CHAPITRE V
attendre son heure, pour jouir de toute sa beauté. Constant Dubos s’adresse ainsi à cette fleur :
Solitaire amante des nuits,
Pourquoi ces timides alarmes,
Quand ma muse au jour que tu fuis,
S apprête à révéler tes charmes ?
Si par pudeur, aux indiscrets,
Tu caches ta fleur purpurine,
En nous dérobant tes attraits,
Permets du moins qu’on les devine.
Lorsque l’aube vient éveiller Les brillantes filles de Flore,
Seule tu semblés sommeiller Et craindre l’éclat de l’aurore.
Quand l’ombre efface leurs couleurs, Tu reprends alors ta parure ;
Et de l’absence de tes sœurs Tu viens consoler la nature.
Sous le voile mystérieux De la craintive modestie,
Tu veux échapper à nos yeux, Et tu n’en es que plus jolie,
On cherche, on aime à découvrir Le doux trésor que tu recèles :
Ah ! pour encor les embellir, Donne ton secret à nos belles.