Universität Wien. (Dir. Prof. Dr. L. Suess
9, Monsieur M. Dusl, à Beraun. (Collection qui renferme un grand nombre d’originaux de Stur). 10. Monsieur Wenzel Tomdsek, fabricant à Karlstein, Büôhmen. (Sa collection a été donnée ensuite
à la ,00hmische technische Hochschule de Brünn“.)
Enfin, le service géologique de Berlin a fait pratiquer des fouilles à Srbsko, près Beraun, et a acheté le grand nombre de fossiles trouvés là. Ces fouilles ont été pratiquées par M. Vincent Marek, sous la direction de M. le Prof. J. J. Jahn, à Brünn.
Nous avous eu entre les mains les dessins de M. le Prof. Vléek, de Wittingau, qui avait entrepris l'étude de cette flore et l’avait laissée inachevée.
Les fossiles des collections sus-nommées se rapportent directement au Dévonien de la Bohème, et plus spécialement à l'étage H—h 1, de Hostim, Srbsko, etc. Ces matériaux nous ont été envoyés à la suite d’un voyage que Potonié, en vue de ce travail et sous les auspices du service géologique de Prusse, a entrepris à Vienne, à Prague, à Beraun et à Dresde, afin de voir les collections, et de comparer les matériaux.
Nous devons remercier aussi M. W. Gothan, qui travaille au laboratoire de Potonié, et qui a bien voulu faire les macérations de houille et les préparations microscopiques. Il a effectué, en outre, la plupart des dessins. MM. E. Ohmann, C. Krohse et G. Hoffmann, à Berlin, ont fait les autres.
Nous voyons que jusqu'ici les avis ont été très partagés, tant sur la manière de concevoir la géologie pure de ce terrain, l’âge des couches et leurs rapports entre elles, que quant à la paléontologie et à la détermination des espèces végétales. Et cette divergence d'opinions est très compréhensible, si l’on songe que nous sommes ici en présence d’un terrain dont l’allochtonie est très nettement caractérisée. Divers auteurs, Maïik et Bayer entre autres, avaient affirmé que cette flore de l'étage
H—-h1 était composée de débris charriés. Nous avons pu relever plusieurs des caracteres que Potonié a énoncés comme devant déterminer l’allochtonie d’un terrain. Entre autres, la mauvaise conservation des empreintes végétales, l'absence presque totale de folioles de Fougères, et, avant tout, la présence, dans plusieurs de nos échantillons, des formations décrites sous le nom de , Häcksel“. En allemand, on appelle Häcksel, dans le langage courant, cette paille hachée en fins débris et qu'on mélange à l’avoine des chevaux. Par analogie, on a nommé de même ces accumulations de débris finement broyés, comme hachés par le transport de l’eau, presque tous à peu près de la même dimension dans un schiste donné, et qui finissent par s’accumuler dans les sédiments qui caractérisent les formations allochtones. Nous n’avons pas d'expression française à appliquer à cette formation, et nous continuerons à la nommer du mot allemand très explicite. Ces débris, qui sont plus fins à mesure qu'ils sont charriés à une distance plus considérable, peuvent être remarquablement orientés, tous dans la même direction, s’ils ont été déposés en un endroit où le courant de l’eau était encore relativement fort. Le Häcksel, du reste, est décrit dans le ,Lehrbuch* de Potonié, et dans sa , Silur- und Kulmflora des Harzes“; nous y renvoyons le lecteur, de même que pour l’exposé plus complet et la discussion des caractères qui déterminent l’allochtonie d’un terrain.
Nous avons rencontré, dans les différentes stations qui nous intéressent, beaucoup de ces Häcksel ; de très bons échantillons, trouvés à Hostim et déterminés dans les collections comme Hostinella hostinensis, montraient des empreintes végétales broyées en très fins morceaux, ou en fragments plus gros, mais toujours toutes de la même grandeur dans un même échantillon. Un autre caractère des terrains allochtones est la présence d'animaux marins mélangés à des plantes terrestres. Nous avons pu relever ce détail dans les objets que nous avons étudiés (fig. 7, 55, 63, 83, 93, 112).
Puisque nous sommes, dans l’étage H—h 1, en présence d’un terrain allochtone bien caractérisé, il ne faudra pas se baser sur l’absence de limbes de Fougères pour affirmer, @ priori, que les débris conservés ne peuvent appartenir à ce groupe de plantes; bien au contraire, les tissus mous des folioles ayant été broyés, pourris, ont disparu, ne laissant que les parties dures, les pétioles, les tiges, etc., que les auteurs ont considérés comme des Algues. C’est dans des conditions, qui ne se rencontrent malheureusement qu'avec trop de rareté, que nous trouvons parfois dans les terrains allochtones des restes très reconnaissables de feuilles de Fougères, qui viennent alors élucider nos doutes. C’est ainsi que dans quelques-uns de nos échantillons nous avons pu constater de jeunes feuilles encore enroulées en crosses et qui ont vraisemblablement appartenu à des Fougères. Mais ces débris complets, pour les raisons exposées ci-dessus, ne sont jamais en aussi grande abondance dans ces terrains que dans les schistes autochtones paléozoïques. Les auteurs, du moins plusieurs parmi les premiers qui se sont occupés de la question, ont voulu voir dans nos fossiles des Algues, et, comme nous l’avons dit, ils basaient leur opinion sur le fait qu'ils pensaient ces terrains siluriens et dévoniens devoir être considérés comme les plus anciens et devoir posséder les végétaux les plus anciens, donc les plus simples, donc des Algues. Ils oubliaient que les terrains où l’on rencontrait exclusivement ces végétaux anciens et simples sont trop vieux pour avoir pu nous conserver des empreintes végétales. Nous avons déjà relevé les erreurs qui peuvent découler d’une telle manière de voir, et nous avons cité à ce sujet l'opinion de Crié et d’autres (voir aussi le Lehrbuch de Potonié, pp. 106, 107, 353, 362).
