AMPÉLIDÉES GENRE VI TS. A
VITIS DUBIA. nov. sp.
PL. XIII, Fic. 2.
DiaGNosE. — V. foliis fortissime partitis, septem auriculis, petiolo longo et colliso ad extremum, nervo basali bifurcato.
Voilà une belle empreinte qui aurait pu donner lieu à une excellente détermination si elle avait été moins imparfaite.
La feuille ne tient certainement pas au sarment qui est couché sur elle. Après un examen attentif et fait à plusieurs reprises, on se convainc que l'épatement du pétiole ne fait que toucher la branche qui du reste ne porte aucune trace du coussinet d'insertion.
Elle possède une nervure basilaire bifurquée qui jointe à la forme méme du limbe justifie l'attribution que nous avons faite de Face sapérieure. cet organe au genre Vifis, malheureusement l'empreinte trés fruste ne permet pas d'apercevoir la nervation tertiaire. Le limbe lui-même est trés mutilé ce qui en rend la reconstitution assez difficile. Pour-
tant nous pensons que le nombre des lobes était considérable et devait s'élever à sept.
Par la forme du lobe terminal, ainsi que par la découpure du limbe, cette vigne fait penser au Vilis candicans (Engelm.) (fig. 28 dans le texte) qui présente des feuilles semblables comme aspect général. Mais enl'état nous ne saurions rien ajouter de MEET CANI
plus, les documents n'étant pas suffisam- ^ pio, 28, — Vitis candicans (Engel.), prov. de l'herbier de Saporta.
ment précis sur ce point.
ANONACÉES
GENRE ANONA. L.
ANONA INCERTA, nov. sp.
Pr. XII, Fre. 7.
Di^cNosE. — A. foliis largiter ellipticis oris parallelis in medio limbo, semper petiolatis, venoso reticulo maxime conspi:uo et tenuissimo, primis nervis secundariis in formam S; aliis curvatis, cavo superiore. Tertiario reticulo perpendiculario ad secundarium satis denso, ultimo nervo formato scutulis œqualiter pentagonalibus, duplice ordine dispositis.
Quoique d'une attribution assez incertaine, le fragment de feuille que nous figurons (pl. XII, fig. 7), nous paraît présenter des caractères suffisamment nets pour qu'il nous soit permis de le rapporter au genre Anona. Nous le plaçons dés lors à côté du type del'Anona squamosa. L. espèce américaine.
La portion du limbe conservée est assez grande pour qu'on puisse le reconstituer en entier par la pensée.
La feuille était assez allongée et les bords pendant un certain parcours devaient être presque parallèles. La consistance paraît avoir été papyracée sans exclure toutefois une certaine fermeté.
Elle était portée sur un pétiole court et ligneux.
Tout le réseau veineux, du reste, était composé de trachéides résistantes qui ont donné lieu à une empreinte trés nette et tres détaillée.
Les nervures secondaires plus rapprochées vers le bas du limbe s'espacent à mesure qu'on s'avance vers le sommet. Les trois premières présentent une courbure qui d'abord convexe devient concave alors que les nervures supérieures uniformément courbes sur toute leur longueur, présentent une concavité tournée vers le sommet de la feuille.
Le réseau tertiaire est formé de veines disposées suivant un mode analogue à celui que nous rencontrons dans le genre Anona. Les intervalles laissés par les nervures sont remplis par un réseau ultime formé de mailles régulièrement pentagonales et disposées sur deux rangs.
L'attribution que nous proposons pour cette feuille nous paraît encore justifiée par ce fait que le genre est représenté dans le pliocène de Meximieux (Ain), où de Saporta et M. Marion ont signalé l'Anona Lorleli (1) Sap. et Mar. Ces végétaux n'ont donc cessé d'habiter nos régions pendant toute la durée des temps tertiaires.
(1) Saporra et Marion. Fl. foss. de Mex'm'eux, page 142, pl. XXXII, fig. 5.
MENISPERMÉES
GENRE COGCCUTUS. D C.
COCCULUS INTERMÉDIUS. nov. sp.
