PEUPLIER. POPULUS EL
Ecailles des chatons plus ou moins découpées, Disque floral en forme de cupule oblique. Etamines en nombre variable, à filets libres. Ovaire sessile ou stipité ; style et stigmales variables. Capsule ovoïde ou oblongue. — Feuilles larges , à pétiole latéralement comprimé. Chatons précoces.
P. Bcanc. P, alba E,, — Arbre élevé, à racines longuement rampantes, à écorce crevassée, à branches étalées, à jeunes rameaux et jeunes bourgeous tomenteux. Feuilles longuement pétiolées , ovales , ou presque orbiculaires, ou presque cordiformes, sinuéesanguleuses ou fortement crénelées, rarement palmatilobées , vertes et luisantes en dessus , blanches-tomenteuses en dessous, à duvet guolynefpis assez caduc. Chatons femelles bien plus grêles que les chatons mâles ; écailles seulement incisées ou dentées , celles des fleurs mâles velues-ciliées, celles des fleurs femelles légèrement poilues. Etamines 4-8. Ovaire bien plus long que la cupule ; style très court ; stigmates jaunes, à 2 divisions étroites, égales, divergentes.
Chatons fructifères compactes. — Cet arbre est naturalisé dans le département. — Mars. Lieux frais, coteaux , talus. AC.
P. TREMBLE. P. Tremula L. — Arbre généralement médiocre, à écorce lisse, grisâtre , à branches bien ouvertes , à jeunes rameaux pubescents ou velus, à bourgeons glabres et visqueux. Feuilles longuement pétiolées , très mobiles , presque orbiculaires , sinuées ou fortement crénelées-dentées, glabres et d’un vert assez clair ; les jeunes quelquefois pubescentes en dessous. Chatons femelles aussi épais que les chatons mâles ; écailles palmatifides chargées de longs poils soyeux. Etamines 4-8. Ovaire presque renfermé dans la cupule ; style bifurqué ; stigmates purpurios , obliquement peltés, à 3 ou 4 divisions inégales. Chatons fructifères compactes. — Les pousses radicales offrent des feuilles qui ressemblent assez aux feuilles du Peuplier blanc. — Mars, avril. Bois humides, haies, talus. AC,
P. noir. P. nigra L. — Arbreélevé, à écorce ridée, à branches étalées , à rameaux glabres, un peu jaunâtres , à bourgeons glabres, noirâtres et visqueux. Feuilles longuement pétiolées , triangulaires ou rhomboïdales, généralement un peu plus longues que larges, acuminées , crénelées ou dentées , glabres ; les jeunes glutineuses. Chatons à écailles glabres, frangées-ciliées. Etamines 8-30, à anthères rougeâtres. Style bifurqué ; stigmates jaunes, presque orbiculaires , à deux lobes. Chatons fructifères lâches ; capsules ovoïdes. — Mars. Bord des caux , talus des prairics. TR. La Roche-Bernard , Rieux. AC, suivant M. Aubry.
P. pyRAmIDAL. P. fastigiata Poir. — Arbre très élevé, à écorce crevassée , à branches dressées, à rameaux glabres, à bourgeons glabres et glutineux. Feuilles triangulaires ou rhomboïdales , ordinairement
plus larges*que longues , acuminées, dentées, glabres ; les jeunes un peu glutineuses. Chatons et fleurs de l'espèce précédente- — L'introduction dans le département du Peuplier pyramidal, appelé aussi Peuplier d'Italie, ne date guère que de trois quarts de siècle, mais il a été tellement multiplié, qu'il passe pour un arbre du pays. — Mars. Lieux frais, bord des eaux. C. — Quelques botanistes persistent à regarder cet arbre comme une variété du Peuplier noir, bien que son port diffère absolument et constamment du port de ce dernier. Il présente une pyramide eflilée très remarquable, surtout lorsque la main de l’homme ne le prive pas des brañches qui naissent près de la base du tronc.
