‹ Flore des calcaires de CélasChapitre 34 sur 47 · MIMOSÉES · texte numérisé non relu

MIMOSÉES

GENRE ACACIA WILLD.

ACACIA SERVACENSIS. ‘nov. sp.

Pr. XIV, Fic. 22.

DiaGNosE. — A. foliis pinnatis, foliolis insertis paribus suboppositis, in rachidi parum compresso, limbo angusto, scalpriformi, acuto ad summum, subinœquabili et tenuato ad basim.

Le gisement de Servas qui nous a déjà fourni de beaux échantillons de samares d'Ailante nous a permis de figurer une feuille pennée de légumineuse qui par l'aspect général et la forme des folioles trouve tout heure eps sa place dans le groupe des Acacia.

Le long d'un axe très légèrement aplati et bordé s'insérent par paires, 19 folioles serrées les unes contre les autres ; leur point d'attache n'est pas exactement opposé, mais on ne peut pas dire qu'elles soient alternes. Elles sont trés. légèrement inégales à la base et amincies en pointe au sommet en forme de lancette ; pour ce motif et l'absence de gousse, nous n'avons point voulu rattacher notre empreinte à l'A, parschlugiana Ung. (1).

Dans certains cas douteux, le paléontologiste se trouve fort embarrassé. N e rattache-t-il pas son espèce à une déjà établie il augmente ainsi, et peur -être inutilement, le nombre des types décrits.

Réunit-il entre elles des feuilles qui ne sont pas absolument identiques ou du moins ne présentant pas de caractères fondamentaux semblables, il court le risque de voir par un tel systéme des organes n'ayant plus aucun point commun réunis sous une méme dénomination.

De peur de créer par la suite des assimilations de plus en plus lointaines, rendant les recherches beaucoup plus difficiles en introduisant le doute complet dans les idées et pouvant fausser ainsi les conclusions d'ensemble, nous avons distingué l'Acacia de Servas.

Si la forme générale de l'Acacía parschlugiana Ung. ne correspond pas à celle de l'espéce du Gard, il faut néanmoins indiquer que certaines folioles isolées représentées dans la flore de Hoering (page 93, t. XXX, fig. 57) et rapportées par l'auteur de cette flore à l'espèce de Unger ressemblent beaucoup

(1) UNcER. Gen et spec. pl. foss. Page 494. Hksn. F1. tert. helvétiq, vol. II, t. XCIX, fig. 2, 3c, Vol; Ut CXXXIX, fig. 45 4150,

up t plus aux nótres. Mais comme nous ne pouvons connaitre le mode d'agencement des folioles entre elles, nous préférons laisser subsister la détermination d'Ettingshausen en nous contentant de signaler un rapprochement qui serait peut-être mieux fondé. —

l'armiles espèces actuelles plusieurs Acacia. d'Orient (Perse-Inde) présentent des points de ressemblance avec celui de Célas, notamment A. eburnea Willd de l'Inde, qui possède le méme mode d'insertion des folioles mais celles-ci sont

moins aigués au sommet. Signalons aussi mais avec des affinités plus lointaines A. Julibrissin Willd d'Asie Mineure.

FOLIA INCERTCE SEDIS

PIHYXDIEDPERS

Les empreintes que nous fournissent les couches géologiques, sont de deux sortes. Ce sont d'abord des organes floraux ou fructificateurs, rares malheureusement mais offrant une garantie de détermination certaine, puis en second lieu des feuilles.

Parmi celles-ci, les unes ont conservé leur forme et leur nervation et malgré ce qu'en pensent certains auteurs, sont susceptibles de nous fournir des renseignements précieux (nous l'avons indiqué au début de ce travail) et nous permettent d'arriver à des déductions présentant un degré de certitude si non absolu, du moins suffisant.

C'est sur ces feuilles et à juste titre que s'appuient les conclusions de la paléophytologie.

Si l'on s'en tenait toujours à des organes parfaitement conservés, les chances d'erreur ne seraient certes pas grandes ; malheureusement bon nombre d'auteurs basent trop souvent leurs données générales sur des organes imparfaits et partant sujets à de fausses interprétations. Nous préférons donner à ces organes le nom consacré de Phylliles en indiquant toutefois leurs affinités probables mais ne les comptant pour rien au fond.