PLXIT, E16; 12:
Pr EG TS
DiaaNosE. — C. foliis ovaticordiformibus, petiolo longo et gracili, inserto ron exacte in basi limbi qui percurritur quizgue aut sepiem nervis; nervis lateralibus internis fortibus parum divaricantibus de prœcipuo conjunctis juxta marginem cum primo nervo secundario qui modo apparet altissime. Nervis lateralibus externis fere protinus conjunctis cum tertiariis natis ex externo latere nervorum lateralium internorum et gignentibus seriem arcuum juxta marginem ; venoso reticulo facto elatis scutulis formatis nervis tertiariis, repleto quaternis scutulis quce pro ratione sunt magnce.
La famille des Ménispermées est trés pauvrement représentée dans les flores tertiaires, et si ce n'étaient quelques jalons isolés, on aurait tout lieu de croire qu'elle était absente de l'Europe à l'époque qui nous a précédés.
Pourtant sa dispersion géographique actuelle et le cantonnement de certains de ses genres, qui possèdent une aire restreinte, ser:blent indiquer lo contraire.
Les quelques fossiles décrits prouvent peut-être que les auteurs n'ont point porté suffisamment leurs investigations du cóté de cette famille. Elle fait de nos jours complétement défaut à l'Europe et comprend surtout des formes tropicales. Les espéces des zones tempérées boréales se rencontrent depuis l'Orient de l'Asie jusqu'au versant de l'Atlantique de l'Amérique du Nord.
De Saporta et M. Marion ont signalé deux espèces, l'une provenant des marnes éocénes de Gelinden et appartenant au type du Cocculus laurifolius D. C. ; une autre dans les formations pliocènes de Meximieux (Cocculus latifolius Sap. et Mar.\ appartenant au type du (Cocculus Carolinus D. C.). Ces auteurs signalent la ressemblance excessive qui existe entre le Populus arclica Heer (1) et le Cocculus latifolius de Meximieux. Cette manière de voir paraît correspondre parfaitement à la réalité des faits.
C'est à ce type aussi qu'il nous faut rapporter notre espèce. Ces plantes (car nous rangeons le Populus arclica Heer dans le genre Cocculus) étaient éloignées par le temps et par l'espace, elles restaient sans intermédiaire. Les formations eI unpo t E M MI E datae LER ND
(1) Her. Flore fossile arctique, vol. I, page 100, tab. V.
eec EQ om
de Célas viennent en partie combler ce vide en nous faisant connaitre un Cocculus parfaitement authentique.
La feuille tronquée au sommet n'en présente pas moins une physionomie bien caractéristique. Elle est munie d'un pétiole assez long et délié présentant à la base un faible épatement. Il se renfle légèrement à son point d'insertion avec le limbe et il ne parait point émerger exactement du bord du limbe.
La feuille échancrée en coeur à la base est sillonnée par cinq nervures bien visibles; ce nombre est porté à sept dans les feuilles qui présentent des lobes plus accentués.
La nervure principale est forte. La paire de latérales internes monte dans la feuille en divergeant légérement et s'anastomose prés de la marge avec les nervures secondaires qui ne commencent à se montrer que vers le sommet de la nervure médiane. Quant aux paires externes elles se résolvent presque immédiatement en s'anastomosant avec les nervures tertiaires issues de la face externe de la nervure latérale interne, en formant une série d'arceaux qui bordent la marge. Le réseau veineux est composé de nervures tertiaires fortes qui forment de grandes mailles pentagonales, bien caractéristiques remplies par des nervures de quatrième ordre, donnant naissance à un réseau plus fin mais dont les mailles, toutes proportions gardées, sont de grande dimension.
En regardant seulement d'une maniére superficielle la forme générale et les autres caractères, on pourrait peut-être attribuer ces feuilles au genre Clémalis, mais le rapprochement ne saurait soutenir la discussion. Les nervures basilaires sont beaucoup plus nombreuses dans ce genre de Ranunculacées, leur courbure épouse plus ou moins la forme du limbe et ne présente pas la divergence que nous observons dans le Cocculus. Les nervures secondaires ascendantes commencent à se montrer trés prés de la base et le réseau veineux tertiaire présente une ordonnance qui le sépare nettement de celui existant dans le genre Cocculus. Ces raisons nous semblent suffisantes pour justifier notre attribution.
