DISCOURS PRÉLIMINAIRE. III
créateur a répandu des plantes; les unes nourrissentlhomme, les autres le désaltèrent. Celles-ci lui fournissent un tissu qui le met à l'abri des injures de l'air, celles-là lui offrent des sucs bienfaisants qui réparent ses forces, raniment ses organes affaiblis. lei, sous la forme de majestueuses forêts, elles exercent le plus puissant empire sur les météores électriques et aqueux, changent en air vital les émanations délétères qui s'élèvent du fond des marécages, tempèrent l’ardeur brülante du soleil , répriment la violence des vents. Là, plus humbles mais non moins intéressantes , elles brillent d’un doux éclat sur les bords des ruisseaux ou dans - le sein des prairies, qu’elles embaument de leurs parfums et dont elles protégent la fraicheur. Quelques-unes peignent la candeur et l’innocence, d’autres la joie ou la tristesse ; d’autres, enfin, embellissent les ruines, ombragent les tombeaux de leur sombre verdure, et prêtent à ce dernier asile de l’homme je ne sais quel charme dont on ne peut se défendre. |
Que dirons-nous de la propriété de ces productions végétales, des armes qu’elles nous fournissent pour combattre les maux qui menacent notre vie? Deux ordres de plantes nous offrent des remèdes puissants. Les unes se recommandent par des propriétés actives, changent et modifient le jeu de nos organes d’une manière plus ou moins sensible ; les autres, douées d’une plus grande énergie, se distinguent par une odeur virulente, une saveur âcre, par la couleur ordinairement sombre de leur feuillage et par un aspect pour ainsi dire sinistre. C’est dans ce groupe qu’on trouve de violents poisons; mais on y trouve aussi les remèdes les plus efficaces. Ainsi, dans le système physique, le bien esl Loujours placé à côté du mal; d’où résulte une sorte d'équilibre qui en fait l'harmonie.
Mais c'en est assez pour faire entrevoir les beautés et