FRUCTUS
Pr. XIV, Fic. 50.
Nous avons certainement affaire à une petite baie que la dessication et la compression ont déformé et aplati.
Sur un point de son pourtour on apercoit en petit moignon qui servait à l'insertion du pédoncule. Il serait téméraire à notre avis de tenter une assimilation quelconque.
Nous voilà arrivé au terme de notre travail. Nous avons toujours essayé d'écarter le plus possible toute idée d'a priori et d'asseoir nos conclusions sur les bases fermes d'une observation rigoureuse.
Malgré cela nous n'oserions croire qu'elles soient toujours le reflet dela Vérité!
Les sciences naturelles sont éminemment perfectibles et elles arriveront au summum que le savant désire avec ardeur par une collaboration active de tous les esprits.
Nos connaissances sont loin d'étre complétes. Un homme possédant en luiméme tous les matériaux d'une branche particulière serait encore bien imparfait puisqu'à l'imperfection méme de son intelligence viendrait se joindre la masse de choses à découvrir et de faits qui sont encore dans l'ombre. Les Aypothèses qu'il étayerait sur un certain nombre d'observations des mieux fondées pourraient tôt ou tard être renversées par des faits contraires.
Ceci nous engage donc à faire preuve de la plus grande circonspection et aussi à remanier constamment les matériaux que nous possédons.
On ne saurait d'autre part trop louer les hommes qui vont à la conquéte des pays inexplorés et en rapportent une moisson scientifique abondante.
Une chose en effet frappe les yeux au. premier abord quand on examine la carte de notre globe. Un grand nombre de régions celles surtout qui au point de vue de la science seraient les plus riches,restent encore en blanc sur nos cartes.
Nous ne pouvons nullement prévoir ce que nous réserve l'avenir et les herbiers nouveaux contiendront sans doute des matériaux considérables de la plus haute importance.
Qui nous dit ? ce que nous réserve la connaissance des parties montagneuses du centre du grand continent africain où presque tout est à faire !
Combien sera fertile en résultats intéressants l'étude des flores fossiles des parties chaudes de notre globe et en particulier celles de I Extréme-Orient !
Heureux ceux par qui se feront de semblables découvertes ! quoiqu'il en soit, il faut que les efforts de chacun s'unissent, c'est de cette union, c 'est de ce travail lent mais incessant et désintéressé d'une foule d'esprits que se dégagera, s'il nous est permis de la connaitre, la solution des problèmes naturels qui montrent à l'homme sa petitesse et sa grandeur.
Vu et approuvé :
Marseille, le 3 Juin 1899.
LE DovEN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, E. REBOUL.
Vu et permis d'imprimer :
Aix, le 2 Juin 1899.
Le RECTEUR DE L'ACADÉMIE D'AIX,