‹ Flore dévonienne de l'étage H. de BarrandeChapitre 12 sur 21 · RASE · texte numérisé non relu

RASE

Nous devons citer ici 3 figures de M. Viéek, dont M. Fritsch nous a communiqué les dessins ; nous avons pu voir qu'il avait, Comme nous, remarqué sur les restes à coussinets lépidodendroïdes des feuilles curieuses, élargies à la base, puis très étroites et bifurquées au sommet. Nous reproduisons (fig. 100—102) trois de ses dessins qui montrent bien de quoi il s’agit.

Des observations semblables ont été faites par Dawson qui a décrit, du Dévonien d'Australie, des fossiles absolument identiques à ceux qui nous occupent, avec les mêmes cicatrices le long du tronc, et les mêmes feuilles bifurquées au sommet. Il les à appelés Dicranophyllum australicum. Il ajoute que le nom Dicranophyllum a été établi par Grand’ Eury pour certaines plantes des schistes houillers français, et que cet auteur regardait ces plantes comme probablement des Conifères.

*) Voir p. 24.

Nathorst, comme Heer avant lui, dans son ,lle des Ours“ a décrit beaucoup de restes de Bothrodendracées qui concordent bien au point de vue des rameaux et des coussinets foliaires

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Fig. 99. Fig. 100.

Fig. 98—102. Protolepidodendron Scharyanum, P, et B.

98. Srbsko. (K. k. geol. Reichsanstalt.) a Coussinets lépidodendroïdes 1, bd, cid. +, d feuilles bifurquées au

sommet .

99. Srbsko. (Geol. Landesmuseum, Berlin.) 4. Axe central rempli de houille. Petites feuilles élargies à la base, bifurquées au sommet + b. Une hydrostéréide obtenue par macération de la houille © 100. Dessin de M. Vléek. Coussinets lépidodendroïdes, feuilles bifurquées au sommet (TER fois grossi). 101—102. à 4

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avec nos types de Bohème La plupart de ses échantillons, qui sont beaucoup plus gros que les nôtres et ont nettement les caractères de Bothrodendron avec les formes léiodermes typiques, n’ont malheureusement que rarement des feuilles. Un de ses dessins cependant montre, comme les nôtres,

des feuilles filiformes, et parfois, semble-t-il, dichotomiques au sommet. C’est ce que Nathorst appelle Bothrodendron (Cyclostigma) brevifolium, Nath.*) Potonié à cité aussi (Silur-Flora) un Bothrodendron pour des schistes siluriens du Harz. Donc l’hypothèse d’une Bothrodendracée ne peut pas être repoussée «@ priori. Quant au nom à attribuer à ces types, nous pourrions ieur donner celui de Dicranophyllum, qui semble le mieux indiquer leur identité et qui aurait l’avantage de relever cette curieuse coïncidence de la présence de types identiques, à la fois en Bohême et en Australie. Mais ce nom aurait l'inconvénient, selon la conception de Grand’ Eury, de rappeler une parenté (peu probable) avec les Conifères. Nos fossiles pourraient aussi être rangés dans le senre Bothrodendron ; cependant, puisque aucune raison fondamentale ne s'oppose au nom donné par Krejëi, nom qui à pour lui l’avantage de l'ancienneté (1879), nous conserverons à nos fossiles le nom de Protolepidodendron Scharyanum, Kr. pour les échantillons à feuilles dichotomiques, et nous appelerons Z. karlsteini le type à feuilles plus larges. Des recherches ultérieures pourront seules, par la découverte d'échantillons meilleurs, permettre d'affirmer, si ces deux espèces doivent être définitivement séparées et dans quel groupe il faut les placer.

Incertæ sedis.

Nous devons décrire ici un type incertain (fig. 103) qui se rattache peut-être à nos Bofhrodendracées ou qui pourrait être considéré comme une Lépidodendracée. I] s’agit d’un axe portant de nombreuses marques disposées en séries longitudinales très régulières et qu’il est difficile d’interpréter, soit comme ÆÂnorria, soit comme coussinets foliaires. Les PBothrodendracées ont souvent, avant d'arriver à l’état léioderme, des apparences qui rappellent celles que nous décrivons, mais d'autre part on a décrit des formes de Lepidodendron très analogues à notre échantillon. Aïnsi Dawson, en 1861—1863, puis en 1873, publie un ZLepidodendron Gaspianum qui présente les mêmes caractères (marques knorrioïdes) que notre pièce de Srbsko.

Ulodendron (?) hostimense, P. et B.

Fig. 104.