Les feuilles de Célas sont beaucoup moins ovales que celles de l'espéce des Meximieux et c'est avec le
FiG. 29. — Coccius : 3 * (Pachygone) orata Miers Cocculus (Pachygone) ovata Miers (fig. 29 dans le ar Timor.
texte) espèce de Timor qu'elle a le plus de ressemblance. Le Tm est seulement moins cordiforme dans l'espéce actuelle. Mais ‘tous les autres caractères sont identiques. Une pareille différence existant dans
me
les feuilles d'une méme espèce vivante, ne doit pas faire abandonner une attribution qui nous paraît parfaitement légitime.
RANUNCULACÉES
GENRE CLÉMATIS (Tounx) L.
CLÉMATIS (FRucrus) Do MIDI BB
DiaGNosE. — C. fructui ovato parvum mucronato ad basim, longo flagello ad summum munito. ;
L'empreinte figure 8, représente un fruit grandeur naturelle, celui de la figure 9 que nous marquons d'un point de doute est vu sous un grossissement de deux diamètres.
. Déjà signalés par Heer dans la mollasse suisse ce sont de petits fruits ovoïdes
portant à leur base un petit mucron qui correspond au point d'insertion de l'organe avec le thalamus. Le sommet est muni d'un long flagellum dépourvu des poils qu'on observe sur les organes similaires des fruits de clématites actuelles, mais cela tient uniquement au mode de fossilation qui doit étre extraordinairement délicat pour nous conserver des organes aussi ténus.
Il serait superflu de donner à ces fruits une dénomination spécifique ; ils sont néanmoins les témoins de la présence de cette gracieuse liane aux touffes élégantes qui se trouvait aux environs d'Alais au commencement de la période tertiaire et qui ne les a désormais plus abandonnés.
NYMPHCEACÉES
GENRE NYMPHŒA (Tounx) L.
PL. XII, Fi6. 10.
HgER. — Flore tertiaire suisse tome 3, page 30, table CVI et CVII fig. r.
La famille des Nymphoeacées est représentée dans le riche gisement de Célas par un unique lambeau de feuille. Nous ne rencontrons point ces innombrables débris représentés surtout par des coussinets foliaires qui sont si abondants dans les autres gisements du Sud-Est français, particulièrement dans celui du bois d'Asson prés de Manosque, et dont de Saporta a donné une belle monographie.
Nous ne devons attribuer cette pauvreté qu'à la station méme où ont été
-— 2 ou
recueillies les plantes fossiles car l'on sait fort bien que dans les eaux tranquilles des lacs, ces plantes une fois introduites se développent d'une façon prodigieuse au point de recouvrir toute la surface des eaux, quand les fonds permettent leur établissement.
La présence d'un fragment de feuille dans le gisement est pour nous une preuve non du petit nombre des représentants de ces végétaux, mais seulement de ce fait que les restes que nous possédons ont été enfouis à un endroit où jadis ces plantes ne pouvaient croître. Elles devaient prospérer et se multiplier non loin de là. :
La feuille que nous avons à examiner possède deux lobes accentués et divergents. Sa physionomie nous permet de la ranger tout naturellement à côté du Nymphoa Charpenlieri Heer., des marnes dela Pandèze et méme de l'assimiler à cette espéce sans qu'il soit possible de décider avec de tels restes si l'identité est absolument justifiée. Il faut espérer que de nouvelles trouvailles nous permettront de contrôler sur de meilleurs échantillons la détermination que nous croyons en l'état parfaitement fondée.
STERCULIACÉES
GENRE PTEROSPERMUM SCHREB.
PTEROSPERMITES INCRASSATUM nov. sp.
BOO XU Bae de
DiacNo:E. — P. foliis ample orbicularibus ? cordiformibus ad basim ? petiolo longo crassoque positis, nervis crassis sex investigio sed certe frequentioribus, nervis secundariis egredientibus e prcecipua longo intervallo basis ; nervis basalibus ferentibus in duobus lateralibus secundarios nervos ; venoso reticulo tertiario formato ex anastomotibus ducentibus orbes concentricos et inter se conjunctis scutulis magis tenuibus pentagonalibus perpendiculariisque.