Quant à ceux qui par leur petitesse ou leur trop mauvais état de conservation ne se prétent à aucune détermination possible, nous les rangeons dans une dernière catégorie Phyllites indelerminalæ.

Il n'y a que lorsqu'un organe témoin, gousse ou fruit de quelque nature qu'il soit, vient rendre l'assimilation possible qu'on est en droit de leur donner un nom. ll n'y a du reste qu'à parcourir les flores fossiles pour se convaincre et

voir combien il est puéril de dénommer de petits organes sans nervation possédant des formes répandues dans la nature parmi les familles les plus diverses tant ligneuses qu'herbacées.

FRUCTUS LEGU MINOSOE Pr. XIV, Fic. 23.

Nous décrirons tout d'abord un fruit de Légumineuse qui est malheureusement trop incomplet pour qu'il soit permis de rien affirmer de précis à son sujet. Peut-étre plus tard, fera-t-il l'objet d'une détermination plus rigoureuse.

Les loges qui contiennent les semences sont assez renflées, et l'échantillon en possède quatre. La gousse est légèrement bordée inférieurement mais elle ne présente aucune particularité saillante .

Dans la section des Dalbergiées, le Dalbergia melanoxylon, Guill et Perr. qui habite de nos jours l'Abyssinie, présente sous des dimensions plus faibles un aspect semblable, mais nous pensons que notre fossile appartient plus vraisemblablement à une Phaséolée.

PHYLLITES RETICULATA Pr. XIV, Fic. 24-25.

Il est regrettable que nous ne possédions que deux exemplaires si incomplets et tronqués tous deux à la base. Nous ne pouvons dès lors essayer de tenter: une assimilation présentant un degré suffisant de certitude.

Les nervures parfaitement conservées et bien visibles auraient pu faire espérer une détermination assez rigoureuse.

Sans vouloir rien affirmer à son sujet, nous ferons seulement remarquer que la nervation marginale retrace assez exactement celle que l'on observe dans plusieurs expèces du genre Aristolochia.

PHYLLITES TAMARINDOEFORMIS PL. XIV, FiG. 26

Nous avons rangé cet organe parmi les Phyllites, pourtant l'épithéte dont nous le faisons suivre indique qu'il éveille dans l'esprit une certaine idée « physionomique » mais l'insuffisance des matériaux nous défend d'en donner une détermination plus exacte. Nous ferons seulement ressortir l'analogie que présente la nervation de cette petite foliole qui avait une consistance très faible avec celle des organes similaires de plusieurs espèces du genre Tamarindus.

PHYLLITES CORDIFORMIS Pr XIV;Tus 37.

Nous aurions pu facilement assimiler cet organe à une espèce fossile, car bien des botanistes ont cru ne point devoir les négliger. Pourtant en présence des interprétations les plus diverses qu'ils ont reçues de la part des auteurs les plus compétents nous pensons que leur détermination ne repose sur rien de certain. En effet, les uns en font des Weinmannia les autres des Sapotacées, d'autres encore des Célastrus et méme des Métrosideros. Ces attributions pouvaient étre justifiées par un nombre considérable d'exemplaires rattachant ces organes insignifiants par eux-mémes, à des feuilles présentant vraiment des caractères significatifs. Comme ce n'est pas le cas ici, nous préférons rester dans le doute. :

PHYLLITES DICHOTOMUS PL.-XIV, Pio; 30

Cette feuille qui présente une malformation au sommet pourrait bien appartenir au genre Rhus comme semblent l'indiquer les nervures bifurquées près de la marge.

CRASSULITES ?

Pr. XIV, Fic. 31 et 31 a

Nous représentons en 31a un fragment grossi de cette empreinte qui est vraiment assez énigmatique. On aperçoit nettement au milieu de ce que nous appellerons le rameau une trace plus brune qui donne une ramification dans chaque branche latérale.

Nous pensons que nous avons affaire à une plante grasse présentant un parenchyme succulent vers l'extérieur et un faisceau plus résistant au centre ce qui est justifié par l'apparence même du fossile. Dès lors nous serions tentés de le rapprocher du genre Sedum ou de quelques genres voisins.

LEGUMINOSITES CÉLASENSIS PL, XIV, Pio, 32

Nous avons affaire à une foliole ayant appartenu à une feuille pnnée.

