CHAPITRE I
bien même M ,ne Prevosl ne me l'aurait pas expressément défendu. »
Voila, Madame, l’arrêt formidable que j’avais à vous signifier en faveur du langage des fleurs; il est signé des initiales J.J. contre lesquelles il n’est permis à aucune femme de bon goûtde s’élever. Que pourriezvous désirer de plus ? L’exemple est à côté du principe.... 11 ne me reste qu’à me résumer pour terminer cette lettre déjà bien longue , beaucoup trop longue si elle n’était que de moi.
C’est à tort et par une espèce de blasphème qu’un auteur écrivant sur les fleurs a pu dire qu’elles étaient aujourd’hui déshéritées de leurs attributions emblématiques. Maintenant, comme toujours, elles ont chacune unesignificalion qu’il ne dépend ducapricedcpersonne de changer. Nous les voyons employer chaque jour dans les mêmes circonstances ; elles sont l’objet des mêmes soins, du même amour; la beauté en fait encore la plus douce parure comme l’expression de ses plus chers sentiments, et, bien que M me Prévost, dont personne plus que moi n’admirait le talent et l’expérience, ne puisse plus nous instruire de ce que disent les marguerites dans les bois, assez de gens sensibles restent encore pour interroger la nature et comprendre ses plus aimables secrets. Nous devons donc re-
NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS
connaître dans le langage des fleurs une langue vivante ; et son étude, loin d’être considérée connue une curieuse futilité, est digne d’exciter l’intérêt qui s’attache, ou du moins semblerait devoir s’attacher à tout ce qui est utile.