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Flore des dames, ou, Nouveau langage des fleurs

Bien que les fleurs soient aujourd’hui déshéritées de leurs attributions emblématiques, le culte qu’on leur voue pour leurs charmantes qualités n’est ni moins vif, ni moins général que celui qu’elles ont obtenu chez les Grecs, les Romains et les Orientaux à cause de leurs ingénieuses propriétés de langage.

Ainsi les femmes aimeront toujours les fleurs ; et tout ce qui se rattache à ces délicieuses productions du règne végétal

peut attendre, comme elles, un sort favorable. C’est sur cette espérance que nous avons basé la fortune de ce petit ouvrage.

Ennemi de toute concurrence jalouse, qui n’entre ni dans nos principes ni dans nos vues, nous aurions compris sans peine que les livres du même genre, déjà favorablement accueillis par les dames, suffisaient à leurs besoins, si, en reconnaissant le mérite de ces opuscules, nous n’avions pas cru à la possibilité d’en composer un, sinon meilleur, du moins plus complet.

En effet, des ouvrages relatifs aux fleurs, les uns sont trop légers, trop peu instructifs j les autres, au contraire, sont de véritables manuels de botanique arides et fatigants : les premiers, d’ailleurs, contiennent des citations de poésies déjà anciennes, tandis que les autres s’ap-

paient souvent sur des définitions latines peu familières aux femmes.

C’est donc pour éviter ces deux écueils que nous avons conçu la pensée d’un nouvel ouvrage sur les fleurs. Outre les détails qu’on peut rencontrer ailleurs, notre Flore contient : \° une définition également éloignée d’un texte trop scientifique ou trop léger; 2° des poésies nouvelles de nos célébrités contemporaines les plus estimées. De plus, un chapitre spécial est consacré à des aperçus poétiques et généraux sur les fleurs; un autre chapitre est destiné à enseigner en quelques pages les éléments de la botanique; enfin des problèmes floraux entièrement neufs, et des tables revues avec soin et considérablement augmentées, signalent, nous osons le croire, cet ouvrage a l’attention spéciale du monde éléga nt.

Espérons que son patronage ne nous manquera pas, et que son goût délieat.

pour les fleurs rejaillira en partie sur le recueil, qui s’est donné pour mission de les louer et de les faire, s’il se peut, encore mieux admirer.

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