EN COMMISSION CHEZ RAIMUND GERHARD, ANCIENNE MAISON WOLFGANG GERHARD
Libraire-éditeur et commissionaire à Leipzig.
Historique.
Jusqu'ici la flore des terrains siluriens et dévoniens n’a pas encore été étudiée à un point de vue général et un tel travail s’imposait, car les auteurs qui s'occupent de la flore fossile de ces formations éprouvent les plus grandes difficultés à se retrouver au milieu de la littérature confuse et très disséminée qui existe sur ce sujet.
Mais pour pouvoir faire ce travail d’ensemble, une monographie vraiment utile des plantes de ces régions, il fallait, cela va sans dire, que tous les débris connus fussent étudiés sérieusement, que les différentes stations fussent examinées en une étude comparative et critique, et que de cette comparaison ressortit à coup sûr ce qu'il est permis d'affirmer et ce qu'il est possible de supposer.
L'un de nous [Potonié, *) Silur- und Culmflora, pages 3—4] avait émis déjà cette opinion, et il commençait ce travail d'ensemble par l’étude de la flore fossile du Harz et de Magdebourg en ajoutant que la flore du Dévonien moyen de Bohême (Étage H -h1 du Silurien de Barrande) devait étre étudiée ensuite pour suivre la même direction. M. le Prof. Anton Fritsch lui proposa de publier le résultat de ses recherches sur la Bohême aux frais du fonds Barrande.
Les géologues s’intéressèrent à la région qui nous occupe depuis 1846, date à laquelle J. Barrande publia sa ,Note préliminaire sur le Système silurien et les Trilobites de Bohême“. Mais il ne s'y préoccupait pas de la question de la flore, et des fossiles végétaux sont pour la première fois signalés dans ce soi-disant Silurien par Barrande en 1852 (Système silurien du centre de la Bohème, Volume I). C’est à la page S1 qu’il donne les ,caractères géognostiques de l'étage des schistes ,Culminans H.“ Il n'avait, dit-il, pas considéré cet étage dans sa publication de 1846, car il le recardait alors comme le couronnement supérieur de l’étage G. Et il ajoute plus loin que près de Hostifm **), sur la rive gauche du ruisseau, il a observé, au milieu des schistes, une petite couche de 3—4°* de houille. ,Les bancs schisteux nous montrent ça et là des empreintes, soit de Fucoides »Soit de plantes peu distinctes. Ce sont les seuls vestiges du règne végétal que nous ayons ren- »Contrés dans notre division supérieure.“
Dans la description paléontologique de l'étage des quartzites D, il avait dit (page 71): ,Toutes les traces relatives au règne végétal se réduisent à des Æucoides qu’on observe à toute hauteur à partir de la base de l'étage, mais dont les impressions sont toujours très indistinctes.“
Nous verrons plus loin que Goeppert cite à Lodëénice un Chondrites. Lodënice appartiendrait d’après Barrande à l'étage E, dans lequel ce dernier ne signale pas trace de fossiles végétaux.
*) Voir à la fin du travail, dans notre Index bibliographique, le titre complet des travaux cités et les indications
nécessaires.
**) M. le Prof. J, J. Jahn fait remarquer dans son travail: Sur le Dévonien de la Bohême centrale, 1903, que
cette localité, nommée Hostix par tous les auteurs, s’appelle en réalité Hostim. [Voir plus loin notre note *) page 11.]
C’est en 1859 que parut le travail de Goeppert sur la flore des formations siluriennes, dévoniennes et du Carbonifère inférieur, travail auquel nous faisons allusion. L'auteur divise les étages siluriens en général, en deux formations et il dit (page 570) avoir rencontré dans la formation silurienne inférieure 17 espèces, dans la formation supérieure 3 espèces, ,toutes appartenant à la subdivision des Fucoides.“
A propos de la formation silurienne inférieure de la Bohême, il dit (page 556) qu'elle a pour base des couches rouges ou vertes avec des restes de Fucoides qu’il n’a malheureusement pas encore pu étudier, puis vient la zone primordiale avec, d’après Barrande, la soi-disant faune primordiale. Quant aux espèces rencontrées par lui en Bohême elles sont au nombre de trois seulement dans les étages qui nous intéressent, et appartiennent à la famille des Æloridées.*
1° Chondrites fruticulosus, Goepp. (page 450) trouvé par Schary à Lodënice, de même que la variété B subarticulatus, Goepp. Il à pu reconnaître encore dans un de ses échantillons des cellules rondes, et ces cellules entouraient une axe transformé en oxyde rouge de fer.
