‹ Flore des damesChapitre 89 sur 169 · HORTENSIA · texte numérisé non relu

HORTENSIA

Les Chinois et les Japonais, chez lesquels nous avons été chercher cette plante, vers 1795, en apprécient comme nous la grâce et l’éclat : souvent les peintures qui nous viennent de ces contrées montrent l’hortensia uni, dans d’élégants bouquets , au camellia et aux autres fleurs les plus recherchées par la fashion du pays.

Lors de son introduction en France, l’hortensia a fait fureur j aussi C. Dubos, tout en sacrifiant à la nouvelle idole, n’a pu dissimuler le peu d’estime qu’elle lui inspiraitj il s’exprime ainsi :

Reçois de ma muse un coup d’œil,

Et n’accuse plus son silence,

Brillante fleur, toi dont l’orgueil Se pare du beau nom d’Hortense.

Malgré ton éclat si vanté,

N’attends de moi rien davantage ;

J’admire, en passant, la beauté,

Le mérite a seul mon hommage.

Pour fixer nos regards séduits,

Tes diverses métamorphoses

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

Tour à tour nous offrent les lys,

Les violettes et les roses.

Mais, quand Flore a voulu former,

Pour nos jardins, une Pandore,

Elle oublia de l’animer;

Ta fleur, lie'las, est inodore!

Je sais que depuis les boudoirs.

Et les salous de l’opulence,

Jusqu’aux plus modestes comptoirs, Tout s’embellit de ta présence.

Ainsi, grâce à l’esprit du jour, Quelquefois un fat s’accrédite ;

Et jadis on vit à la cour Plus d’un favori sans mérite.

Règne aujourd’hui par tes attraits O fleur ! qu’un goût vulgaire encense , Jouis de tes brillants succès,

Mais redoute notre inconstance.

Par une autre fleur, à ton tour,

Tu verras, bientôt détrônée,

Que chez nous l’idole du jour Le lendemain est surannée.

Ces deux derniers vers sont d’une admirable jus-

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