Obs. Le Peuplier de Virginie, Populus Virginiana Desf. , improprement nommé Peuplier suisse, est, depuis quelques années, assez généralement planté dans le Morbihan. Il se rapproche du Peuplier noir par la direction de ses branches et par la forme de ses feuilles. Il en diffère par ses rameaux d’abord anguleux, et par ses chatons fructifères plus longs et plus lâthes. C'est le P. à chapelet , P. monilifera Ait. — On voit suuvent dans les parcs et près des pièces d'eau le Peuplier du Canada, Populus Canadensis Desf. Cet arbre se distingue surtout du P. de Virginie par ses rameaux anguleux-ailés , enfin subéreux , et par ses feuilles plus longues, pourvues de deux glandes à l'insertion du pétiole.
Fam. LXXIV°. — BETULINÉES. A. Rich.
Fleurs monoïques, disposées en chatons unisexuels ; les chatons mâles cylindriques, allongés, à écailles stipitées-peltées , presque toujours appendiculées ou lobées ; les chatons femelles cylindracés , oblongs ou evoïdes, à écailles ordinairement lobées , quelquefois
entières , plus ou moins accrescentes. Calice des fleurs mâles tantôt régulier, à 3 ou 4 divisions, tantôt imparfait et réduit à quelques écailles inégales. Fleurs femelles sans calice ; ovaire supère, sessile, biloculaire, à 2 stigmates filiformes. Fruit sec , indéhiscent, généralement ailé (Samare), uniloculaire et monosperme par avortement, rarement biloculaire et disperme. Graine pendante, privée de périsperme, à cotylédons plats devenant foliacés. — Arbres ou arbrisseaux , à feuilles alternes et simples, à stipules libres et caduques , à chatons précoces.
BOULEAU. BETULA Toura.
Ecailles des chatons mâles à 2 appendices et ne portant qu'une fleur. Calice réduit à des écailles inégales ; étamines 3-6, à filets bifurqués, à loges des anthères disjointes, et, ainsi, une demi-anthère sur chaque branche du filet. Chatons femelles cylindracés, à écailles trilobées, rarement entières, presque toujours triflores , médiocrement accrescentes , enfin caduques, Samare à bords transparents, très rarement un akènc.
Nota. Suivant queiques botanistes, les écailles des chatons mâles sont triflores et chacune des fleurs se trouve constituée comme suit : calice réduit à une écaille ; 4 étamines, à filets soudés par paires dans une partie de leur longueur ; anthères uniloculaires.
B. gLanc. B. alba L. — Arbre ordinairement assez médiocre , quelquefois élevé, à tronc peu épais, à écorce lisse et d’un blanc satiné, à branches ouvertes, peu fortes , à rameaux grêles, glabres , rougeâtres ou brunâtres, souvent pendants, les jeunes ordinairement verruqueux-résineux, Feuilles pétiolées, ovales-rhomboïdales ou ovales-triangulaires , acuminées ; inégalement dentées ou même doublement dentées, glabres,
vertes et luisantes en dessus, päles en dessous ; les jeunes souvent un peu visqueuses. Ecailles des chatons femelles cunéiformes inférieurement, larges et trilobées dans leur partie supérieure, à lobes inégaux , Ciliés. Samare large, échancrée au sommet. — Avril, mai. Forêts , taillis, coteaux. C.
Var. — pubescens. — Jeunes rameaux pubescents ou velus. Feuilles plus ou moins pubescentes en dessous. Parties fraîches des bois. AR.
AULNE. ALNUS Tourn.
Ecailles des chatons mâles appendiculées , triflores ; appendices au nombre de 4. Calice à 4 divisions régulières ; étamines 4, opposées aux divisions du calice ; filets courts, simples ; anthères fixées par le milieu, à loges unies seulement par leur partie moyenne. Chatons femelles oblongs ou ovoïdes , à écailles plurilobées , biflores, très accrescentes , enfin ligneuses , persistantes. Samare à bords opaques, rarement un akène.