20 Spherococcites Scharyanus, Goepp. (page 454) trouvé également à Lodénice dans l'étage D de Barrande.
30 Enfin dans la formation silurienne supérieure, dans l'étage E de Barrande, à Dlouhä Hora au sud-est de Beraun il a trouvé Callithamnion Reussianum, Goepp.
Ettingshausen en 1865, page 17. fait du Spherococcites Scharyanus, Goepp. un Æquisetites Gœpperti, Ett.
En 1854 déja, puis en 1865 et 1866 Barrande avait donné des comptes-rendus plus ou moins longs de ses travaux sur le Silurien de la Bohême, mais il ne s’y occupait que de la faune ou de la disposition stratigraphique du terrain et ne signalait rien de spécial quant à la flore.
Cependant en 1865 parut le vol. III de sa , Défense des Colonies.“ Les deux premiers volumes avaient, à leur publication, soulevé de violentes critiques sur la conception que se faisait Barrande de ses ,Colonies de Bohéme“. Ces critiques sont réfutées dans le vol. III; le vol. IV, paru en 1870, donne de nouveaux détails et constate que Krejëi et Lipold, les principaux adversaires de la théorie de Barrande se sont rangés à sa manière de comprendre les choses. Dans le vol. II, Barrande s'occupe des environs de Hlubotepy où l’on peut reconnaitre le même étage H—h 1 de Hostim et Srbsko, stations qui nous intéressent plus spécialement. Il donne tout d’abord la division des étages G et H dont il veut s'occuper et les divise chacun en trois formations principales dont il indique la diagnose. Nous ne nous arrêterons qu’à la couche H—-h 1, c’est à dire à la formation qui se trouve à la base de l'étage H, soit en contact avec l'étage G.
Après avoir donné la caractéristique géologique et paléontologique (faune) de ces étages, il dit à propos de la flore (page 52): ,Les seules traces distinctes du règne végétal que nous ayons dé- »Couvertes dans nos étages G et H, sont des impressions de Fucoides, observées uniquement dans ,les couches schisteuses ou siliceuses, et jamais jusqu'ici dans les bancs calcaires. Les plus reymarquables de ces impressions appartiennent à une seule espèce, Fucoides hostinensis“. Puis il cite les vestiges végétaux qu'il a rencontrés :
1° Fucoides hostinensis, Barr. trouvé dans l’étage H—h1, à Hluboéepy, à Hostim et sous Choteë.
29 Apparence d’écorce charbonnée rencontrée dans l'étage H—h 1, à Hostim et à Hlubotepy.
3° Couche très mince d’anthracite, à Hostim dans l'étage H—h 1.
Et plus loin (page 304): ,Les seules traces de nature végétale, que nous connaissons dans nos étages G—H, sont des Fucoides, principalement représentés par Fucoides hostinensis, Barr. Cette »espèce, très caractérisée par ses rameaux dichotomes et par les apparences d’une grande ténuité »dans son écorce nous semble avoir joui en Bohême d'une existence extrêmement prolongée, quoique “intermittente“. Il la cite dans les étages D, E et G et continue: ,Nous la retrouvons plus haut,
avec une nouvelle fréquence dans les schistes de la bande h 1, à Hostin, Hlubotep, Choteë et autres »localités. Enfin elle disparaît pour toujours au-dessus de la bande h 1.“
,Nous ne connaissons pas de Fucoides dévoniens qui présentent les mêmes apparences que ,Fucoides hostinensis. Aïnsi les restes de nature végétale qu'offrent nos étages supérieurs G—H, tendent à les relier avec nos étages inférieurs, sans établir aucune connexion avec la flore du terrain dévonien“.