Les fouilles que nous avons fait faire à Srbsko nous ont fourni un type intéressant qui consiste en un axe assez large, ramifié en dichotomies. Les rameaux sont couverts de stries longitudinales plus ou moins irrégulières et plus ou moins accentuées. Peut-être ne sont-elles qu’accidentelles, mais sur cette impression, dont nous possédons aussi Ja contre-empreinte, ce qui nous à frappés est la présence, à la base des rameaux, de marques plus ou moins arrondies avec une dépression centrale, et dans cette dépression une espèce de cicatrice. Ces formations rappellent celles décrites sous le nom d'Ulodendron et qui sont constituées par des tiges de Lepidodendron portant les marques d’insertion des cônes cauliflores. Zeiller a rattaché, avec preuves à l'appui, aux Bothrodendron, sous le nom de B. punctatum, un type avec de semblables formations et qui avait été signalé à plusieurs reprises (entre autres par Schimper) sous le nom d’Uodendron punctatum. Chez notre échantillon, ces marques se trouvant être toujours à la naissance des ramifications, pourraient être un argument de plus en faveur de la théorie qui veut que les fleurs naissent toujours en un point de moindre accroissement. Ici, chaque rameau de la dichotomie recevant moins de nourriture, il en résulterait un accroissement ralenti, et il est intéressant de constater que c’est en ce point justement que se trouve la fleur. L’'analogie est si grande entre les Uodendron et nos échantillons, que nous avons cru pouvoir adopter pour notre fossile, qui malheureusement est unique, le nom d’Ulodendron (?) hostimense. Mais on ne pourra rien affirmer jusqu’au moment, où l’on aura trouvé ces formations en

*) Mr. Nathorst m'écrit que son B. b. n'a pas de feuilles bifurquées. P. 6*

Fig. 104.

Fig. 103. Incertæ sedis.

103. Srbsko. (Geol. Landesmuseum, Berlin.) Empreinte lépidodendroïde +.

Fig. 104 Ulodendron(?) hostimense, P. et B.

104. Srbsko. (Geol. Landesmuseum, Berlin.) Tronc dichotomique avec cicatrices ulodendroïdes +.

Fig. 105—106. Lycopodites hostimense, P. et B.

105. Srbsko. (Geol. Landesmuseum, Berlin.) Axe fertile dichotome; feuilles nombreuses, sporanges -. 106. (Collection Dusl.) Axe feuillé dichotome, stérile.

relation avec des formes typiques de Bothrodendron, et en attendant nous ne pouvons pas prétendre certainement être en présence de vrais Uodendron. Cependant rien ne vient infirmer décidément

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jusqu’à présent notre supposition; au contraire puisque nous venons de voir que des restes analogues à des Bothrodendracées sont fréquents dans l’étage H—h 1 de Barrande.

Nous n’affirmons pas que notre Uodendron appartienne à notre Protolepidodendron; nous nous bornons à les décrire côte à côte, et des recherches ultérieures élucideront peut-être ce point, en

mettant au jour des formes typiques de PBothrodendracées avec les cicatrices caractéristiques et portant les marques ulodendroïdes.

Lycopodites hostinnensis, Pl. et B.

Fig. 105—106.

Nous avons eu entre les mains un fossile dont nous n'avons pas trouvé jusqu'ici l'indication dans les ouvrages traitant du Dévonien de la Bohême. Il s’agit d’une branche feuillée dont nous avions aussi la contre-empreinte; elle était remarquable par la grandeur et le grand nombre de ses feuilles, et par le fait que, sur la plupart de celles-ci, et, semble-t-il, fixés à leur base, se trouvaient des sporanges assez gros (11—2"* de diamètre), circulaires, peut-être un peu elliptiques, mais suffisamment bien conservés pour qu’on puisse reconnaître leur forme générale. Potonié, dans son Lebrbuch (p. 259) et dans les Ptéridophytes des ,Pflanzenfamilien“ d’Engler et Prantl (p. 716), décrit les Zycopodites comme des restes de ZLycopodiacées très semblables à des rameaux jeunes de Zépidodendracces.

Il donne quelques exemples qui prouvent qu’il y avait très probablement, dans les terrains paléozoiques déjà, de vraies Lycopodiacées ou des Sélaginellacées, et que certains restes décrits pourraient même être rapportés directement à ZLycopodium. On connaît, dit-il, la forme des sporanges, mais on ne peut pas dire, s'ils sont iso-ou hétérosporés. Les feuilles, il est vrai, sont disposées comme chez les Lycopodiacées et les Sélaginellacées, mais il serait imprudent d'utiliser les noms récents de Selaginella où de Lycopodium. Il est préférable de s’en tenir à l’ancien nom de Goldenberg, qui nommait ces restes Lycopodites. C’est ce que nous avons fait pour l'espèce qui nous occupe, et nous lui avons donné, vu la disposition de ses feuilles, la dichotomie de ses branches, Ia distribution et la forme de ses sporanges, le nom de ZLycopodites (espèce L. hostimensis). Il est intéressant de relever ce fait que l’axe fertile (fleur) est dichotomisé, comme cela se rencontre encore chez de nombreuses Lycopodiacées actuelles, notamment chez beaucoup d’espèces tropicales.

