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Nous avons à nous occuper seulement de la région tertiaire lacustre comprise entre Saint-Hippolyte de Caton, dont les couches forment en cet endroit la base du système et le hameau de Célas.
A partir du néocomien qui forme lé bord et le fond de la cuvette nous trouvons une série de matériaux de transport : marnes gréseuses, sables, cailloux, comme on l'observe en général le long des anciens rivages.
ASaint-Hippolyte et surmontant ces couches se trouvent les marnes à palæothérium du mas de la Roche prés la Baraque Sainte-Croix qui a fourni un véritable ossuaire de ces curieux mammifères. Le gisement se trouve au voisinage et sur le prolongement septentrional de celui de Saint-Hippolyte de Caton où Emilien Dumas et d'Hombres Firmas avaient recueilli de nombreux fossiles déterminés par P. Gervais. Ce sont: Palæotherium curlum et minus, Lophiotherium, Anchitherium, Hyopotamus, Hycenodon, Plerodon.
Par-dessus ces couches on rencontre une alternance assez considérable d'une quarantaine de métres de marnes et de calcaires caractérisés par la présence constante de la Limnoa longiscala, espèce du bassin de Paris, et caractéristique du Bartonien et de l'Eocéne supérieur, puis ensuite une assise de marne jaune rougcátre très importante, car elle sépare les couches inférieures des supérieures contenant avec des végétaux nombreux une faune bien particulière de Mélanies el de Cyrènes (Cyrena Alesienss) niveau sur lequel se place la flore à Doliostrobus .
Viennent ensuite des calcaires et des marnes, puis le systeme des grés à Laurinées que surmontent les couches ligniteuses et par-dessus enfin des poudingues où furent trouvés les restes de l'Anfhracolherium conservés dans les collections du musée de Marseille.
Fontannes, pages 133 et suivantes de l'ouvrage cité, indique d'une manière détaillée les différentes couches qui constituent l'étage lacustre d'Emilien Dumas. :
Nous préférons, au début de notre travail, placer un document qui pour étre schèmatique n'en est que plus compréhensible, nous le devons à l'obligeance de M. Marion qui avait relevé la coupe des terrains de cette contrée et les avait mis en parallele avec ceux que nous observons dans le sud-est aux environs de Marseille. Cette coupe dirigée du sud sud-est au nord nord-ouest, s'étend de Saint-Hippolyte de Caton à la dépression que domine à l'est le hameau de Célas.
BASSIN D'ALais BassiN DE MARSEILLE
Poudingues et Grès à Anlhracofherium | Argiles de Marseille à A nfhracothe-
magnum. rium magnum (Saint-Henry) flore de Marseille.
Grès passant aux poudingues.
Système de grès à Cinnamomum, Equiselum. Lignites de Célas. 2"* horizon des plantes fossiles avec Cyrènes.
Calcaire asphaltique avec Melanopsis
acrolepta, Chara. Saint-Jean de Garguier.
Flore de Célas à Doliostrobus, Ficus, etc. Poissons de Monteil.
Saint-Zacharie.
Calcaire à Cyclas. Bilhynies. Cyrènes.
Calcaire marneux à Palcothérium de |
this de Caton. Palæotherium. Lignites.
Grès rouges détritiques de la base. Grés verts de la base des lignites de Saint-Zacharie.
. Tant que l'on n'aura pas trouvé en géologie de criterium certain pour séparer les différents étages, l'on ne pourra en faisant l'étude des différents bassins établir un synchronisme exact. Au fond, la plupart du temps, les discussions sur de semblables sujets se réduisent à une querelle de mots, à une question d'accolade. Le point important et capital pour le paleophytologue est de pouvoir fixer entre deux horizons bien déterminés la situation d'un gisement, or nous pouvons parfaitement le faire pour les calcaires à végétaux de Célas. Ils se trouvent compris entre le Palæotherium d'un côté et l'Anlhracotherium de l'autre, séparés des deux par un système plus ou moins considérable de
couches, à un niveau caractérisé parles Cyrena johanisensis et A laisiensis à affinité tongrienne, suivant Fontannes, et reposant sur les couches à Limnæa longiscala Nous sommes donc portés à placer le gisement des. plantes de Célas à cheval sur les étages éocène et oligocéne, sa situation est pour nous suffisamment fixée. Aux stratigraphes dela déterminer d'une manière encore plus précise.
Comparaison avec les gisements du Sud-Est.
D'autre part les bassins du Sud-Est frangais nous offrent à considérer une flore qui se place à peu prés sur le méme niveau, peut-étre un peu plus bas et dont nous aurons, par la suite, à faire ressortir les affinités avec celles du Gard, nous voulons parler du gisement de plantes de Saint-Zacharie (Var). (1)
I] faut y ajouter le gisement de Gargas dans le département de Vaucluse dont la flore offre aussi quelques points de contact qui deviendront probablement de plus en plus intimes à mesure que nous la connaitrons d'une manière plus compléte.