Celui-ci, en Thuringe par exemple, a fourni au Dr. Richter“) une flore très remarquable.
Jusqu'ici donc les auteurs n’ont voulu voir dans cette flore du centre de la Bohême que des plantes marines.
Krejci, le premier, en 1879 puis en 1881, décrit des empreintes de plantes terrestres. Il dit que cet étage H considéré par Kayser et d'autres comme appartenant au Dévonien inférieur a été caractérisé par Barrande comme Silurien et il cite les plantes terrestres vasculaires suivantes, récoltées par Schary et Dusl à Hostim et à Srbsko:
Protopteridium hostinense, Kr.
Protolepidodendron Scharyanum, Kr.
Protolepidodendron Duslianum, Kr.
Equisetites siluricus, Kr.
Puis des restes d'animaux, puis des Fucoides et entre autres Fucoides hostinensis, Barr., très fréquent, graminoïde, à empreintes ramifiées en dichotomies. Enfin à Srbsko, il a trouvé aussi des impressions foliiformes rappelant Cordaites borassifolius, mais qui pourraient être parentes à des Delesserites.
»D'autres Fucoides sont des formes graminoïdes à nervures parallèles, avec une forte nervure »médiane et rappellent les Haliserites du Dévonien. D’autres rappellent les Confervites, d’autres im- »Pressions enfin sont analogues aux Cystoseira du Tertiaire.“
En 1881, dans une nouvelle collection, il retrouve les formes décrites en 1879: Protolepidodendron Duslianum, Kr., dont un exemplaire rappelle un jeune rameau de Lepidodendron Veltheimi. Quelques morceaux montrent de plus grosses cicatrices de feuilles, un peu comme les Ænorria. Un morceau de fronde fertile de Fougère se rattache au Protopteridium hostinense, Kr. Puis parmi les Fucoides, il nomme aliserites zonarioides, Kr., forme qui ressemble au Zonarites digitatus de Mannsfeld. À un autre qui rappelle distinctement la forme du Dévonien de Coblenz nommée Drepanophyllum spinæforme, Goepp., il donne le nom de Haliserites spinosus, Ki. Quelques formes très fréquentes, délicatement ramifiées, sont appelées Chondrites verticillatus, Kr.
Puis en 1882 paraît le travail de Stur, qui nous intéresse plus directement, puisqu'il s'occupe des stations de Srbsko et de Hostim, lesquelles font justement l’objet de nos recherches. Stur est revenu à l’idée que ces plantes de , terrains siluriens“ étant les plus anciennes plantes connues doivent être les plus inférieures, et il les considere toutes comme des Algues marines. (C’est ainsi que de Protolepidodendron Scharyanum, Kr. et d’Equisetites siluricus, Kr., il fait une Siphonée, Chauvinia Scharyana, Kr. sp. Il l’a rencontrée dans l’étage H—h 1 à Hostim et à Hlubotepy. De Haliserites spinosus, Kr. ex parte, il fait une Laminariée, Lessonia bohemica, Stur, rencontrée dans l’étage H—h 1 à Srbsko et à Hostim. Le Chondrites vertiallatus, Kr. devient le Sporochnus Krejèti, Stur, une Sporochnoïdée, trouvée à Srbsko dans l'étage H—h 1. Dans le même endroit, il a rencontré une Fucacée, Fucus Novdki, Stur, qui n’est autre chose que le Haliserites spinosus de Krejëi, ex parte.
Il décrit aussi Hostinella hostinensis, Barr. manuscr. comme une Floridée (ordre des Gigartinées) qui se rencontre à Hostim, Hluboëepy et Srbsko, dans l'étage H—h 1, et qui serait un groupement nouveau des anciennes espèces: Wucoides hostinensis, Barr., Haliserites zonarioides, Kx., ex parte et Protopteridium hostinense, Kr.
