XVI PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES
d’après la réunion des filets staminaux en un, deux ou-plus grand nombre de faisceaux distincts, abstraction faite du nombre des étamines qui les composent. LINNÉ a dans ce cas employé les caractères tirés du grand nombre des étamines pour former les ordres de ces trois classes : ainsi, on dit des plantes monadelphes, qu’elles sont triandres , tétrandres, pentandres, décandres, polyandres , suivant qu’elles renferment trois, cinq, dix ou un plus grand nombre d’étamines soudées et réunies par leurs filets en un seul corps. Il en est de même dans la diadelphie et la polyadelphie, c’est-à-dire que le nom des ordres est le même que celui des premières classes du système.,
La dix-neuvième classe, ou la syngénésie, exige l'attention la plus scrupuleuse. Elle renferme toutes les synanthérées qui forment à-peu-près la douzième partie des végétaux connus. En examinant bien ces fleurs composées , on remarque, par suite d’avortements constants , avec les fleurs hermaphrodites , des fleurs mâles et des fleurs femelles, souvent même des fleurs entièrement neutres, ce qui forme une sorte de polygamie ; aussi est-ce le nom que LINNÉ a donné aux six ordres de la syngénésie.
1° Ordre. Polygamie égale , ainsi nommé , parce qu’il renferme les fleurs composées, dont les floscules toutes fécondes, c’est-à-dire pourvues de pistils et d’étamines, sont égales, comme la dent-delion, le chardon , les salsifis.
2° Ordre. Polygamie superflue. Les floscules du disque sont hermaphrodites , celles de la circonférence sont femelles ; mais toutes cependant. portent graines. Exemple : la marguerite, l’armoise, l’absinthe.
3° Ordre. Polygamie frustanée. Les floscules du milieu sont parfaites et fécondes, tandis que celles de la circonférence sont neutres ou femelles , mais tout-à-fait stériles et frustrées : les centaurées , les bluets , les hélianthes.
4° Ordre. Polygamiée nécessaire. Les floscules du disque sont hermaphrodites, mais stériles par un vice de conformation du stigmate; celles de la circonférence sont femelles et fécondées par le pollen des premières qui n’ont que l’apparence de la perfection; dans ce cas, elles sont donc nécessaires. Exemple : le souci.