Ces bassins lacustres nous présentent au point de vue phytologique de tels rapports qu'il nous paraît intéressant, au début d'une étude dans laquelle les sciences géologique et botanique sont inséparables, de donner un aperçu des différentes régions que nous mettrons çn parallèle avec le bassin dont nous décrivons
la flore.
Gargas.
La vallée actuelle du Calavon, dont le cours est parailèle à la Durance, et en est séparée par la montagne du Luberon, formait aux temps tertiaires une cuvette où s'est déposé le lacustre dont la butte de Gargas située au nord-ouest de la petite ville d'Apt, nous fournit une coupe assez intéressante.
Au-dessus d'une base détritique formée de grès fortement ferrugineux, de schistes et de marnes, apparaît une petite assise de calcaire avec Limnées que surmontent des couches calcaires et marneuses, qui, un peu plus loin, au quartier de la Débruge deviennent charbonneuses et noirâtres et renferment de nombreux ossements{Palæotherium medium (Cuv.)A noplotheriumcommune (Cuv), A dapis parisiensis (Cuv), par-dessus se trouve une mince couche calcaire renfermant de nombreuses petites coquilles (Cyrènes et Cyclas). Cette couche aussi bien à Gargas qu'à Saint-Zacharie et à Célas est surmontée par le calcaire contenant les végétaux.
Dans la vallée du Calavon cette assise renferme du gypse, le tout est ensuite couronné par une série assez considérable d'assises calcaires et marneuses.
(1) De Saronra. Etudes sur le Sud-Est, vol. I, deuxième partie.
Plus au nord, au pied du Mont-Ventoux, dans la vallée de la Nesque, nous remarquons une série analogue, bien que beaucoup plus condensée. Nous trouvons également à la base des couches marno-gypseuses qui sont surmontées par des bancs à Cyrènes, renfermant des végétaux. |
Saint-Zacharie.
Les environs du petit village de St-Zacharie (Var) nous offre à considérer un ensemble de couches qui fait partie incontestablement du système Eocène supérieur. Nous y avons en effet découvert une faunule des plus intéressantes, identique en tout point à celle (inédite) que M. Vasseur a récemment trouvée dans le bassin d'Aix où elle est accompagnée du Planorbis crassus.
Cette formation affleure sur quelques points seulement au nord du village et au pied de la montagne de Régagnas, elle a subi de nombreuses dislocations et les couches y sont parfois relevées jusqu'à la verticale.
La base qui n'affleure nulle part mais que les exploitations minières ont rencontrée, est formée d'argiles et de grès verts très durs surmontés par les lignites qui furent jadis exploités et que l'on confondit tout d'abord avec la formation des lignites de Fuveau qui leur est de beaucoup inférieure. Ils furent plus tard placés sur leur véritable horizon. D'aprés les découvertes que nous venons d'y faire il conviendrait néanmoins de leur assigner une place un peu inférieure à celle que leur avait imposée de Saporta dans ses études sur le Sud-Est français. Sur ces lignites qui forment plusieurs masses distinctes avec schistes interposés se trouvent des marnes bitumineuses à Mélanies, puis viennent des couches de calcaires marneux renfermant une grande quantité de Cyrènes de taille moyenne et quelques végétaux.
Mais la véritable flore décrite par de Saporta provient des calcaires marnobitumineux supérieurs à cette couche et qui renferment par place un nombre considérable d'empreintes fossiles. Le tout est surmonté par une série de couches sableuses et calcaires en alternance régulière qui disparaissent vers l'Ouest, en suivant la vallée de l' Huveaune, sous les couches argileuses et détri- “ie (poudingues) qui constituent la formation du bassin marseillais proprement ut.
Les conditions de dépót paraissent avoir été beaucoup plus calmes dans le bassin de St-Zacharie où presque immédiatement elles présentent le facies lagunaire.
Alors que le bitume se trouve dans les couches fossilifères de St-Zacharie et s Célas, c'est au contraire le gypse qui accompagne les végétaux à la butte de
argas.
Les différentes végétations présentent un caractère nettement tropical qui
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n'avait point échappé à de Saporta. L'étude du gisement de Célas nous en S.0 donne encore la confirmation et nous pensons que la flore de St-Zacharie avec
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Fic. 3. — Coupe du ravip montant à l'exploitation des Lignites.
J. Jurassique. 8. Banc argileux trés charbonneux. 15. Calcaire bleu.
1. Eboulis et terres arables. 9. Argile cale. passant aux calc. gris. | 16. Calcaire gris cassant (nombreux vé- 2. Argiles vertes. 10. Calcaire gris (quelques végétaux). gétaux).