#) On sait maintenant que cette flore du Dr. Richter se trouve dans des schistes appartenant au Culm. 1*
Dans l’ordre des ,Characeæ præcursores“, Stur fait le genre Barrandeina, et plus spécialement B. Dusliana, Kr. spec., qui serait le Protolepidodendron Duslianum, Kr., et qui se rencontre dans l'étage H—h 1 à Srbsko. Des planches illustrent ce travail, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour les publications précédentes.
Crié en 1883 ne s'occupe pas directement des plantes dévoniennes de la Bohême, mais il signale un point qu'on avait déjà relevé avant lui, et qui fut depuis confirmé par les observations d’autres auteurs; il dit: ,L’existence dès le Silurien supérieur des Cryptogames vasculaires et surtout des , Gymmospermes peut nous surprendre, tant il est vrai qu'un penchant général nous porte à regarder ,la simplicité comme le caractère d’une haute ancienneté. Trop souvent en effet, on se figure que la Simplicité qui, relativement à nos procédés analytiques, est antérieure à la complexité, l’est aussi ,dans l’ordre des temps; c’est là une erreur dont le naturaliste doit se garder“. Il nous a paru bon de consigner ici cette opinion, car c'est en se basant sur l’idée que combat Crié, que les auteurs ont voulu voir souvent des Algues dans ces plantes des terrains primitifs et ont refusé de les considérer comme végétaux supérieurs.
Jusqu'ici la plupart des auteurs avaient considéré ces terrains du centre de Ja Bohême comme appartenant au Silurien, et ils s’appuyaient pour cela sur l'opinion de Barrande qui avait force de loi. Mais depuis longtemps la question de la présence du Dévonien dans le centre de la Bohême avait été discutée. Reuss en 1854 avait admis l’hypothèse comme probable que ,les couches du Silurien »Supérieur du centre de la Bohême pourraient appartenir au Dévonien“. Mais c’est Kayser surtout qui, en 1878, puis en 1884 les caractérisa comme terrains dévoniens. Depuis lors la plupart des auteurs ont adopté cette manière de voir. Les stations les plus discutées, et qui sont précisément celles qui nous intéressent, furent considérées par Neumayr en 1887 comme Dévonien inférieur; actuellement on les considère comme la région supérieure du Dévonien moyen.
En 1890 Schenk, dans le chapitre ,Algen“ de la ,Paléophytologie“ du ,Zittels Handbuch“, après avoir signalé les difficultés que l’on rencontre dans la détermination des Algues fossiles et les erreurs commises dans ce domaine, dit, à la page 234, que beaucoup d’Aloues de la série des Caulerpites, dont il cite les noms: la plus grande vpartie des Palæophycées, Oldhamia, les Chondritées (parmi lesquelles’ les Algues du Flysch), les Fucoïdées, Spongiophycées, Dictyophycées, la plupart des Algues décrites par Heer dans la ,Flora fossilis Helvetiæ“, puis Æophyton, enfin les restes très mal conservés décrits par Stur comme Algues fossiles, sont tous bien plus semblables à des plantes supérieures qu'aux genres d’Algues auxquels ils ont été rattachés. D’autres doivent étre considérés comme des traces animales.
En 1892 paraît le livre de Katzer sur la géolocie de la Bohéme. L’auteur remet clairement les choses au point quant à la stratigraphie et à la géologie du pays. Il fait rentrer les stations de Hostim et de Srbsko dans la couche Df du Dévonien moyen. Quant à la flore, qu’il na pas étudiée, il s’en rapporte aux travaux précédents et aux espèces décrites par Stur.
