CHAPITRE
entrer dans quelques explications sur la symbolique des couleurs. L’étude de l’histoire et des monuments nous apprend que les couleurs eurent la même signification chez tous les peuples de la haute antiquité; cette conformité indique une commune origine qui se rattache au berceau de l'humanité, et trouve sa plus haute énergie dans la religion de la Perse. En remontant à l’invention de l’écriture on voit que la couleur fut le premier moyen de transmettre la pensée et d’en conserver la mémoire. Les quipos du Pérou et les cordelettes de la Chine, teints de diverses nuances, formaient les archives religieuses, politiques et administratives des ces peuples enfants. Les hiéroglyphes furent l’apogée et le dernier terme de celte écriture symbolique.
Le christianisme rendit une nouvelle énergie à la langue des couleurs : les peintures des églises, comme les peintures de l’Egypte, eurent, dans le principe } une double signification ; l'une apparente pour le vulgaire, l’autre qui cachée s’adressaitaux croyances mystiques etne pouvait être comprise que parle petit nombre des initiés à la science des symboles. Bientôt l’ère aristocratique commença ; la symbolique, bannie de l’église, dut se réfugier à la cour ; dédaignée par la peinture qui devient un art, on la retrouve dans le
blason. Enfin, la galanterie des Maures et leur mysticisme amoureux vinrent fermer l’ère aristocratique, et donner naissance à la langue populaire des couleurs, qui s’est conservée jusqu’à nos jours; en voici les principes les plus généraux :