‹ Flore du HainautChapitre 8 sur 352 · VI PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

VI PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES

années, une partie de leur temps pour n’acquérir que des notions vagues et incertaines. Il est facile de démontrer , par l’expérience journalière , que ce peu de réussite dépend évidemment de l’idée fausse qu’ils se sont formée de cette science, et de la mauvaise marche qu’ils ont suivie dans son étude.

Quelle est donc la meilleure méthode d’étudier la botanique ? nous allons ( c’est encore M." RicHARD qui parle) indiquer en peu de mots celle que l'expérience nous a démontrée être la plus certaine, et en même temps la plus prompte.

1.° Il est de toute évidence que pour pouvoir reconnaître une plante dans une description quelconque , il faut pouvoir apprécier le sens et la valeur des expressions employées pour la décrire. Les organes des végétaux ne sont point en grand nombre, par conséquent les noms substantifs qui les représentent sont peu nombreux, etla mémoire la moins heureuse les retiendra sans efforts. Pénétrezvous donc bien d’abord du sens attaché aux mots tige, feuille, racine, calice, corolle, etc., etc., avant de chercher à aller plus loin.

2.° Ces organes peuvent éprouver diverses modifications que le botaniste exprime par des mots adjectifs, mis à la suite du nom substantif. Ainsi on ajoute au mot tige les adjectifs herbacée, ligneuse , simple, rameuse , dressée, couchée, cylindrique, pentagone, suivant que l’on-veut exprimer qu’elle est verte et tendre , ou solide et dure comme du bois; qu’elle est sans rameaux ou divisée en branches ; qu’elle est dressée vers le ciel ou étalée sur la terre, etc., etc. La plupart des noms adjectifs employés dans le langage botanique sont usités pour désigner d’autres objets , et par conséquent connus de tout le monde, Ainsi, il n’est personne qui ne se figure une tige cylindrique ; tétragone ; pentagone ; il en est de même d’un grand nombre d’autres adjectifs. Mais cependant il en existe plusieurs qui, étant particuliers à la langue botanique , ont besoin d’être définis pour être bien compris. C’est donc uniquement ceux-là que l’homme qui veut étudier la botanique, doit chercher à bien connaître et à retenir, puisque sachant déjà la valeur des autres, il n’a besoin que de les voir pour en comprendre aussitôt le sens. Nous donnerons , à cette fin , une table glossologique assez détaillée.

PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES. vil

3.° Celui qui connaît les noms de différents organes d’un végétal, le sens attaché aux expressions propres à présenter leurs modifications principales , n’a plus besoin que de faire choix d’un système .et de l’étudier, pour être devenu botaniste. Voilà, certes, ce qui est très encourageant.

La méthode du célèbre Jussrev a, sur toutes autres, l'avantage de conserver les familles naturelles, de rassembler les plantes analogues par leur vertu, ét de présenter un tableau gradué de l’organisation végétale , depuis la plante la plus simple jusqu’à celle qui est la plus compliquée. Cependant l’ingénieux système sexuel de l’immortel LINNÉ a, pour les commençants surtout, une supériorité que rien ne parait encore devoir lui faire perdre. Je conseillerai donc toujours aux élèves d'apprendre d’abord le système de LINNÉ , puis la méthode des familles naturelles; ou, s’il est possible, de se familiariser simultanément avec les systèmes de nos deux célèbres auteurs, Aussi avons-nous eu soin de les mettre constamment en regard.

Trois raisons principales nous ont fait adopter, pour notre Flore, la marche du botaniste suédois.

1.° Parce que nous restons convaincu que de tous les moyens inventés pour coordonner les végétaux et faciliter la recherche de leurs noms, le système de LiNNÉ est sans contredit le plus simple ; aussi a-t-il presque généralement été adopté.

2.° Parce qu'il renferme non seulement toutes les plantes connues au temps de LINNÉ , mais encore toutes celles découvertes depuis lui , et il est à croire que toutes celles que l’on découvrira par la suite viendront de même naturellement s’y ranger , sans que l’on ait besoin de créer de nouvelles divisions. Il n’en est pas ainsi de la méthode naturelle, toujours la première, mais encore incertaine, et destinée à l'être à jamais. En effet, comme ses bases reposent sur un plus grand nombre de difficultés , et que chaque chose s’y place, selon qu'on donne plus ou moins d'importance à tel ou tel organe, tout y peut changer conséquemment de rapport , tandis que dans le système, la valeur d’une même base étant une fois admise , une multitude de conséquences en dérivent sans effort et vous conduisent où vous voulez parvenir.

Page 1