En 1894 Solms-Laubach, à propos de plantes dévoniennes d’autres régions, s'arrête en passant aux formations de la Bohême. Diseutant les plantes trouvées là, il cite les noms créés par Stur, mais il se hâte d'ajouter que Stur a établi souvent un parallélisme incompréhensible entre quelquesunes de ses formes et les Algues, par exemple à propos de Barrandeina Dusliana qu’il place dans les Characées, mais que Krejëi, avant lui, avait bien plus justement considéré comme Protolepidodendron Duslianum. Quant aux autres, Hostinellu hostinensis, (Kr.) Stur, considéré par Krejëi comme Protopteridium, c’est bien en effet un reste de Fougère. De même Chauvinia Scharyana devrait être bien plutôt prise pour une plante terrestre. Quant à Sporochnus Krejéii il ne saurait affirmer s’il doit être pris pour une Algue ou pour une Fougère. Lessonia bohemica et Fucus Noväki enfin, très semblables l’un à l’autre, n’ont pas le moindre rapport avec le genre ZLessonia.
En 1896 Rothpletz décrit des ,Flysch-Fucoïden“, et parmi d’autres il cite Hostinella hostinensis de Stur, qu’il a pu étudier, dont il donne un dessin et qu'il a examiné au point de vue microscopique.
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Il affirme qu'il a pu y reconnaître des cellules isodiamétriques, et cela lui suffit pour affirmer que ce ne peut être une plante supérieure, mais une Algue. ,Quant à dire, comme Stur l’a fait, que c’est une Æloridée, rien ne m'autorise, dit-il, à aller si loin.“
Maïik a décrit en 1900 un fragment bien peu net et bien peu complet de Fougere dont …l donne une figure et qu'il nomme Sphenopteris Velenovskyfi. Ce petit morceau a été trouvé à Hluboéepy dans la couche h 1, et l’auteur le considère comme une plante terrestre, en partie en se basant sur les précédents travaux de Krejëi et de Schenk (qui ont affirmé que les restes trouvés dans ces couches étaient terrestres et non marins et cela avec d'autant plus de raison que les couches en question ont été considérées non plus comme Silurien, mais comme Dévonien), en partie en se basant sur des raisons pétrographiques qui l’ont conduit à concevoir l'étage H—h 1 comme étant formé de sédiments d’eau douce.
Bayer, qui a donné de ce travail un résumé dans le ,Just’s Jahresbericht“, ajoute à ce sujet que, se basant sur des raisons géologiques, il s’est convaineu que les Algues marines de Stur ne peuvent être autre chose que des Cryptogames vasculaires, et que le fragment de Sphenopteris Velenovskyi ne serait qu'un morceau de feuille de Æostinella hostinensis. Or, il est certain que cette dernière plante appartient aux Pééridophytes, et très vraisemblablement aux Fougères. Il ne peut y avoir là-dessus aucun doute, d'autant moins que Bayer, étudiant des parties carbonisées de cette méme plante, fut assez heureux, dit-il, pour mettre en préparation des éléments cellulaires, qui étaient encore très semblables, quoique très désorganisés, à des trachéides de Fougères, par exemple de Pteridium. M. le Dr. Bayer promettait de faire, à l’occasion, une petite notice à ce sujet; il n’en a pas eu le loisir, mais dans une très aimable lettre qu’il nous écrivait au commencement de 1903, il nous confirmait ses précédentes opinions, ainsi que ses observations antérieures. Il a eu l’obligeance de nous faire parvenir les dessins qu'il a faits de ces éléments considérés par lui comme scalariformes. Mais nous ne les reproduisons pas, car nous n’oserions affirmer que ce fussent vraiment des vaisseaux très caractérisés.
Schubert, en 1900, décrit un reste d’Algue du Silurien supérieur de Bohème. Ce fragment très incomplet et assez peu distinct fut considéré par lui comme une Algue, et il se basait, pour affirmer cela, sur les diagnoses macro- et microscopiques. Cette Algue avait été trouvée dans la couche E, à Podol-Dvorce, couche plus ancienne que la couche H, preuve qu'il y avait des débris végétaux plus anciens que les nôtres: clle fut nommée Chondrites Moldavae.