À. GLUTINEUX. À. glutinosa Gœrtn. Betula Alnus L. — Arbre assez éleyé, à écorce gercée, brune, à branches peu ouvertes , à rameaux glabres. Feuilles pétiolées obovales ou presque orbiculaires , fortement crénelées et à crénelures dentées, quelquefois légèrement échancrées au sommet, glabres et d'un vert sombre en dessus, pubescentes en dessous à l'angle des nervures ; les jeunes glutineuses. Chatons disposés en grappes. Ecailles des chatons femelles agglutinées avant la maturité. Fruits presque orbiculaires , non ailés. — Février, mars. Bord des caux, marécages. C.
HAE — Fam. LXXV°.— MYRICÉES. A. Rich. …
Fleurs ordinairement dioïques , quelquefois monoïques, disposées en chatons et placées chacune à l'aisselle d'une écaille large et entière. Chatons mâles oblongs ou cylindracés , à fleurs constituées par 2-6 étamines, le plus souvent par 4. Chatons femelles ovoïdes : calice réduit à quelques petites écailles ; ovaire sessile, uniloculaire, à style très court, à 2 stigmates allongés , subulés. Fruit sec ou comme drupacé par l'accroissement des squamules, indéhiscent et monosperme. Graine dressée ; périsperme nul ; embryon droit , à cotylédons charnus, convexes d’un côté. — Arbrisseaux à suc résineux-aromatique, à feuilles alternes , simples , entières ou seulement dentées , à stipules souvent nulles , à chatons précoces.
MYRICA. MYRICA L.
Fleurs dioïques. Ecailles des chatons largement ovales, plus ou moins pointues, persistantes. Etamines 4 ou 6, à filets courts, rapprochés ou même soudés. Ovaire un peu infère. Fruit comme drupacé, obovoïde ou presque globuleux.
M. Gazé. M. gale L. = Arbrisseau petit ou médiocre, très aromatique, à rameaux nombreux, glabres et d’un brun rougeâtre. Feuilles oblongues , rétrécies en pétiole, généralement dentées au sommet, fermes, parsemées de points jaunâtres et d’abord pubescentes, surtout en-dessous. Chatons courts ; écailles brunes , à bords scarieux et blanchâtres. Fruits obovoïdes, chargés de points résineux, brillants. — Avril, mai. Bord des eaux , marécages , bois humides. AR. Bords de la Claye et de l'Ars (M. Aubry), forêt d'Elven (N.), Noyal-Pontivy, Grand-Champ (M. Taslé).
Obs. Au nombre des familles formées avec les Amentacées de Jussiéu, se trouve la famille des Platanécs caractérisée par des fleurs monoïques, nues, entremélées d'écailles et disposées en chatons unisexuels très compactes , globuleux ; par des anthères à loges allongées, à connectif épais ct comme en disque au sommet ; par des ovaires uniloculaires, à style peu distinct, à stigmate simple, long, crochu; par des akènes oblongs-acuminés , très poilus inférieurement ét contenant une graine suspendue, à périsperme mince et quelquefvis peu visible, à cotylédons plats. — Un seul genre, le genre Platane, Platanus L. — Les espèces connues sont de grands arbres, à écorce grisâtre , dont J'épiderme se détache par plaques. Les feuilles sont alternes, palmatilobées , à pétiole dilaté el creusé inférieurement pour recevoir le bourgeon. Les chatons paraissent avec les feuilles ; ils sont espacés sur des pédoncules longs et pendants. — Les plan- {ations de Platanes sont assez rares dans le Morbihan. Le Platane d'Orient, Platanus orientalis L. , offre des feuilles longuement péliolées, à 3-5 lobes profonds, lancéolés , fortement dentés, ou même lobés. Les feuilles du Platane d'Occident, Platanus occidentalis L., sont cunéiformes inférieurement et à cinq lobes courts.
