GRENADILLE BLEUE
La grenadille, plante grimpante du Brésil, a reçu îe noin de passiflore, ou fleur de la passion , parce qu’on a cru trouver, dans ses différents organes, l’image des instruments de la mort de Jésus-Christ.
Voici comment le père Rapin décrit la grenadille dans ses jardins :
« Placée sur une haute tige, elle semble porter une couronne épineuse au-dessus de ses feuilles profondément découpées et bouclées sur les bords. Du sein même de cette fleur s’élève une colonne, surmontée de trois points séparés, semblables à des clous aigus. Divin rédempteur, ce sont les signes augustes de vos cruelles douleurs qu'elle nous retrace !
Dubos a dit, en chantant la même fleur:
De quel sombre appareil sa tète s’environne ! Auprès d’un pal sinistre, et de clous hérissé , Repose un lourd marteau, qu’une affreuse couronne Dans ses replis tient embrassé.
KOI!VEAU LANGAGE DES n.EUIlS.
Pour qui réserves-tu ces apprêts redoutables ,
Sévère grenadille? Eh ! quoi doue parmi vous , Peuple charmant, est-il quelquefois des coupables, Ainsi qu’il en est parmi nous P
Non, non : vous respirez la candeur, l’innocence;
Et si près de vos fleurs j’aperçois quelques traits,
Ces armes sont pour vous une juste défense,
Et non l’instrument des forfaits.
Mais quel affreux, tableau vient déchirer mon ame... Je vois, je vois Solyme et ce funeste lieu,
Où, par mille tourments, sur une croix imfâme,
Des bourreaux immolent un Dieu.
Toi qui de son trépas nous retraces l’image,
Funèbre grenadille, à nos yeux, chaque jour,
Que tes tristes couleurs offrent le témoignage De nos forfaits, de son amour.
Sans cesse redis-nous : Quand votre auguste maître Pour vous rendre la vie expire sous vos coups,
Du moins, par vos vertus, songez à reconnrdtre Le prix du sang versé pour vous.