbo incequaliter ovato ad basim in foliolis externis ; oroe munitæ superiori parti dentibus ob/usis, nervis secundariis angulo acuto egredientibus, natura ipsa parum conspicuis.
C'est aprés avoir longuement hésité que nous avons placé cette petite foliole dans le genre Aralia.
Au premier abord et aprés un examen superficiel, les Myrsinées avec leurs feuilles dentées seulement à la partie supérieure se présentent à l'esprit ; mais pour bien des raisons nous ne pensons pas devoir classer cette feuille dans cette famille.
Premièrement à cause de la forme méme des dents qui sont beaucoup plus obtuses que dans les espèces du genre Myrsine, deuxiémement à cause de la consistance des feuilles et du peu de saillie des nervures qui sont ordinairement bien conservées sur les dalles calcaires de Célas ; leur absence dans l'empreinte considérée provient sans doute de leur consistance méme. Un grand nombre de feuilles d'Araliacées donnent du reste des empreintes semblables quand on les soumet à une forte pression ce qui n'est pas le cas pour les organes similaires de la famille des Myrsinées, chez lesquelles le réseau. veineux donne à l'impression une image très nette et très détaillée ; troisièmement enfin la base inégale, concave d'un côté, convexe de l'autre, montre que l'on a affaire à une foliole détachée d'une feville composée palmée.
Nous avons été assez heureux en feuilletant l'herbier du Muséum de Marseille de rencontrer un exemplaire d'un Aralia japonais (Acanthopanax spinosum, Miq.) qui reproduit trait pour trait l'empreinte de Célas. Cette ressemblance est telle que le doute ne peut subsister un seul instant et justifie la dénomination spécifique que nous lui avons imposée.
La petite foliole de Célas était certainement l'une des plus externes de la feuille palmée.
Nous ne connaissons pas dans les flores fossiles d'Aralia qui lui soit comparable.