PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES. IX
dans le pavot ; trois dans la ficaire ; quatre dans la giroflée, la rave et autres crucifères ; cinq dans le lin, etc.
Ces différentes pièces prennent le nom de phylles (mot grec qui signifie feuilles), d’où les expressions de monophylle, pour exprimer un calice d’une seule pièce ; polyphylle, plusieurs pièces ; diphylle, deux pièces; triphylle , trois pièces, etc , etc. Il ne faut pas confondre les dentelures ou découpures d’un calice composé d’une seule pièce, avec les calices vraiment polyphylles, qui ne sont réellement tels que quand les différentes parties dont ils se composent ne tiennent nullement l’une à l’autre par leur bord ; mais en voici assez pour que chacun puisse reconnaître cette partie de la fleur.
La corolle { mot latin qui signifie petite couronne } est cette partie ordinairement brillante de la fleur qui vient après le calice, et qui forme l’enveloppe la plus intérieure de l’étamine et du pistil. Sa forme comme sa couleur est infiniment variée, et elle peut offrir celle d’une cloche, comme dans le liseron, la belladone ; d’un entonnoir, comme dans le jasmin , le lilas, le tabac ; d’une roue, comme dans la bourrache, la véronique, le sureau ; d’un tube plus ou moins allongé, comme dans les fleurs flosculeuses composées, etc., etc. Quant à la couleur, elle peut être pourpre, écarlate, violette , bleue, verte, brune, jaune , noire, etc. Comme le calice, elle s'offre tantôt en une seule et tantôt en plusieurs pièces ; dans le premier cas, elle prend le nom de monopétale , mot grec qui signifie une seule lame, un seul feuillet ; dans le second , elle est désignée sous celui de polypétale, qui signifie plusieurs feuillets. La fleur du liseron, de la belladone, de la digitale pourprée, nous offre l'exemple du premier cas ; celle de l’œillet, de la giroflée, de la rose, du pavot, celui d’une corolle polypétale.
L’étamine ( mot grec qui signifie organe sexuel mâle } est cette troisième partie de la fleur qui vient immédiatement après la corolle, et dont l’usage est de féconder l’organe femelle ou pistil, qui se trouve dans la partie centrale de celle-ci ; cet organe est ordinairement composé de deux parties : le filet et l’anthère.
Le filet, partie de l’'étamine qui n’existe point dans toutes les fleurs, comme n’étant point indispensable à la fécondation , ainsi
Kr PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES.
que son nom l'indique , n’est qu’un petit appendice charnu, en forme de fil, au sommet duquel se trouve l’anthère, partie essentielle de la fleur et sans laquelle la fécondation ne peut avoir lieu.
L’anthère ( mot grec qui signifie fleuri , parce qu’il ne peut être bien observé qu'après l'épanouissement de la fleur ) consiste en un petit sac membraneux à double cavité, dans le sein duquel existe une poussière très fine , dite pollen.
Le pollen renfermé dans les deux loges de l’anthère, comme nous venons de le voir, consiste en deux petits grains dans le sein desquels se trouve un fluide très fin.
Le pistil (mot latin pistillum , qui signifie pilon, à cause de la ressemblance que cet organe offre souvent avec cet instrument de pharmacie ), le pistil , dis-je, qualifié avec raison d’organe sexuel femelle, est cette partie de la fleur qui occupe presque constamment le centre; il se compose ordinairement de trois parties, qui sont l'ovaire , le style et le stigmate.
L’ovaire { mot dérivé d’ovum, qui signifie œuf , parce que cette partie du pistil présente en effet des petits grains appelés ovules ou rudiments des graines ) est la partie inférieure du pistil qui est immédiatement supportée par le réceptacle , c’est-à-dire le fond du calice. Son caractère essentiel est d'offrir, quand on la coupe en travers, une quantité plus ou moins considérable de grains désignés sous le nom d’ovules ou petits œufs.
Le stigmate ( mot dérivé d’un verbe grec qui signifie piquer ) est cette partie supérieure du pistil qui se présente sous une forme variable , et dont l’usage est de transmettre à l'ovaire la poussière fécondante répandue à sa surface par les étamines.
Le style, dont l’existence n’est point constante dans toutes les plantes, est cette partie filiforme et creuse située entre l’ovaire et le stigmate, lequel a pour usage de transmettre au premier la poussière fécondante répandue à la surface du stigmate.
Les bases principales du système de LiNNé reposent essentiellement sur les organes sexuels mâles ou les étamines pour les classes, et sur les pistils ou organes sexuels femelles pour les ordres ou subdivisions des classes : celles-ci sont au nombre de vingt-quatre.