C'est en nous basant sur des caractères exclusivement tirés de la nervation, que nous avons déterminé cette empreinte qui pendant longtemps était restée pour nous une énigme ..
Extrémement mutilée sur tout son pourtour, elle ne présente plus aucune trace de bord et il est dés lors impossible d'en retracer virtuellement le contour ; nous manquions donc dans nos recherches du secours précieux de la forme générale.
Aprés un examen minutieux nous lui assignons une place dans la famille des Sterculiacées à côté du genre Plerospermum en faisant suivre le nom de la finale dubitative consacrée.
Portée sur un pétiole fort, cette feuille présente en l'état six nervures égale-
RE Uu TT
ment /rès épaisses (surtout les plus externes). Les nervures que nous apercevons sur le bord du limbe conservé ne sont donc point les dernieres et la feuille devait s'étaler largement vers le bas en forme de cœur.
Les nervures basilaires voisines de la principale présentent une particularité assez rare dans les feuilles possédant ce genre de nervation, elles possèdent des nervures secondaires aussi bien sur le côté supérieur que surle cóté inférieur. Nous remarquons précisément le méme fait sur les organes appendiculaires du Pferospermum acerifolium Benth. des Indes orientales.
La nervure médiane porte des nervures secondaires qui alternent régulièrement et qui commencent à se montrer seulement à une assez grande distance de la base. Une de ces nervures se bifurque immédiatement à la sortie de la principale. C'est un fait que nous avons observé sur les feuilles d'un genre voisin (Glossosemum Bruguieri Desf.) de l'Asie mineure et de la Perse.
Enfin le réseau veineux achève de donner à cette nervation son allure caractéristique. Il est composé de nervures transverses disposées d'une facon concentrique affectant la forme d'une toile d'araignée et réunies par un réseau plus fin perpendiculaire parfaitement visible, composé de mailles pentagonales alternes et placées sur une double rangée.
La nervation générale qu'on observe sur le cóté droit de la feuille retrace trait pour trait celle qu'on rencontre dans les organes similaires du Slerculia platanifolia L. de l'Extréme-Orient.
Vu ces nombreux points de rapprochement nous pensons que l'attribution que nous avons proposée correspond à la réalité des faits.
La figure que nous devons au pinceau de M. Gustave Martin présente un aspect chiffonné qui reproduit exactement ce quenous observons surl'empreinte. Cette feuille a dà étre enfouie rapidement dans les matériaux qui ont formé les couches géologiques avant que son séjour prolongé dans l'eau lui ait fait reprendre son extension primitive.
De nombreux fossiles ont été rapportés à ce genre. Nous citerons comme se rapprochant du nôtre Plerospermiles inæquifolius (1) Sap. (Platanus dubia Watt.) (2) des travertins anciens de Sézanne. Les feuilles figurées par Wattelet présentent des nervures émergeant des deux cótés des latérales internes.Citons aussi Sterculia Ludwigii Sch. (3) (Dombeyopsis Decheni Ludw.) (4) des lignites de Wetterau qui sans présenter le caractère précédent possède une nervation sem-
blable.
(1) Saroera. Prodrôme d'une fl. foss. des travert. de Séganne, p. 114 t. XII, fig. 3-5. (2) WarrELET. Plant. foss. du Bassin de Paris, page 164 t. XLVII, fig. 3.
(3) Scuimrer. Traité, tome III, page 102. :
(4) Lupwic. Paléontographica vol. VII, p. 120: tX DIAS fige.
MALPIGHIASTRÉES
GENRE. BANISTERIA. L.
