‹ Flore des damesChapitre 51 sur 169 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Depuis ce moment, malgré les révolutions des Empires, les roses n’ont cessé de couronner le front de l’innocence villageoise; seulement comme nous avons trouvé moyen de dévier de leur origine les institutions les plus utiles, on a ajouté, au chapeau de Heurs, une dot plus ou moins forte suivant les temps et les lieux, en sorte que l’intrigue est venue souvent se mêler à des débats d’où elle eut dû être à jamais bannie. Il n’en eût point été ainsi, si tous ceux qui devaient couronner des rosières eussent dit, comme M. de Fontanes.

.... Hélas belle rosière,

D’autres amis des mœurs doteront la chaumière,

Mes présents ne sont point une ferme, un troupeau, Mais je puis d’une rose embellir ton chapeau.

Autres souvenirs sur la rose.

Je devrais, sans doute, rappeler la part immense que prirent dans l’histoire d’Angleterre les querelles de la rose rouge et de la rose blanche ; mais comme ces querelles, furent trop souvent ensanglantées, j’aime mieux arriver à de plus doux souvenirs.

Pagoga Siri, l’une des femmes du Dieu Vichnou, fut trouvée dans une rose. Un ange offrit un gros bouquet des mêmes fleurs à la bienheureuse sainte Dorothée.

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

Pour résister aux ^tentations de l’esprit des ténèbres St François d’Assises se roula un jour sur desâipines; elles produisirent aussitôt des roses blanches et rouges. Cette histoire, empreinte du symbolique chrétien, est basée cependant sur les principes qui ont servi à Apulée pour bâtir,dansle conte de l’âne d’or,safable d’un jeune homme transformé en âne qui ne peut retrouver sa première forme qu’en mangeant des roses. Nous retrouvons la même pensée symbolique dans le dimanche de Lætare, qui s’appelle aussi le dimanche des roses, parce que le pape bénit une rose d’or, et la porte processionnellement dans les rues de Rome, afin, disent les Mystiques, de représenter la joie de ce jour brillant comme une rose au milieu des épines du carême.

Les roses étaient rares, et tellement recherchées au moyen-âge que, dans quelques provinces, les seigneurs réservaient pour eux seuls le plaisir de les cultiver. Cependant un luxe généralement admis au XIV e siècle, consistait à couvrir les tables , dans les repas somptueux, avec des feuilles de roses qui tenaient lieu de nappes. La découverte de l’essence derose est assez curieuse; Nourmahal, princesse Mongolaise, voguait en compagnie du grand Mogol, sur un bassin qu’elle avait fait remplir d’eau de rose ;

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