Fam. LXXVI°. — CUPRESSINÉES.
.(TAXINÉES ET CUPRESSINÉES L. C. Rich.)
Fleurs monoïques ou dioïques , disposées en chatons , ou seulement rapprochées , ou même solitaires, le plus souvent privées de calice. Etamines ordinairement réduites aux anthères, rarement parfaites. Ovaire supère , uniloculaire , à stigmate simple et peu distinct. Fruit sec, osseux ou coriace, indéhiscent,
monosperme, ayant quelquefois, par l'accroissement de certains organes, l'apparence d’une baie. Graine à périsperme charnu ; embryon droit à cotylédons opposés , rarement à cotylédons verticillés. — Les chatons fructifères reçoivent le nom de Galbules ; ils se composent d’un petit nombre d’écailles. Quelques botanistes appellent même Galbules les fausses-baics, en les regardant, sans doute, comme produites par un chaton seulement fertile au sommet.
Arbres ou arbrisseaux à suc le plus souvent résineux, à feuilles coriaces et persistantes, rarement sans feuilles,
EPHÉDRA, EPHEDRA Tourn.
Fleurs dioïques. Les mâles en châtons; ceux-ci courts , à écailles opposées en croix et cohérentes par leur base. Une fleur à l’aisselle de chaque écaille ; calice tubuleux comprimé, à deux lobes obtus; étamines 6-8, à filets soudés en colonne, à anthères uniloculaires. Fleurs femelles géminées dans un involucre formé d’écailles imbriquées ; accrescentes et devenant charnues ; calice peu distinct ou nul ; ovaire pourvu d'un style filiforme. Fruits géminés, coriaces, enveloppés par les écailles accrues et pouvant être pris pour les graines d’une baie. Cotylédons opposés, épais, obtus, — Arbrisseaux non résineux, à rameaux grêles, arliculés, avec une petite gaine écailleuse à chaque articulation. Point de feuilles.
E. pougre-Épr. — E. distachya L. Vulgt Raisin de mer. — Pelit arbrisseau à tige faiblement tortueuse; grisätre , à rameaux nombreux , opposés ou verticillés, finement striés, glabres et d’un vert-clair ; les rameaux floraux courts et passant pour des pédoncules. Gaines très petites , membraneuses et à 2 dents.
Chatons terminaux ; les mâles géminés ou ternés, Les femelles solitaires; écailles presque orbiculaires , concaves. Fausse-baie rouge; fruits oblongs-pointus, plats d’un côté, convexes de l’autre. —Juin. Dunes. AC,
IF, TAXUS L.
Fleurs dioïques. Les mâles disposées en chatons ; ceux-ci ovoïdes ou globuleux, à écailles peltées et lobées ; étamines 3-8, sessiles , uniloculaires , placées en dessous des écailles, à leur base. Fleurs femelles solitaires, accompagnées de quelques écailles et pourvues d'un involucre d’abord peu distinct, très accrescent ; ovaire sans style. Fruit ovoïde ou oblong , plus ou moins couvert par l'involucre accru et devenu une cupule succulente. Cotylédons opposés, très courts. — Arbres résineux, mais à suc peu abondant ; feuilles généralement très étroites. |
I. À BAIES. 7, baccata L,.— Arbre ordinairement médiocre, quelquefois élevé, très branchu, à rameaux souples, à bois très dur, rougeûtre, à épiderme de l'écorce se détachant par plaques, Feuilles très courlement pétiolées, linéaires-aiguës, rapprochées, presque distiques , d’un vert sombre. Chatons axillaires, petits. Cupule d’un beau rouge, à suc mucilagineux, doux, assez agréable. Fruit oblong, gris, à sommet apparent.— L'If est depuis longtemps introduit dans nos jardins; il a été aussi planté dans les cimetières. On le trouve naturalisé dans quelques bois frais voisins des habitations et sur quelques talus à l'extrémité nord-est da département.