‹ Flore dévonienne de l'étage H. de BarrandeChapitre 11 sur 21 · Protolepidodendron Scharyanum, Kr · texte numérisé non relu

Protolepidodendron Scharyanum, Kr

Les autres débris, trouvés à Srbsko, se présentaient (fig. 94—102) comme branches très semblables aux précédentes, étroites, de 1—1‘” de large, dichotomes, couvertes de coussinets plus ou moins rhomboïdaux (fig. 96 d, 98 b,c) que l’on pourrait aussi prendre, avec leur trace fasciculaire plus ou moins centrale (fig. 96 b) pour des états Bergeria. Il se pourrait cependant, les marques étant centrales, que ces cicatrices foliaires fussent analogues à celles qui caractérisent généralement les coussinets complets des Bothrodendracées. Ces coussinets peuvent être assez variables d'apparence comme en témoignent nos figures, agrandies ou non.

Mais ces débris ne sont pas, comme les précédents, couverts de feuilles plus ou moins larges; on remarque au contraire, sur les bords, des empreintes assez rares, très déliées, presque filiformes (fig. 950) et parfois partagées au sommet, de façon tout à fait inattendue, par une petite dichotomie (fig. 98a,d). Quelquefois aussi, on voit ces appendices s'attacher au bord de la tige par une base un peu élargie, et s’allonger en s'amincissant, sans se diviser (fig. 95 « et b).

Dans les fouilles que nous avons fait faire, nous avons trouvé (fig. 99) un échantillon très élégant, montrant un axe, et, sur les côtés, des feuilles très finement terminées en deux pointes. Ce type peut se rapporter à ceux décrits ci-dessus, quand même nous n’y trouvons pas les cicatrices caractéristiques de la surface. Nous voyons, en effet, un axe central fort bien conservé, et des deux côtés de cet axe il y a une zone brune, à l’extérieur de laquelle sont les feuilles bifurquées. Cette zone correspondrait aux tissus extérieurs à l’axe central.

Nous avons laissé ces types 1 et 2 réunis sous un même nom de genre, car les cicatrices, quoique présentant entre elles des dissemblances assez notables, nous ont permis ce rapprochement. Il se pourrait cependant qu'il fût préférable de placer le type à feuilles larges parmi les Lycopodites ou d’autres Lépidophytes.

Stur a fait de ces fossiles une Siphonée: Chauvinia Scharyana, (Kr.) Stur. Ici encore nous ne comprenons pas que Stur ait pu décrire comme Algues les types qu’il dessine et qui possedent des coussinets lépidodendroïdes aussi nettement caractérisés. Stur indique, dans sa PI. I, fig. 1, les feuilles filiformes toutes dichotomes au sommet. Il dit (p. 334) ,qu’un échantillon de Chauvinia .Scharyana fut communiqué par Barrande à Ettingshausen et que ce dernier le tenait pour un ,Sagenaria (peut-être Lepidodendron Veltheimianuwm). Mais on acquiert le mieux, ajoute Stur, la conviction que ce reste ne peut appartenir à un Lepidodendron, si l'on compare ma figure avec .les branches de même largeur des vrais Lepidodendron par exemple de ZL. Veltheimianum.* Il est intéressant pour nous de constater que les coussinets de ce type rappellent ceux des Lepidodendron et que v. Ettingshausen l'avait déjà remarqué. Mais les échantillons que nous possédons sont trop incomplets pour qu’on puisse les rattacher au genre Lepidodendron si bien caractérisé. Un autre point doit nous faire repousser immédiatement toute idée d'Algue, c'est que, par une macération convenable de la houille que nous avons rencontrée dans la pièce dont nous parlions plus haut (fig. 99), nous avons pu trouver des éléments vasculaires, entre autres de très jolies trachéides scalariformes (fig. 99 b).

Krejéi avait décrit ces débris comme Protolepidodendron Scharyanum, Kr.

Ils pourraient se rattacher peut-être aux Bofhrodendracées qui sont les Lépidophytes généralement répandus dans les terrains dévoniens. On sait que les Bothrodendron sont remarquables par le fait que les coussinets lépidodendroïdes qu'ils ont sur les branches jeunes, s’effacent rapidement et que les rameaux passent en vieillissant à l'état léioderme. Nous n’avons pas pu trouver de tels

états léiodermes, mais il faut dire qu'aucun de nos échantillons ne dépassait 11°” de largeur. Aussi ne serait-il pas impossible que nous fussions en présence de branches jeunes de Bothrodendracées sans que nous puissions l'affirmer à coup sür.

La présence de feuilles (?) dichotomes au sommet, chez une de nos espèces, ne parlerait pas contre l’interprétation de ces fossiles comme Bofhrodendracées, quoique celles-ci n'aient pas de feuilles divisées. Il serait même intéressant de constater chez une Bothrodendracée très ancienne la présence de feuilles dichotomes, ce qui serait l'équivalent de ce qu’on retrouve chez les ÆEquisetales. dont les plus anciennes (Protocalamariacées) ont des feuilles bifurquées qui ont disparu chez les fossiles plus récents *).

Fig. 95.b

Fig. 94—97. Protolepidodendron Scharyanum, P. et B.

94. Srbsko. (Reïchsanstalt, Wien.) Coussinets lépidodendroïdes +. 95. . (K. k. geol. Reïchsanstalt.) a) Feuilles étroites. Coussinets lépidodendroïdes +. b) montre la base large des feuilles $.

96. Srbsko. (K. k. geol. Reïchsanstalt.) Feuilles étroites, coussinets lépidodendroïdes. & +, b +.

Page 1