Nous avons représenté (fig. 106) un échantillon qui pourrait se rattacher à notre Lycopodites, quoique nous n’ayons pas pu y constater les sporanges; mais la dichotomie de l’axe, les feuilles dont il est couvert, tout parle en faveur d’une similitude.

Barrandeïina Dausliana, (Kr.) Stur ex parte.

ie 107128:

Protolepidodendron Duslianum, Kr. ex parte.

1. Nous avons tout d’abord à considérer des restes végétaux se présentant le plus souvent comme des tiges de 20—30°* de longueur, et dont la largeur varie de 2—4°7. Ces branches, comme toujours dans ces dépôts allochtones, sont malheureusement des fragments portés autrefois par des troncs plus considérables, qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous.

Ces branches sont caractérisées à leur sommet par une dichotomie remarquable (fig. 107 & et b, 111, 112, 115) et chacune des ramifications ainsi produites peut (fig. 111) se dichotomiser à son tour. Sur les fossiles eux-mêmes, on remarque des moulages qui peuvent être de deux natures selon les échantillons considérés: sur les uns, ce sont des marques knorrioïdes assez allongées: 20—40"

Fig. 107.b Fig. 108.

Fig. 107—108. Barrandeina Dusliana, (Kr.) Stur.

107. Srbsko. (Univ. Wien.) Un fossile a) avec sa contre- empreinte. b) Dichotomie. Aspidiaria +.

108. Srbsko. (K. k. geol. Reichsanstalt.) Appendices basilaires. Knorria +.

au plus de long, sur 2—8 de large, et très rapprochées les unes des autres, jusqu'à se toucher

(fig. 108—117, 120, 121). Peut-être avons-nous dans certaines figures de véritables Ænorria

(fig. 108, 111, etc.).

Mais dans le type le mieux caractérisé que nous ayons (avec sa contre-empreinte), fig. 107, nous voyons qu'il s’agit de forme correspondant tout à fait à l’état de conservation qu’on appelle Aspidiaria chez les Lépidodendracées (voir Potonié Silurflora, p. 117, fig. 72, à propos de Lepidodendron Veltheïmi).

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Fig. 110.

Fig. 109—110. Barrandeina Dusliana, (Kr.) Stur.

109. Srbsko. (K.k. deutsche technische Hochschule, Prag, la contre-empreinte chez M. Dusl à Beraun.) Knorria, feuilles petiolées, lobées au sommet. Nervation 3 110. Hostim. (K. k. geol. Reïchsanstalt.) Knorria, base des feuilles +,

On peut très nettement dans la contre-empreinte (vue de l’intérieur du tronc) constater la présence de ,lentilles“ plus ou moins allongées. Ces ,lentilles“ sont les moulages de coussinets vus de dedans, sous les tissus périphériques, le centre de la tige ayant disparu. Ce type était très clairement un semblable moulage de l’intérieur des coussinets foliaires.

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Fig. 111.

Barrandeina Dusliana, (Kr.) Stur.

111. Srbsko. (K.k. deutsche techn. Hochschule, Prag.) Axe deux fois dichotomisé. Knorria. Feuilles ginkgoïdes (avec nervures dichotomiques ?) +.

Dans un ou deux de nos échantillons, nous avons rencontré.

à la base de la tige,

(1 des appendices étranges’ que nous n'avons pas

| su comment interpréter

\ (racines? débris de

; feuilles?) (fig. 108).

Nous avons considéré ces fossiles comme ‘i pouvant être des restes de Ginkgoacées à cause de la présence sur plusieurs de nos tiges, de feuilles, ou plutôt d'empreintes bien caractérisées comme restes foliaires (fig. 109, 111, 112),*) et rappelant de très près les feuilles de certaines Ginkgoacées fossiles.

Ces feuilles, dont les morceaux étaient malheureusement bien petits, devaient avoir été plusieurs fois et assez profondément découpées, et montraient encore des nervures **) très nettes, et çà et là dichotomiques (fig. 111, 112).

D’autres, très étroites, se présentaient comme un pétiole terminé par un petit morceau de limbe avec la lobation caractéristique

*) Notre fig. 112 se retrouve sous une apparence un peu différente chez Stur (PI. V, fig. 8) sous le nom de Barrandeina Dusliana. 11 ne faut pas trop s'étonner si la photographie de Stur est plus nette que notre dessin, car nous avons pu constater sur l'original que les empreintes étaient colorées à la sépia, et après avoir lavé l’échantillon, il nous est apparu tel que nous le représentons.

*#*) Jn allemand, nous n’emploierions pas le mot ,Nerven“ qui ne nous semble pas justifié. De tous les mots allemands utilisés pour désigner les éléments conducteurs, nous préférons employer le mot ,Adern“. In français, nous utiliserons le mot ,nervures“, qui n’a pas les mêmes inconvénients que le »Nerven“ allemand.

(fig. 109). Comme le montrent les empreintes knorrioïdes et les bases foliaires de certains échantillons, les feuilles devaient être nombreuses tout autour de la tige et présenter une disposition spiralée: Un

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