Au milieu de cette divergence d'opinions, il était nécessaire de remettre les choses au point, et de voir ce qu'il était possible de supposer ou d'affirmer en l’état actuel de nos connaissances. Qu'il y ait des fossiles végétaux dans l'étage dévonien moyen et notamment dans l'étage H de Barrande, cela n’a rien d'étonnant, puisque nous avons vu que Schubert en a trouvé dans l'étage E, qui est plus ancien, et puisque l'étage silurien supérieur du Harz possède des restes de Lycopodiales. Mais il résulte de nos recherches, comme on le verra plus loin, que l’on peut affirmer que tous les restes en question appartiennent à des plantes terrestres. De plus, il est probable que le nombre des espèces est peu nombreux. Tout le reste ne peut être qu’un ensemble de suppositions qui découleront des faits que nous avons pu observer et que nous discuterons dans le cours du travail.
Quant à la disposition des couches de l'étage H de Bohême, nous empruntons à la publication de M. le Prof. J. j. Jahn les renseignements suivants:
,Barrande a divisé son étage H en 3 bandes:
»L'inférieure h 1 (d'après Krejèi = ,Schiefer von Srbsko“) se compose principalement d’argiles de diverses apparences. Cette bande, d’après Krejëi, a une épaisseur de 20 à 60 mètres; c’est la »partie inférieure de cette bande qui contient des restes abondants de plantes et d'animaux.“
,La bande moyenne h2 (d’après Krejëi = ,Schiefer von. Holin“) est formée aussi d’argiles alternant avec des schistes quartzeux. Krejëi estime l'épaisseur de cette bande à peu près à 150—200 mètres. Il ne s’y trouve aucun fossile.“
,La bande supérieure h 3 (d’après Krejëi — ,Schiefer von Hostin“) se compose seulement d’ar- »giles et ne comporte pas de fossiles. La puissance de cette bande est, d’après Krejëi, d'environ ,20—40 mètres.“
,A la surface, ces schistes de H s’étendent sur un espace restreint, à peu près entre Prague et Beraun. Aujourd'hui, on n'accepte pas cette classification de Barrande en 3 bandes, car, 1° il ,ny a de fossiles qu’à la base de l'étage H, et 2° les prétendues différences pétrographiques ne suffisent pas pour en faire des horizons particuliers. Les principales stations où l’on trouve des fossiles sont, d’après la littérature: Srbsko, Hostim et Hluboëepy. Les autres (Tebotov, Holin, .Choteë, Boubovä, Karlstein) n’ont fourni que des restes assez rares et relativement peu importants.*) ,D'après les animaux fossiles que M. le Prof. E. Holzapfel étudie, il ne reste aucun doute que la ,bande H—h 1 de Barrande, c’est-à-dire la seule partie où l’on rencontre des fossiles, n’appartienne ,à la région supérieure du Dévonien moyen.“
Dans cette même publication de M. Jahn se trouve un résumé de M. Holzapfel sur la faune fossile de la région, et aussi quelques lignes se rapportant à notre travail, entre autres, la liste des espèces végétales dont la discussion va suivre.
*) Monsieur Jabn vient de m'envoyer de beaux restes de plantes fossiles qu’il a trouvés récemment à Boubovä, mais qui ne démontrent rien de plus que ceux de Srbsko etc. 2.
Introduction.
Pour l'exécution du présent travail, nous avons utilisé des matériaux qui nous ont été aimablement prêtés par les musées ou les collectionneurs suivants; nous profitons de l’occasion pour leur exprimer tous nos remerciements.
1. Museum des Kôünigreiches Bühmen. Prag (Prague). (Section géologique et paléontologique, Prof. Dr. Anton Fritsch.)
2. Geologisches Institut der deutschen Universität. Prag. (Dir. Prof. Dr. G. C. Laube.)
3. Geologisches Institut der bühmischen Universität. Prag. (Dir. Prof. Dr. J. N. Woldïich)
4. Deutsche technische Hochschule. Prag. (Dir. Prof. Dr. Fr. Wähner)
5. Bühmische technische Hochschule. Prag. (Dir. Prof. Dr. A. Slavik.)