BANISTERIA VASSEURI. nov. sp.
pr XU Bt. $4
Diacnose. — B. foliis lanceolatis, maximo diamctro sito in tertia inferiore parte limbi integerrimi petiolo satis longo et gracili, nervo prœcipuo recto, œqualiter attenuato usque ad summum ; nervis secundariis œquabiliter alternis prœter primam parem, egredientibus e prcecipuo angulo subrecto, deinde se flectentibus fortiter ad summum, fingentibusjuxta marginem seriem areolarum multo longiorum quam latiorum facie peculiare, nervis tertiariis gracilibus et satis propinquis inter se egredientibus e superiore nervo secundario sub angulo peracutoet attingentibus inferiorem sub angulo apertissimo, sic formantibus reticulum fere ex transverso dispo. situm. — Samarce composite nucula munita ala forte et membranacea, sulcata nervis parallelis. Fructus est gibberosus «t munitur appendicibus uncinatis pecularibus.
Divers genres de la famille des Malpighiastrées sont représentés dans les dépôts tertiaires de l'Europe par des fruits qui rendent leur existence indiscutable. ù
Les feuilles d'autre part qui sont rapportées avec ses organes aux mêmes genres sont douteuses parce que la nervation est dans la plupart imparfaitement conservée.
Le gisement de Célas contient l'empreinte d'une feuille et d'une samare dont l'aile est rongée, nous allons en donner la description ; elles nous paraissent devoir prendre place d'une manière certaine dans cette famille.
La feuille unique mais d'une conservation admirable est assez longuement pétiolée. Le limbe est en forme de fer de lance. Son plus grand diamètre étant situé dans le tiers inférieur. Il est traversé par une nervure principale droite assez forte allant en s'amincissant d'une manière régulière jusqu'au sommet qui est aigu sans étre acuminé. De cette nervure principale s'échappent sous un angle presque droit, les nervures secondaires qui se recourbent largement et forment le long de la marge une série d'aréoles beaucoup plus longues que
5 8 larges, les unes en forme de losange, les autres de parallélogrammes.
Les premières nervures secondaires sont opposées, émergent presque de la base de la feuille et suivent de trés prés la marge. Quant aux autres, elles sont réguliérement alternes jusqu'au sommet.
Le réseau tertiaire, qui les unit, donne à la nervation générale sa physionomie propre et bien caractéristique. Il est composé d'une série d'anastomoses fines
et assez serrées s'échappant de la nervure supérieure sous un angle trés aigu et venant aboutir sur la nervure inférieure sous un angle trés obtus. Ce qui donne naissance à un réseau presque horizontal. L'inspection de la figure fera mieux comprendre notre pensée. Nous nous contenterons donc d'y renvoyer le lecteur.
Le fruit est une samare composée d'une graine munie d'une aile très développée, malheureusement rongée sur notre empreinte. Comme la majorité des organes conservés dans le calcaire de Célas elle est trés macérée de telle sorte que les saillies qui ornent généralement les fruits de Banisteria sont représentées sur l'empreinte par des taches plus foncées que nous interprétons de cette manière.
La forme irrégulière du contour jointe à la présence d'un appendice en forme de bec recourbé en dessous sont pour nous autant d'indices qui nous font ranger cet organe dans la famille des Malpighiastrées, et dés lors il prend tout naturellement place à côté des fruits de Banisteria.
C'est au Banislerra argentea Spreng. du Brésil que nous comparons notre espece. Les fruils et les feuilles présentent énormément de rapports avec les empreintes de Célas.
Dans les autres genres de cette famille nous trouvons tantót des fruits, tantót des feuilles qui peuvent ètre comparés à ceux de l'espéce fossile mais aucun à notre connaissance sauf l'espèce précitée ne présente la réunion des caractères tirés simultanément des deux organes.
On peut nommer comme genre présentant des feuilles semblables, le genre Heteropteris en particulier Heteropteris (Banisteria Lam.) nifida (1) Kunth. du Brésil.
Le genre Stigmatophyllum possède des samares qui présentent des analogies incontestables avec celle que nous figurons.
Parmi les fossiles c'est avec l'Heleropteris protogea (2) Ett. que la liaison est la plus intime, la nervation offre des points de contact mais la forme est bien différente. Peut-étre parmi les samares d'Acer (5) figurées par Unger plusieurs seraient mieux placées ici.
Nous dédions cette belle espèce à M. le professeur Vasseur comme un faible
gage de notre profonde reconnaissance.