Par l'échancrure du sommet et l'allure générale de la nervation d'ailleurs mal conservée elle se rattache à la famille des Légumineuses. Les conjectures sont si difficiles au sujet de ces organes isolés que nous ne saurions proposer une détermination plus précise pour un fragment qui ne possède aucun caractère

particulier. Les nervures tertiaires transverses ne nous permettent pas de le rattacher au Dalbergia Leplolobiana Sap. Ce serait avec le genre Pferodon que les affinités seraient encore les plus sérieuses.

Pas plus qu'avec les espèces actuelles, on ne saurait tenter de rapprochement certain avec les empreintes fossiles désignées sous le nom de Leguminosiles. Ce ne sera que par une connaissance plus approfondie et grâce à d'heureuses découvertes que l'on pourra, aprés avoir classé définitivement toutesces feuilles, les identifier dans plusieurs gisements.

Pourtant nous serions incomplets si nous ne signalions la ressemblance qui existe entre notre empreinte et le Cesalpinia Falconeri (1) et Cæsalpinia micromera Heer. (2).

PHYLLITES (Lecuminosires) MINUTISSIMA Pr. XIV, Fic. 33-35

Nous ne saurions proposer une attribution mieux définie pour ces petites folioles d'une conservation pourtant irréprochable puisque nous avons pu en donner un dessin grossi où l'on peut apercevoir toutes les nervures.

Mais en présence de la quantité énorme de ces petits organes et de leür polymorphisme qui semble croitre à mesure que les feuilles se rapetissent, il serait téméraire de vouloir leur imposer un nom de genre actuellement vivant.

Tout ce que nous pourrions dire c'est qu'elles ressemblent beaucoup à certaines petites folioles de légumineuses de la tribu des Galégées.

Quant aux rapprochements que lon pourrait tenter avec les organes similaires décrits sous des noms spécifiques dans les flores fossiles on ne saurait y soriger.

Rappelons seulement que parmi les petits organes trés nombreux signalés par Heer dans son merveilleux ouvrage sur la flore tertiaire helvétique nous n'avons guere rencontré qu'une petite foliole rapportée au genre éteint Podogonium de laquelle pourrait-on peut-être ? rapprocher la nôtre.

PHYLLITES HERBACEA Pr. XIV, Fio. 38

La consistance de cet organe, la forme et la grosseur du pétiole par rapport au limbe, son épatement à la partie inférieure, tout nous fait penser que nous avons affaire à une feuille ayant appartenu à une plante herbacée et partant indéterminable en l'état de nos connaissances.

AR PT Ro REND PEDE IER EON LED IS MIROR UIS EHE IR E E E LN e I ERIT E EM a E ER ETHER ANALISI ANDE LO AREE NI DITE DM MM

(1) HgER. FL tert. helv., tome III, table CXXXVII, fig. 1-10. (2) Heer. FI. tert. helv., tome III, table CXXXVII, fig. 12-21.

PHYLLITES INDÉTERMINATÆ \ PL. XIV, Fic. 28-36-37-39-40 à 48

Nous ne décrirons pas un à un ces petits organes dont la plupart méme sont dépourvus de nervation. Inutile aussi de leur donner des noms. Ils sont si variables que nous ne pouvons nous en servir ni pour établir une filiation quelle qu'elle soit, ni pour poser des conclusions générales au sujet des soidisant espéces qui entreraient en jeu.

Les feuilles plus ou moins ovales ou cordiformes ont été rapportées par les auteurs (Heer en particulier) aux genres Cæsalbinia et Cassia sans que l'on sache trop pourquoi.

Quant à celles qui présentent une forme allongée elles ont trouvé leur place dans les Myrtacées ou dans d'autres familles, sans motifs plausibles, uniquement à cause des tendances d'esprit de l'auteur qui les décrivait.

Ces fragments sont du moins un indice précieux et de leur ensemble se dégage une conclusion générale. Tous appartiennent aux couches de calcaire blanc. Ils dénotent une végétation plus sèche, moins luxuriante que celle rencontrée dans les calcaires gris et à ce titre nous avons jugé bon de les figurer.

Quant à la figure 29 elle représente le sommet d'une feuille qui ne peut donner lieu à à aucune interprétation.

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