Qu'il y ait eu des Algues marines autochtones dans ces formations qui ne nous ont transmis que des débris allochtones de plantes terrestres, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, et cela est confirmé par la présence au milieu de nos restes végétaux terrestres, et sur les mêmes pièces, de fossiles d'animaux marins (Orthoceras, Trilobites, etc., fig. 7, 55, 63, 83, 93, 112). Mais les tissus plus délicats des Algues marines n’ont pas rencontré les conditions nécessaires pour se fixer et arriver jusqu'à nous, et il est bien certain que les restes que nous avons eus sous les yeux — pour la plupart du moins — n’appartiennent pas à ces Thallophytes, mais bien à des Ptéridophytes,
qui ont été amenés d'assez loin, ont été broyés en morceaux plus ou moins gros, et rendus presque méconnaissables.
Nous ne connaissons pas de flore déyonienne ou silurienne bien certainement autochtone, et il est très évident que des doutes subsisteront sur les fossiles de ces terrains jusqu'à ce que des recherches ultérieures aient amené la découverte d’une flore dévonienne autochtone aussi bien définie que la plupart de celles du Carboniférien, et à laquelle on pourra rapporter les débris allochtones connus. Les indications claires manquent, qui permettent de caractériser bien nettement ces débris, de les réunir entre eux et de les rapporter à des genres et à des espèces connus. (C’est pour cette raison que nous n'avons pas voulu baptiser nos types de noms précis qui n'auraient été que du schéma et de l'arbitraire. Le système analytique utilisé en paléobotanique pour les flores autochtones, par exemple pour celles du Carboniférien, ne pouvant être appliqué ici par suite du manque d'empreintes convenables, à plus forte raison nous ne pouvons pas appliquer le système analytique utilisé en botanique, et qui nous eût permis de rattacher nos restes fossiles à telles ou telles espèces encore existantes, puisqu'on ne peut même pas le faire avec certitude pour beaucoup de débris houillers autochtones. Nous en avons été réduits à faire des suppositions sur les formes que nous avions sous les yeux, et quand nous rencontrions des fragments de houille, nous les faisions macérer par le procédé connu (oxydation par le chlorate de potasse et l'acide nitrique) pour en faire l’analyse microscopique qui pouvait nous fournir d’utiles indications. Ces suppositions nous ont conduits aux résultats probables suivants que nous aurons à discuter plus loin.
Ces débris appartiennent avec assez de vraisemblance à des Fougères, à des Protocalamariacées, à des Lycopodiales, à des Psilotacées, à des Bothrodendracées, à des Ginkgoacées, et à des Conifères. En outre, il y avait des fragments encore indéterminables, mais assez nets et assez curieux pour mériter d’être signalés.
Il est à supposer que les espèces vraies ne seront pas aussi nombreuses que celles qui ont été décrites jusqu'ici, ni que celles que nous dénommons; car il est peu probable qu'un grand nombre de plantes aient été emportées par les eaux pour être disposées en couches allochtones. En effet, l'eau qui a eu l’occasion d’arracher des plantes les aura enlevées toujours aux mêmes endroits, comme nous le constatons aujourd’hui; ou bien elle aura attaqué des associations de plantes vivant dans des conditions analogues, donc peu variées.
Souvent les noms que nous utiliserons, pour les raisons que nous venons de dire, et parce que nous ne voulons rien préciser, seront ceux utilisés par les anciens paléobotanistes; ils n'auront pour but que de nous faciliter l'exposé de nos recherches et la description de nos échantillons, et d'indiquer seulement les analogies que nous avons pu constater. Nous répétons que nous avons fait plus de noms sans doute qu'il n’y a de vraies espèces; mais ceci dans l'intention surtout de définir les échantillons dont nous parlons et que nous ne savons comment rattacher entre eux.
Par exemple, pour le genre Spéropteris, que nous décrivons plus bas, on comprendra que l'attribution de cette plante à un genre déterminé serait sans valeur, car il s’agit de jeunes frondes, et il est impossible jusqu'ici d'affirmer que ces frondes aient appartenu à tel genre ou à tel autre. Et ce doute subsistera jusqu'à ce qu’on ait pu découvrir les pinnules qui détermineront cette Fougère par exemple comme un Archæopteris où un Rhodea, genres qui caractérisent les terrains dévoniens et siluriens.
Tous ces fossiles sont généralement colorés en jaune-brunâtre et se distinguent nettement sur le fond grisâtre assez foncé de la pierre. Ce sont des infiltrations minérales (de fer?) qui les colorent de cette manière. Mais il est un point sur lequel nous devons attirer l’attention des observateurs, c’est que les fossiles, trouvés en grande quantité dans ces stations, ont fait l’objet d’un commerce actif, et que les marchands, pour donner plus de valeur à leurs échantillons, les ont peints avec de la sépia, en suivant quelquefois les traces de l'empreinte, ou bien en se laissant guider souvent par
leur imagination. Comme une telle pratique peut être cause d’erreurs, et qu’elle l’a été du reste, il sera bon de toujours laver soigneusement, avant de les examiner, les pièces des collections, pièces
qui, comme nous avons pu le constater dans un grand nombre de musées, ont subi la petite opération que nous venons de signaler.
Nous décrivons donc les espèces provisoires suivantes: Fougères :