MM
(1) ErrINGSHAUSEN, Skelette der Dicotyledcnen, page 142, fig. 19 tab. 60, fig. 6. (2) ErriNGsHAUsEN. DBeitrage x. ter!iarfl. Steiermark, tab. V, fig. 3. (3) Uncer. Sylloge, vol. III, tab. XV.
SAPINDACEES
GENRE SAPINDUS. L.
SAPINDUS FALCIFOLIUS. Ar. BR.
PL. XIII, Fic. 7-8.
ALEXANDRE BRAUN. — in Stigenbergers Vergeichniss., p. 87. Heer. — lor. tertiaire suisse, vol. III, page 61, t. CXIX.
Le genre Sapindus a eu dans les temps géologiques une grande extension et a été maintes fois signalé dans les flores tertiaires. De Saporta dans le Sud-Est français le fait connaître sur l'horizon deSaint-Zacharie, de Saint Jean-de-Garguier et d'Armissan, mais il n'a donné de ces fossiles que des descriptions sans figures.
Nous retrouvons le genre à Célas représenté par deux folioles inégales à la base,faiblement pétiolées, l'une d'elles présente une faible bordurele long de son support. :
Sur l'une des figures données par Heer dans la flore tertiaire suisse, une toliole (celle de la base) possède cette méme particularité, nous ne devons donc point en tenir compte et nous réunissons les deux empreintes .
Les nervures secondaires se recourbent le long des bords et forment une série d'arceaux. Le réseau tertiaire reproduit fidélement la disposition que l'on rencontre dans le.genre.
Du reste le type de la nervation est assez homogène, soit que l'on s'adresse aux Sapindus acuminala, Wall., saponaria, L., ou indica, Poir., de l'Inde, soit à un Sapindus indéterminé de l'herbier de Saporta provenant du Japon, soit encore au Sapindus manatensis de la Floride et Sapindus marginalus, Willd. du Texas.
Nous avons rapporté nos folioles au Sapindus falcifolius, Al. Br. plutôt qu'à un de ceux décrits par de Saporta parce que ces derniers ne sont pas figurés et que les descriptions ne concordent pas exactement avec celle de nos empreintes.
Tout au plus pourrait-on les rapprocher du Sapindus inconspicuus, Sap. de Saint Jean-de-Garguier qui possède, suivant cet auteur, des folioles faiblement pétiolées.
GENRE DODONGCEA. (Pruw), L.
DODONOEA SAPORTANA. nov. sp.
PSI aos:
DiAGNosE. — D. fructui formato ex duobus conchis naviculiformibus, munitis in dorsali latere membranacea ala orbiculari. Quœque concha continet semen orbiculatum (scepe abortivum) inhoerens parieti placentario ferenti ad summum stylum siccatum. Fructus fertur in pediculo tumescenti ad summum.
Les fructifications, de quelque nature qu'elles soient sont rares dans les flores fossiles, et les feuilles bien que pouvant donner lieu à des déterminations pour la plupart certaines sont loin d'arriver au degré d'exactitude des indications fournies par la présence de fruits surtout quand ceux-ci ont une forme particulière et qu'on est assez heureux pour en posséder un échantillon complet.
Les fruits de Dodoncea ont été rarement signalés dans les gisements tertiaires.
Les exemplaires figurés par Heer dans la flore tertiaire suisse Dodonæa allemanica, Heer, Dodonca orbiculala, Heer, Dodonca emarginata, Heer (1), sont loin de présenter des caractères tranchés et ne reproduisent que bien vaguement l'aspect que nous connaissons aux fruits des Dodoncea actuels.
Les empreintes signalées par de Saporta dans le gisement de Saint-Zacharie (ce fait resserre encore les liens établis entre la flore provençale et celle du Gard) sont mieux conservées et présentent plus de sûreté dans la détermination, surtout le Dodonca confusa (2), Sap. Quant au Dodonæa cycloptera, Sap. du méme gisement et Dodonæa saliciles (3), Ett., de Hoering, leur forme assez vague ne semble pas indiquer que nous ayons affaire à une espèce du genre en question.
De Sap orta regarde à juste titre sa détermination comme douteuse. Il n'y a qu'àjeter un coup d'œil surles empreintes du Tyrol pour se convaincre que les raisons invoquées par l'auteur sont toutes d'a priori.
