‹ Flore des damesChapitre 12 sur 169 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

muet de ce premier aveu succéderont les doux entretiens qu’autorise une famille ravie ; enfin le jour de l’hymen arrive, et la lleur d’oranger, image d’une âme virginale et pure, accompagnera jusqu’à l’autel celle insoucieuse jeune fille qui vient, le sourire sur les lèvres, échanger sa vie de plaisirs contre les soucis de la vie matérielle elles tourments de l’amour maternel. Et comment songer à l’avenir dans un moment pareil! Tout ce qui entoure la jeune mariée n’est-il pas capable de lui faire croire que nous assistons ici-bas à une fête perpétuelle; à peine sorlie du temple dont l’orgue a fait retentir les voûtes sonores, elle viendra s’asseoir à ces tables somptueuses qui semblent un parterre enchanté; toutes les femmes, la tête parée de fleurs, s’empresseront de la féliciter sur son bonheur; puis viendra le bal; cette musique, cette danse, ces mille bouquets dont la fraîcheur éphémère scintille au milieu d’un joyeux tumulte; tout cela ne peut-il pas tromper l’inexpérience....et l’amour ?

Bientôt, hélas ! le temps traînant après lui les douleurs donnera un démenti terrible à ces apparences flatteuses. La jeune femme deviendra mère ; que de peines alors, que de tourments, que de nuits sans sommeil, que de jours remplis, d’amertume! jusqu’aumotnent où échappés aux premiers dangers, les petits êtres •

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

auxquels elle aura donné naissance pourront balbutier le nom de mère ; ce mot seul peut déjà payer bien des larmes: que sera-ce donc, quand, courbés sous le poids d'un bouquet dont on aura chargé leurs mains débiles les jeunes enfants viendrontauprèsde leurs parents exprimer ces doux vœux qu’un usage antique et certes bien respectable apprend à formuler le jour de la fête du saint dont on nous a donné le nom. Bonheur ineffable qu’on ne peut comprendre qu’après avoir goûté longtemps cette vie patriarcale delà famille dont les institutions modernes tendent malheureusement à relâcher chaque jour les liens !

Mais rien n’est stable dans l’existence de l'homme, et le bonheur l’est moins que toute autre chose; nous avons vu les fleurs entourer le berceau de l’enfant, puis apparaître dans tous les actes importants de la vie humaine, maintenant nous les verrons croître sur un tombeau : pieuse et touchante coutume, commune à tous les peuples, et qu’on retrouve à tous les âges de la civilisation. En cultivant avec le respect du souvenir, le coin de terre où reposent des cendres chéries, il nous semble voir dans les fleurs sans cesse renaissantes qui viennent payer nos soins, un sourire de reconnaissance de ceux qui ne sont plus.

Les sauvages de L’Amérique ont une croyance plus

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