Le gisement de Célas contient une seule empreinte d'une conservation admirable. Elle est entière et les moindres détails sont visibles.
Le fruit est porté sur un pédoncule grêle qui présente un léger renflement à son point d'insertion avec la double capsule. Nous observons le méme bourrelet sur toutes les espèces actuelles.
umo io uror WD M MM MD DEC MM PEE
(1) Scmimper. Loc. cit. vol. III, p. 177. Heer. Loc. cit., vol. III, tab. CXXI.
(2) Saporra. Loc. cit., vol. I, page 240, tab, X, hg, 3. (3) ErriNosHAUsEN. Flore de Hering, tab. XXIII, fig. 36-37.
tn 128 ptm
Ce fruit est composé de deux capsules que l'on distingue nettement sur l'empreinte fossile grâce à la différence de coloration. Nous l'avons du reste indiqué sur notre figure. La carène dorsale est munie d'une aile membraneuse très développée, orbiculaire dans sa partie supérieure, beaucoup moins dans sa partie ‘inférieure qui a tendance à se terminer en coin arrondi. Toute cette aile est sillonnée par un réseau très fin de nervures parfaitement visibles à la loupe et formant des aréoles allongées coavergeant vers le centre où se trouvent deux graines assez régulièrement sphériques. Elles sont attachées de part et d'autre de la cloison placentaire qui sépare les deux valves du fruit. La cloison se termine supérieurement par le débris du style desséché.
Tous ces caractères, ils sont nombreux et précis, se retrouvent dans les organes similaires du genre Dodoncea.
Il n'y a qu'une seule remarque à faire et elle s'adresse à ce qu'il y a de moins constant, à la forme. En général l'aile des Dodoncea est presque aussi orbiculaire
au sommet qu'à la base, ce qui n'est pasle cas ici. Mais hàtons nous de dire « en général », car le Dodonæa cuneala. Rudge de la Nouvelle-Hollande (fig. 30 dans le texte) possède une aile dont la forme est presque identique à la nótre.
REI Nous pensons donc que l'assimilation que nous proposons Dodonæa présente un haut degré de certitude.
cuneata, Rud. us : " (N'*- Hollande) Le genre Dodonœa en grande majorité australien possède
pourtant des représentants disséminés un peu partout. dans les régions tropicales, qu'il nous suffise de citer Schimper à ce sujet. « Arbusculus vel frulices per regiones trobicas el. tropicis « circulis. vicinas, totius orbis sparsim copiosissime in Nova- « Hollandia exlra-tropica provenientes. »
Le Dodonca viscosa L, est répandu un peu partout dans les I6. 5T. : !
Dodonca régions chaudes.
Candollei, Blum
Voici donc un genre d'origine évidemment tropicale qui de (Ne -Calédonie). di E P 3
nos jours a trouvé son maximum de développement dans une partie du globe restreinte, soumise à des influences spéciales, située aux antipodes du continent européen et qui pourtant à l'époque tertiaire a rencontré dans nos régions des conditions de milieu suffisantes à son développement et à son extension. Ce sont évidemment des espèces particulières, de méme le Doliostrobus, qui attestent dans nos contrées, non une migration, mais un développement sur place de types qui ont trouvé de nos jours presque exclusivement sur les terres éloignées du continent austral les conditions favorables à leur maintien.
Un grand nombre d'espéces avec lesquelles notre fruit présente des affinités. incontestables peuvent être citées. Le Dodonæa cuneata Rudge déjà nommé le Dodonca salicifolia L. des îles Maurice et Bourbon. Le Dodonæa Candollei Blum (fig. 31 dans le texte) de la Nouvelle-Calédonie qui sauf une différence dans la rotondité de l'aile à la base reproduit identiquement l'espèce de Célas. Enfin un Dodonæa indéterminé des iles Sandwich provenant de l'herbier du Muséum de Paris.
Après les Vallisneria cette détermination est celle qui nous a causé le plus de joie, aussi sommes-nous heureux de dédier cette belle espèce à la mémoire de celui envers qui notre admiration ne tarit point.
ILICINÉES